General Electric : Des résultats décevants et le pessimisme pour 2008
Article du 11/04/2008
Le conglomérat General Electric, baromètre de l’économie américaine, a publié des résultats décevants et revu à la baisse ses prévisions, imputant cette déconvenue au ralentissement aux Etats-Unis et à une conjoncture exceptionnelle sur les marchés financiers.
GE a enregistré au premier trimestre un bénéfice net en repli de 6 %, à 4,304 milliards de dollars, selon un communiqué diffusé par l’entreprise. Son bénéfice par action s’est affiché nettement en deçà des anticipations du marché, à 43 cents, alors que les analystes prévoyaient 51 cents. « Nous sommes déçus par ces résultats », a reconnu Jeff Immelt, le PDG de GE, qui a néanmoins qualifié ce trimestre « d’accident de parcours ».
Le groupe a abaissé sa prévision de bénéfice par action pour l’ensemble de l’exercice 2008, tablant désormais sur une fourchette comprise entre 2,20 et 2,30 dollars, contre 2,42 dollars « au moins » annoncés en janvier.
Le marché a très mal réagi à ces annonces, l’action GE abandonnant 11,02% dans les échanges électroniques préalables à l’ouverture de la Bourse de New York, faisant s’envoler 40 milliards de dollar de capitalisation.
Le PDG Jeff Immelt a indiqué que l’abaissement des prévisions intervient « à la lumière de ce que nous avons vu au premier trimestre » et « reflète une économie ralentie et implique que les marchés financiers demeureront difficiles ». « Le consommateur américain a réduit ses dépenses », a-t-il dit.
GE est présent dans toute une gamme d’activités, allant de la construction de locomotives et de moteurs d’avions, aux turbines électriques, au matériel médical et à l’électroménager, en allant jusqu’à la télévision et les services financiers. Le recul des bénéfices est essentiellement attribuable à l’activité de services financiers, dont les profits ont baissé de 21 %. « Nous savions que le premier trimestre serait difficile, mais les perturbations extraordinaires sur les marchés financiers en mars ont affecté la finalisation de cessions d'actifs et occasionné des dépréciations d’actifs plus importantes », a ajouté le dirigeant.
Le PDG a notamment insisté sur les deux dernières semaines du trimestre, qualifiées de « très difficiles après le début de la saga Bear Stearns », banque qui a frôlé la faillite avant d’être rachetée par sa consoeur JPMorgan. Le groupe a notamment indiqué avoir passé des dépréciations d’actifs à hauteur de 270 millions de dollars.
Jeff Immelt a néanmoins tenu à distinguer la situation de GE de celles des grands établissements financiers qui se sont vus contraints de passer des dépréciations d'actifs massives.
Si le groupe a payé, ce trimestre, sa diversification dans les services financiers, il a, en revanche, bénéficié de la dimension internationale de ses activités. GE a ainsi affiché une croissance de 22 % hors des Etats-Unis. « Nous ne comptons pas sur une amélioration générale » des conditions d’activité du groupe, a insisté Jeff Immelt, qui a néanmoins estimé que « le groupe va bien se comporter, même avec une économie américaine ralentie ». « Nous ne voyons pas de ralentissement hors des Etats-Unis », a-t-il indiqué.