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CAC 40 |
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0899 70 24 42
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Un pétrole à plus de 100 dollars
L’or noir porte plus que jamais très bien son nom. Pour la première fois depuis sa cotation à New York, le pétrole a dépassé hier soir en clôture le seuil symbolique des 100 dollars. Le contrat sur le « light sweet crude » négocié à New York brut a clôturé la séance à 100,01 dollars, soit un gain d’environ 5 dollars (+ 4,51 dollars exactement soit + 4,72 %) sur une seule séance.
Hier, le pétrole en a également profité pour établir un nouveau record en touchant 100,10 dollars le baril. Le précédent record du brut (100,09 dollars) avait été établi le 3 janvier. Depuis cette date, les cours avaient amorcé un fort mouvement de repli sous l’effet d'une conjonction de facteurs, dont une possible entrée en récession de l’économie américaine, première consommatrice d’énergie mondiale. Un coup de froid à la croissance économique américaine serait préjudiciable à la demande en hydrocarbures, soulignaient alors les analystes.
La frénésie d’hier a aussi été constatée à Londres où le prix du baril du pétrole Brent s’est hissé à un niveau jamais vu : 98,70 dollars (+3,79 dollars soit + 3,99 %). Il a ainsi dépassé le précédent record de 98,50 dollars établi le 3 janvier également.
Les raisons de cette flambée sont nombreuses. Sur le plan des marchés, « cette euphorie du marché pétrolier révèle le retour en force de fonds spéculatifs sur les marchés des matières premières », commente Mike Fitzpatrick, analyste chez MF Global. Après avoir empoché leurs bénéfices au lendemain de la première flambée historique des prix du pétrole début janvier, ces investisseurs ont ressurgi hier, alléchés par une combinaison de facteurs « inquiétants » pour l’offre mondiale de brut, explique Bart Melek, analyste chez BMO Capital.
En effet les facteurs géopolitiques ont bien joué hier. Tout d’abord, on notera l’explosion d’une raffinerie au Texas, qui traite 70.000 barils de brut par jour, qui a porté un deuxième coup à l’approvisionnement de brut. Les unités de raffinage ne redémarreront que quand la lumière sera faite sur les causes de cet incendie.
Il y a également la querelle entre le groupe pétrolier américain ExxonMobil et le Venezuela, désaccord sérieux qui va sans doute continuer d'entretenir la poussée des prix, estime Mike Fitzpatrick, les victoires judiciaires du premier contre le second ayant entraîné des menaces d’arrêt des livraisons vénézuéliennes aux Etats-Unis. Toujours dans ce dossier pour le moins épineux, un autre groupe pétrolier américain est pénalisé par la décision vénézuélienne : ConocoPhillips,a du reconnaître que la nationalisation de ses activités au Venezuela avait fortement entamé le taux de renouvellement de ses réserves prouvées de pétrole.
Un autre facteur haussier est venu du Nigeria, premier producteur d’or noir africain, où la zone de production du delta du Niger est l’objet de troubles récurrents. Hier, c’est une information donnant pour mort le dirigeant du Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (Mend), Henry Okah, extradé récemment d’Angola, qui a mis le feu aux poudres. L’information a ensuite été démentie par le gouvernement nigérian. Quand bien même, les violences, enlèvements d’expatriés et sabotages nombreux des structures pétrolières dans le delta a provoqué une baisse d’un quart de la production nationale.
Enfin, à cette recrudescence des craintes sur une diminution de l’offre des pays producteurs, sont venus s’ajouter des interrogations quant au comportement à venir de l’OPEP. Représentant 40 % de la production mondiale de brut, le cartel des pays exportateurs de pétrole devrait réduire sa production lors de sa prochaine réunion, le 5 mars, pour empêcher une chute trop marquée des prix après la fin de l’hiver.
Last but not least, la faiblesse du dollar, monnaie dans laquelle sont libellés les prix du brut, par rapport aux principales devises, a rendu le pétrole moins cher aux investisseurs, qui fuient la volatilité en cours sur les places boursières.
Francebourse.com – Alexandra Voinchet, avec AFP
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