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Audiotel
0899 70 24 42
Ouverture du 21 nov 2008
Tarif : 1€35/appel puis 0€34/min
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Automobile : Porsche bâtit un empire grâce à une stratégie hors des sentiers battus
La création en cours, sous l’égide de Porsche, d’un nouveau géant mondial de l’automobile aux racines allemandes consacre une stratégie hors des sentiers battus menée depuis de longues années par le très influent Ferdinand Piëch.
En 1999, l’homme fort de Volkswagen et de Porsche avait prédit que, vingt ans plus tard, il ne resterait que quatre à six constructeurs dans le monde dont Volkswagen qui serait numéro trois. « J’aimerais avoir Scania dans notre groupe », avait-il aussi lancé.
Depuis lundi, ses rêves sont tout près de se réaliser. Le numéro un européen VW a annoncé prendre le contrôle du fleuron suédois, spécialiste des poids lourds, et Porsche s’est lancé la conquête des 20 % qui lui manquent pour détenir la majorité du capital de Volkswagen.
Le nouveau mastodonte allemand, conçu pour concurrencer les géants mondiaux dont le japonais Toyota, pèserait environ 140 milliards d’euros de chiffre d’affaires - avec une gamme allant de la petite Golf de Volkswagen au bolide 911 de Porsche en passant par les camions de Scania et MAN.
Une consécration pour « Ferdinand Deux, souverain de toutes les voitures », selon le titre de une du quotidien Handelsblatt. A 70 ans, il est le patron automobile le plus puissant d’Europe : il dirige le conseil de surveillance de Volkswagen et celui de MAN et il est membre de l’organe de contrôle de Porsche, dont il détient une part tenue secrète du capital. Il est aussi le petit-fils de Ferdinand Porsche, l’homme qui a conçu pour le régime nazi la célèbre coccinelle de Volkswagen et créé le groupe éponyme.
Les deux entreprises seraient finalement réunies plus de cinquante après, au terme d’une saga très allemande, marquée par l’histoire, avec des dynasties familiales puissantes et une incontestable réussite industrielle.
« C’est une histoire à intrigues », estime Ferdinand Dudenhöffer, chercheur proche des milieux patronaux. Il s’agit d’un « projet industriel (...) porté par une famille, pour qui la tradition reste très importante, et avec au milieu, selon lui, son 'enfant terrible' Ferdinand Piëch ».
« Mais c’est précisément au moment où son rêve devient réalité qu’il a perdu son pouvoir », notamment au profit du patron de Porsche Wendelin Wiedeking, assure-t-il. Ferdinand Piëch a d’ailleurs annoncé hier qu’il quittait la présidence collégiale du conseil de surveillance de Porsche au profit de son frère Hans Michel. « Il a seulement dit : vous comprendrez pourquoi dans quelques semaines », rapporte une source du secteur. Plusieurs experts lui prêtent des conflits ouverts avec celui qu’il a institué, Wendelin Wiedeking, patron le mieux payé d’Allemagne et accusé par l’influent syndicat de la métallurgie IG Metall d’agir à la façon d’un fonds d’investissement en utilisant VW uniquement pour empocher des profits juteux.
Wendelin Wiedeking n’a de cesse de répéter que son projet est industriel : un groupe allemand, capable de répondre à la concurrence mondiale exacerbée. « Le signal envoyé par Porsche renforce clairement Volkswagen », estime aussi Stefan Reindl, chercheur spécialisé.
Dans le même temps, Porsche a utilisé des produits financiers complexes pour remplir ses caisses et financer le rachat d’un groupe quinze fois plus gros que lui. Ainsi, si la valeur actuelle des 20 % de VW manquants à Porsche est d’environ 10 milliards d’euros, le groupe de Stuttgart (sud-ouest) n’aura pas à emprunter un centime auprès des banques. Il y a deux semaines, il a utilisé une ligne de crédit pour la même somme, à des conditions avantageuses. « Et puis le prix final dépend de ce que nous paierons directement et des options sur les actions VW que nous détenons », a expliqué un porte-parole du groupe. Renouvelées automatiquement, elles ont déjà rapporté plusieurs milliards d’euros à Porsche.
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