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Easydentic : Un développement à marche forcée, explique Patrick Fornas

Article du 27/03/2008

Mnemo : MLESY


La direction d’Easydentic présentait mardi, dans les salons cossus de l’hôtel George V à Paris, ses résultats 2007. L’occasion pour la société de faire le point sur un exercice clé pour sa structuration mais aussi sur sa philosophie entrepreuneuriale. L’occasion pour nous de rencontrer d’un peu plus près Patrick Fornas, à la tête du groupe.
Son résumé de l’année écoulée : « 2007 a été une année stratégique, qui a profondément changé le business model d’Easydentic et la façon de percevoir l’avenir ». Il faut dire que 2007 a été marqué par l’extension du périmètre du groupe avec l’acquisition d’Eden et d’Uniways et une croissance organique portée sur le développement de nouvelles implantations internationales.
« Easydentic est en ordre de marche », souligne Patrick Fornas. Forte de quatre ans d’ancienneté, la société disposait fin 2007 de12 filiales et de 70 plateaux commerciaux développés selon un modèle « fait maison » : il s’agit d’installer dans un pays une marque - bien souvent Easydentic - puis de dupliquer cette réussite sur une autre marque. Par là même, bénéficiant d’économies d’échelles substantielles, le groupe introduit un « bon ennemi » sur le marché et créé une concurrence vertueuse, à même de doper ses activités. « Un positionnement extrême unique », reconnaît le PDG, « mais à fort potentiel » - laissant au groupe une forte capacité de « pricing power » et des marges intéressantes - dans un marché où la concurrence est quasi-inexistante.

« Surperformer le marché pendant encore de nombreuses années »

En 2007, Easydentic a enregistré un chiffre d’affaires de 74,6 millions d’euros en hausse de 88 %, au-delà de ses prévisions. Pour un EBITDA de 11,4 millions d’euros (+ 90 %) et un résultat net part du groupe de 5 millions (hors participation aux salariés, de 630 000 euros), soit une hausse de 79 %.
Son objectif est clair : « surperformer le marché pendant encore de nombreuses années ». Il faut dire qu’Easydentic a encore de quoi faire : dans sa niche que sont les PME/PMI, le marché potentiel français est de 2 millions d’acteurs, de 10 millions à l’échelle européenne.
Le spécialiste de la reconnaissance des empreintes digitales et de la morphologie de la main a désormais de forts atouts en main justement.
Après l’intégration réussie d’Eden, le groupe produira lui-même ses lecteurs biométriques. Grâce à Eden et à son savoir-faire, il a aussi séduit le géant Hitachi, propriétaire d’une technologie unique : le lecteur biovein qui analyse le réseau vasculaire du doigt. Easydentic lancera ce produit courant 2008 et espère retirer tous les fruits de sa non-dépendance technologique et de sa force commerciale appliquée à la diffusion du lecteur biovein dès 2009.
Grâce à Uniways, acquis en juin 2007, Easydentic renforce son « expertise dans les technologies appliquées à la vidéo-surveillance », la visio-mobilité constituant sa deuxième branche d’activité. Cette technologie de caméra sur IP (protocole Internet) permet la télésurveillance d’un site à distance, les images pouvant être transmises sur des téléphones.
Autre atout du groupe : un modèle de commercialisation qui repose sur une offre originale, sous forme de contrats de location de 48 mois cédés à une société de financement, Parfip Lease, qui supporte le risque client. Ces contrats d’abonnement comprennent la fourniture du matériel, son installation et sa maintenance.
Mais ces avantages technologiques concurrentiels ne font pas tout, insiste Patrick Fornas qui a longuement détaillé sa politique commerciale qualifiée d’ « offensive » et de « motivante ». « Offensive » parce que le recrutement et le travail des commerciaux s’appuient sur une philosophie proche du sport qui veut à la fois « construire une équipe » mais aussi « livrer bataille ».
« Motivante » parce que, dans cette bataille pour gagner de nouveaux marchés, la politique de ressources humaines comprend « une rémunération avec une forte composante variable », parce que la mise en concurrence doit obliger les équipes à se dépasser, parce que les responsables pays doivent faire figure de véritables exemples et enfin, parce que le staff commercial se veut un vivier de jeunes talents amenés à être « le management de demain ».

« Etre bon demain et après-demain ».

En 2008, en France, marché historique et donc « le plus mature » du groupe, Easydentic compte bien poursuivre son maillage territorial à travers ses deux marques, Easydentic et OyTech.
A noter que les premiers renouvellements de contrat devraient intervenir dès cette année. Il s’agira pour le groupe non seulement de conserver ce parc mais d’y créer de la valeur en proposant aux clients existants des solutions sécuritaires à un tarif plus élevé. L’idée : transformer le portefeuille en une source de cash-flow.
2008 sera également une année forte pour l’implantation européenne du groupe toujours selon cette stratégie combative d’entrée puis de mise en concurrence des différentes marques du groupe. La priorité de ce développement à marche forcée étant déjà de « remplir les pays où les équipes sont présentes ».
Parmi ces « pays à potentiel », Patrick Fornas cite le Royaume-Uni où la filiale a été réorganisée et a affiché « une fin d’année 2007 positive ». L’Espagne où « est attendue pour 2008 une des meilleures croissance de toutes les filiales ». La filiale Oytech Gmbh en Allemagne devrait bénéficier à plein de l’ « effet groupe » avec l’arrivée d’Innovatis, toujours selon la même stratégie de prise de marché. Enfin, en République Tchèque, malgré l’absence dans ce pays de l’accord avec son leaser Parfip, il devrait s’agir d’une véritable porte d’entrée pour, à terme, « inonder le marché d’Europe centrale avec la technologie Eden ».
En revanche, pas question pour le moment d’aller aux Etats-Unis, souligne Patrick Fornas.
Outre cette croissance organique, Patrick Fornas n’exclut pas de s’intéresser à des opportunités de « croissance externe sur des sociétés qu’il connaîtrait bien, qui présenteraient des synergies et offriraient une rentabilité immédiate ».
Easydentic vise en 2008 « un équilibre entre le développement externe et organique au service d’une croissance rentable ».
Du coup, Easydentic a révisé ses objectifs 2008 à la hausse et vise désormais un chiffre d’affaires de 115 millions d’euros, pour un EBITDA de 20,3 millions et un résultat d’exploitation (EBIT) de 16 millions d’euros. Des prévisions qualifiées de « fiables » et même minorées selon le PDG qui attend des effets supplémentaires sur son compte de résultat de ses développements commerciaux.
« Objectif 2010 : réaliser deux fois ce qui sera fait en 2008 », s’avance Patrick Fornas qui entend « être bon demain et après-demain ».

Easydentic est inscrit au Marché Libre depuis le 22 décembre 2005. Un « basculement sur Alternext » est envisagé pour 2008.

Francebourse.com – Alexandra Voinchet
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