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Article du 15/02/2008

Lalique : Le repreneur suisse vise la rentabilité sans licenciements


La société suisse Art et Fragrance a annoncé hier le rachat de la cristallerie de luxe Lalique au groupe Pochet pour 44 millions d’euros, avec pour objectif un retour rapide aux bénéfices grâce à des investissements, sans suppressions d’emplois.
Pour Art et Fragrance, basé près de Zürich, le rachat de Lalique est « une étape de croissance décisive », qui va lui permettre d’élargir ses activités et multiplier par quatre ses ventes annuelles, à 140 millions de francs suisses (87 millions d’euros).
La cristallerie vosgienne créée en 1921 est restée « légèrement déficitaire » en 2007. Mais Art et Fragrance veut mettre en place un « plan de croissance » de « trois à cinq ans » pour lui permettre de revenir aux bénéfices dès 2009, a expliqué le groupe de luxe suisse, spécialisé dans les parfums et les cosmétiques.
A la clé : 12 millions d’euros d'investissements d’ici à 2012 et des mesures de « renforcement de la marque, d’augmentation des capacités de production et d’amélioration de l’efficacité de la distribution ».
Sur l’unique site de production de Lalique, à Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin), qui emploie 260 salariés sur les 425 présents en France, Silvio Denz, le président d’Art et Fragrance, également nouveau PDG de Lalique, veut investir dans les « 18 à 24 mois » dans un nouveau « four à bassin » qui permettra de faire croître la production globale de « 20 à 30 % supplémentaires par an ». En 2007, la production a progressé de 5 %, dont + 10 % pour le seul cristal.
Autre priorité : mener de front le développement des trois spécialités de Lalique (le cristal, les parfums et les bijoux) et le renforcement de sa présence sur les marchés clés de l’Asie.
Le tout sans licencier un seul des 600 salariés employés dans le monde, a assuré à l’AFP Silvio Denz.
Les syndicats ont accueilli l’annonce avec « soulagement » alors qu’un homme d’affaires indien, Ajay Khaitan, représentant le fonds d’investissement britannique Emerisque, menait selon eux des « négociations exclusives » avec Pochet en janvier. Les syndicats semblent de loin préférer la solution suisse à la solution britannique.
Le rachat de Lalique intervient alors que la cristallerie française, et plus généralement la verrerie, traverse depuis le milieu des années 2000 une période de turbulences. Déficitaire, le fleuron Baccarat, créé en 1720, est tombé dans l’escarcelle de Starwood Capital en 2005. Le fonds d’investissement américain a lancé en 2007 un ambitieux plan de relance prévoyant 25 millions d’euros d’investissements par an, sans suppressions de postes. A l’inverse, Arc International a prévu de supprimer d’ici à fin 2010 la moitié des 12 000 postes qu’il comptait encore au début des années 2000. Le leader mondial des arts de la table a encore annoncé mercredi la suppression de 560 postes et l’arrêt de la production de son célèbre cristal d’Arques.

Francebourse.com, avec AFP

 
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