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Article du 18/03/2008

Japon : Grave crise de succession à la tête de la Banque du Japon


La crise de succession à la Banque du Japon a pris un tour encore plus chaotique avec le rejet foudroyant par l’opposition du nouveau candidat proposé par le gouvernement pour le poste de gouverneur, Koji Tanami, le tout à la veille du départ du gouverneur sortant.
Le gouvernement conservateur a créé la surprise mardi en proposant Koji Tanami, 68 ans, un ancien vice-ministre des Finances qui dirige depuis octobre 2007 la Banque japonaise de coopération internationale (JBIC), un organisme public qui prête de l’argent aux pays en développement. Celui-ci ne figurait pas parmi les favoris évoqués par les médias. Selon la loi, sa nomination doit être approuvée par les deux chambres du parlement.
La semaine dernière, le Sénat, contrôlé par l’opposition, avait bloqué l’investiture d’un premier candidat, Toshiro Muto, accusé de manquer d’indépendance à cause de son passé de vice-ministre des Finances. Le Parti démocrate du Japon (PDJ), principale force de l’opposition de centre-gauche, a expliqué que les mêmes griefs s’appliquaient à Koji Tanami.
Le Parti libéral-démocrate (PLD), la formation de droite au pouvoir, a critiqué le refus fulgurant de Koji Tanami par le PDJ. La crise de succession à la BoJ survient alors que l’opposition tente par tous moyens de paralyser l’action d’un gouvernement impopulaire et affaibli, dans l’espoir de provoquer des élections législatives anticipées.
Les analystes s'interrogeaient pour leur part sur le bien-fondé du choix gouvernemental. « M. Tanami est l’archétype du bureaucrate du ministère des Finances. Le fait qu’un ex poids-lourd du ministère devienne le patron d’une institution financière gouvernementale puis gouverneur de la BoJ rappelle la vieille époque où la BoJ n'était pas légalement indépendante », a commenté Kenichi Kawasaki, économiste chez Lehman Brothers.
Le gouverneur sortant, Toshihiko Fukui, achève demain son mandat de cinq ans. Si le Sénat rejette à nouveau l’investiture du candidat gouvernemental, la Banque du Japon se retrouvera sans gouverneur dès jeudi, une situation sans précédent qui tombe en pleine crise financière mondiale.

Francebourse.com, avec AFP

 
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