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Article du 21/01/2008

Otages en Colombie : Alvaro Uribe à la recherche de soutiens européens

Le président colombien Alvaro Uribe a entamé dimanche à Paris une tournée européenne pour demander le soutien de l'UE dans le dossier des otages détenus par la guérilla des Farc, dont fait partie la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.
Alvaro Uribe qui doit se rendre aussi en Espagne, en Suisse et en Belgique, sera reçu lundi par son homologue français Nicolas Sarkozy qui a fait de la libération d’Ingrid Betancourt une priorité diplomatique et qui est opposé, comme la famille de l'otage, à toute solution militaire.
Le président colombien que son homologue vénézuélien Hugo Chavez, devenu incontournable dans le dossier des otages, accuse d'être « obsédé » par une victoire militaire sur la guérilla, a affirmé que son gouvernement avait fait des « efforts énormes » pour parvenir à un règlement négocié de la crise des otages.
Partisan de la manière forte vis-à-vis des Farc, il a souligné devant la presse qu'il avait déjà « changé » de position alors qu'il avait été élu « avec le mandat qu'il n'y aurait pas d'échange humanitaire sauf en cas de début de processus de paix avec les Farc ».
« Nous avons désigné des médiateurs nationaux et internationaux, nous avons libéré 152 membres des Farc en réponse à une demande du président Sarkozy, dont Rodrigo Granda », relâché en juin et considéré comme le « ministre des Affaires étrangères des Farc », a-t-il fait valoir.
Alvaro Uribe a rencontré dimanche à l'ambassade de son pays à Paris le fils d'Ingrid Betancourt et son père, Lorenzo et Fabrice Delloye, ainsi qu'Hervé Marro, porte-parole du Comité de soutien à Ingrid Betancourt (CSIB).
Les proches d’Ingrid Betancourt soutiennent l'idée d'un « compromis » en vue d'un échange de 43 otages dits « politiques » des Farc contre 500 guérilleros incarcérés.
Pour une telle opération humanitaire, les rebelles réclament une zone temporairement démilitarisée autour de Pradera et Florida, deux localités du sud-ouest de la Colombie, ce qu’Alvaro Uribe a refusé jusqu'ici.
Après sa rencontre avec les proches d’Ingrid Betancourt, le président colombien a réitéré sa proposition de créer une zone d'échange d'environ 150 km2 « dans une zone rurale, dépeuplée où il n'y a pas de caserne de l'armée ni de la police », pour l'heure refusée par la guérilla.
« Je leur ai dit qu'en ce moment je demande au monde de soutenir la tâche de l'Eglise catholique qui a proposé une zone de rencontre » pour un échange d'otages contre des guérilléros, a-t-il ajouté.
« C'est un acte fort d'avoir été reçus par Alvaro Uribe », a estimé pour sa part Hervé Marro. « Nous lui avons dit qu'il était impératif d'ouvrir les négociations rapidement », a-t-il ajouté, soulignant que la famille d'Ingrid Betancourt et le CSIB étaient « en dialogue avec l'Eglise ».
Alvaro Uribe a indiqué avoir aussi demandé leur soutien à la France, l'Espagne et la Suisse, trois pays chargés dans le passé de contacts avec la guérilla sur le dossier des otages et dont il avait rétabli samedi la mission de médiation.
La tournée européenne du président colombien intervient à un moment où les relations entre la Colombie et le Venezuela se sont tendues après la décision du président vénézuélien Hugo Chavez de reconnaître le statut de belligérants aux Farc, guérilla classée terroriste par l'Union européenne et les Etats-Unis.
Alvaro Uribe a toutefois remercié Hugo Chavez pour son rôle dans la libération récente par les Farc de Clara Rojas, ex-assistante d'Ingrid Betancourt avec laquelle elle avait été enlevée le 23 février 2002, et de l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez.
L'autre guérilla colombienne, l'ELN (Armée de libération nationale, guévariste), a de son côté libéré dimanche soir neuf otages qui ont été remis à la Croix Rouge internationale (CICR), ont annoncé les autorités du département du Narino (sud de la Colombie).
Les Farc ont par ailleurs fait savoir dimanche ne pas accepter que le Comité international de la croix Rouge (CICR) visite les otages qu'elles détiennent, comme l'avait demandé la semaine dernière le président Uribe.


 
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