Comme attendu, c’est désormais le petit frère qui est à la tête de Cuba. Raul Castro a été élu sans surprise à 76 ans par la nouvelle Assemblée pour un mandat de cinq ans. Une transition familiale après un demi-siècle de monolithisme dans l’île communiste. Car Raul, au pouvoir par intérim du fait des ennuis de santé de Fidel depuis juillet 2006, ne compte pas couper les ponts avec le désormais ex- « lider maximo ». Il a immédiatement « sollicité » des membres de l’Assemblée l’autorisation de « consulter » son frère « sur les décisions d’importance spéciale pour l’avenir de la nation, surtout celles liées à la défense, la politique étrangère et le développement économique du pays ». Sa proposition a été approuvée à l’unanimité sous les applaudissements. « J’assume la responsabilité qui m’a été confiée avec la conviction que (...) le Commandant en chef de la révolution cubaine est unique, Fidel est Fidel (...) Fidel est irremplaçable », a déclaré le nouveau président dans le discours qui a suivi son élection.
Homme de la continuité, Raul Castro est un partisan des « petits pas » face à l’imposante liste des problèmes légués par la gestion de son frère, sources d’impatience croissante dans la population. Impliqué dans la vie politique du pays depuis la victoire révolutionnaire de 1959, en tant que général et ministre de la Défense, Raul Castro a annoncé la prochaine levée de certaines « interdictions » pesant sur l’économie, sans préciser lesquelles et une réévaluation « prudente » du peso.
L’Occident, Washington en tête, attend de lui un « processus de changement démocratique pacifique », en commençant par la libération des quelque 240 prisonniers politiques. Pragmatique, réputé excellent organisateur, Raul Castro s’est déjà promis d’oeuvrer à des « changements structurels » mais « dans le socialisme » pour « fortifier » une économie étouffée par une pesante bureaucratie et un dur embargo américain.