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Christian Streiff imprime son style à PSA Peugeot-Citroën
Dans un entretien publié dans le journal Le Figaro ce matin, Christian Streiff évoque les difficultés du groupe PSA Peugeot-Citroen mais aussi les mesures à prendre pour rétablir la santé du constructeur automobile, dans le cadre de son plan d'actions baptisé « Cap 2010 ».« Au cours des dix dernières années, explique le dirigeant dans les colonnes du journal, le groupe a acquis une vraie dimension industrielle mondiale, qui s’est traduite par le passage de 2,1 millions à 3,5 millions de véhicules. Cela s’est fait en développant une politique de plates-formes communes tout à fait pertinente. Les coopérations industrielles nouées avec nos partenaires ont également participé à la croissance du groupe, tout en nous apportant une véritable ouverture d’esprit vers ce qui se fait ailleurs. »
Il n’omet pas pour autant de pointer les faiblesses de son groupe. Des difficultés qui tiennent aussi bien à l’image des véhicules qu’à la trop grande pression des coûts de production.
« La qualité est l’une des raisons qui expliquent les difficultés ponctuelles de PSA. L’image de nos voitures s’est dégradée pour une multitude de petites raisons. Des plans d’amélioration ont été mis en place et commencent à produire leurs effets, mais nous devons accélérer pour revenir très vite parmi les meilleurs dans le monde sur ce plan », précise Christian Streiff.
Une refonte du mode de conception des véhicules …
« Il est impératif de réduire sensiblement le délai de conception d’un modèle, actuellement d’environ quatre ans, et les coûts de développement. Nous mettons en place des méthodes qui permettent de développer des voitures plus vite et moins cher. Ensuite, d’ici à 2010, nous sortirons des véhicules supplémentaires pour l’Europe et d'autres pour les marchés plus lointains. La diversité va s’accroître, mais en utilisant de plus en plus des bases communes », précise le nouvel homme fort du groupe, arrivé à la tête de PSA au début de l’année.
La gamme de véhicules devrait être revue et augmentée : « il va falloir réfléchir à notre présence sur le marché des low-costs. De même, les tout-terrain seront également importants », ajoute Christian Streiff.
Le constructeur automobile devrait donc porter plus d’efforts sur la conception de ces véhicules, des efforts qui se traduiront également en termes financiers.
Concernant ce point et ce quelques semaines après l’annonce de résultats 2006 décevants, Christian Streiff annonce une « véritable rupture ». « Nous allons d’abord faire un effort particulier sur les achats, qui constituent le premier levier pour réduire les coûts. (…) Notre objectif n’est pas une variation de baisse de prix de quelques pour cent, nous voulons changer d’ordre de grandeur. »
Cette restructuration financière passera donc par une refonte des relations commerciales entre le constructeur français et ses fournisseurs. Mais également sur les sommes mises en jeu dans la conception des véhicules, un point peut-être paradoxal avec le précédent qui portait sur la recherche d’une meilleure qualité du produit. Pourtant, pour Christian Streiff, « dans une période où les gammes s’enrichissent énormément, l’agressivité de la concurrence interdit d’arriver avec un modèle 5 % plus cher que le précédent. Cela oblige à repenser les bases de coûts de nos véhicules. »
… et des baisses d’emploi en prévision
Cette recherche de l’amélioration de la compétitivité devrait également passer par des coupes au niveau social. Sans pour autant dévoiler sa position, le dirigeant de PSA Peugeot-Citroën a rappelé que le groupe devait « mettre fin à l’envolée des frais fixes » après « une merveilleuse période d’embauches ». « Nous devrons vraisemblablement nous résoudre à une baisse des effectifs. »
Cela corrobore les craintes des syndicats dont la presse s’était faite le relais début mars. La CGT parle de 400 suppressions d’emploi à l’usine PSA Peugoet-Citroën de Mulhouse, évoque une dépêche de l’agence Reuters. Ces suppressions de postes auraient lieu parmi les cols blancs, d’après le communiqué de l’organisation syndicale. Le plan de réduction de postes devrait être conclu en mai, selon la CGT. La direction n’aurait ni infirmé, ni démenti l’information. L’usine alsacienne de PSA emploie 10.800 salariés.
Le groupe PSA emploie en tout 210 000 personnes, dont près de 130 000 en France.
Quid de Faurecia ?
Ces efforts financiers, compris dans le plan « Cap 2010 » devraient donc permettre au constructeur automobile de recouvrir la santé après une piètre année 2006 lors de laquelle le bénéfice net a chuté de plus de 80 % à 176 millions d'euros contre 1,029 milliard en 2005. Le chiffre d’affaires de la division automobile a reculé de 1,1 % par rapport à 2005 à 44,566 milliards d’euros. La marge opérationnelle est tombée à 2,4 % au premier semestre 2006 en raison de la hausse des prix des matières premières et de la faiblesse des marchés en Europe de l’Ouest (érosion des ventes et concurrence exacerbée dans un marché européen en stagnation).
D’aucuns songent à l’avenir de Faurecia, la filiale équipementier du groupe. Interrogé à ce sujet par Le Figaro, Christian Streiff a précisé que « Faurecia est une belle entreprise, qui est parvenue à élargir sa clientèle, qui est de plus en plus internationale. Mais sa valeur actuelle ne reflète pas le travail qui a été fait. Il faut aller jusqu'au bout des efforts avant de se poser des questions sur l'avenir de Faurecia. »
Enfin, le dirigeant souhaite une pause dans la croissance externe du groupe : « je ne suis pas a priori contre les acquisitions, mais il faut être méfiant car les fusions sont souvent des échecs », précise-t-il. Ajoutant « nous n’avons pas les moyens d’un Toyota qui peut se permettre d’avancer un peu partout en même temps. »
Francebourse.com – Alexandra Voinchet

