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Etats-Unis: une croissance en perte de vitesse
La croissance américaine a brutalement décéléré au quatrième trimestre, à 0,6% seulement, souffrant de l'essoufflement des ménages et de la crise de l'immobilier, ce qui renforce le scénario d'une baisse du taux directeur de la banque centrale (Fed) mercredi.C'est une déception pour les analystes qui tablaient sur une hausse de 1,2% du Produit intérieur brut (PIB), en rythme annuel, après 4,9% au trimestre précédent. La croissance est ainsi revenue à son niveau du premier trimestre, qui était le plus faible depuis la fin 2002.
« L'idée générale est que l'économie a perdu de la vitesse en fin d'année, et qu'elle va continuer de ralentir du fait de la décélération des dépenses des consommateurs et des entreprises », a estimé Sal Guatieri de BMO Capital Markets.
Au total, l'année 2007 se termine elle aussi par un net ralentissement, avec une croissance ne dépassant pas 2,2%, contre 2,9% en 2006 -- ce qui est le rythme le plus faible en cinq ans.
Le décrochage du quatrième trimestre s'explique par une décélération de la consommation des ménages (+2%) et par une nouvelle chute de l'immobilier, qui a retiré plus d'un point à la croissance. L'investissement résidentiel a en effet reculé de 23,9%, ce qui est la baisse la plus forte depuis 1981.
Mais la décélération s'explique aussi par des déstockages massifs du côté des entreprises, notamment dans le secteur automobile, qui ont retiré l'équivalent de 1,25 point à la croissance. Ce qui n'est pas forcément une mauvaise nouvelle.
« Les entreprises sont en train de réduire leurs stocks dans l'anticipation d'un ralentissement. C'est un plus pour l'économie, car cela signifie que les stocks ne freineront pas la croissance à l'avenir », affirme Sal Guatieri.
Ces chiffres ne devraient toutefois pas dissuader la Fed d'abaisser une nouvelle fois ses taux mercredi après-midi.
La banque centrale américaine achève une réunion de deux jours et les marchés la poussent à abaisser son taux directeur d'un demi-point, après son geste spectaculaire de trois-quarts de point la semaine dernière.
La banque centrale redoute en effet que l'économie américaine ne se dirige tout droit vers une récession, dans le sillage du retournement de l'immobilier et de la crise financière liée au subprime, et elle compte utiliser tous les moyens à sa disposition pour contrer ce scénario.
Le Fonds monétaire international, qui a fortement révisé à la baisse ses prévision de croissance mardi, l'a confortée dans cette voie en assurant que la Fed devait rester en première ligne contre l'affaiblissement de l'économie, et que tout plan de relance aux Etats-Unis - comme celui débattu au Sénat - ne pouvait venir qu'en complément.
Certains économistes avertissent toutefois que la Fed pourrait préférer une baisse d'un quart de point ce mercredi, qui ramènerait son taux directeur à 3,25%.
« Si la Fed répond aux attents des marchés, ce sera peut-être moins que prévu », prédit l'économiste indépendant Joel Naroff.
A l'appui de sa thèse, il cite les bons chiffres de l'emploi révélés mercredi par l'enquête du cabinet privé ADP, qui a fait ressortir 130.000 embauches dans le secteur privé en janvier. Ce rapport n'a rien à voir avec les chiffres officiels du chômage, qui seront publiés vendredi, mais ils laissent espérer que le marché du travail résiste mieux que prévu.
Difficulté supplémentaire pour la Fed, elle devra en effet rendre sa décision sans avoir en main deux rapports-clé pour l'économie américaine, sur le chômage et sur l'activité industrielle.
Mais qu'elle choisisse un quart ou un demi-point ce mercredi, les analystes prévoient que la banque centrale devra ensuite aller beaucoup plus loin.
« Nous voyons la Fed descendre jusqu'à 2% d'ici l'été », assure Sal Guatieri.
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