Sports : Rafael Nadal remporte Roland-Garros pour la quatrième fois de suite
Article du 09/06/2008
Pour remettre sa quatrième Coupe des Mousquetaires à Rafael Nadal, Bjorn Borg était l’homme de la situation : c’est à la manière du Suédois que l’Espagnol a écrasé hier dans une des finales les plus expéditives de l’histoire de Roland-Garros (6-1, 6-3, 6-0), en 1 heure et 48 minutes.
Rafael Nadal a rejoint Bjorn Borg dans la légende à au moins deux titres. Il est le seul à l’avoir emporté quatre fois de suite depuis la série du Scandinave de 1978 à 1981. Il est aussi le premier à soulever le trophée sans avoir perdu un seul set depuis le parcours sans faute de l’ex-roi de la terre battue en 1980.
Bjorn Borg reste le détenteur du record de titres à Paris avec six victoires, mais au vu de la démonstration réussie par Rafael Nadal hier, ce n’est qu’une question de temps. Le Majorquin, toujours invaincu à Roland-Garros, n’a que 22 ans !
Rafael Nadal ne se rapproche pas de son aîné que par les chiffres. Depuis la retraite anticipée de Bjorn Borg en 1981, personne n’avait dominé le tennis sur terre battue de façon aussi écrasante. D’ailleurs, même l’ancien numéro un mondial n’avait jamais gagné une finale de Roland-Garros aussi facilement. Il s’en est fallu d’un jeu pour que le record de la finale la plus unilatérale ne soit battu. Le détenteur n’était pas Bjorn Borg mais l’Argentin Guillermo Vilas (3 jeux perdus en 1977), un autre champion effacé des tablettes par Rafael Nadal il y a deux ans lors de son extraordinaire série de 81 victoires sur l’ocre.
L’Espagnol, moins féru d’histoire du tennis que son grand rival suisse Roger Federer, n’a jamais fait son miel de la comparaison avec le Suédois, dont il est pourtant un héritier aussi dans le style. Si Bjorn Borg n’est pas l’inventeur du lift, c’est bien lui qui en a fait une arme mortelle sur terre battue et c’est Rafael Nadal qui l’a portée à un niveau d’efficacité jamais vu. « D’après ce qu’on m’a dit, c’était un joueur à part. Quand il entrait sur le court, il donnait l’impression de ne pas pouvoir être battu. Ce n’est pas mon cas », a dit Rafael Nadal pendant le tournoi. Et pourtant ! C’est bien la sensation qu'ont eu la quasi-totalité de ses adversaires depuis plus de trois ans. Le Marjorquin a gagné 115 de ses 117 derniers matches sur terre battue. Cette année, il n'en a perdu qu’un, à Rome, surtout à cause d’une ampoule au pied. Durant la quinzaine parisienne, il n’a cédé que 41 jeux, soit moins de deux par manches.
Plus incroyable, c’est Roger Federer, l’homme le plus près de mériter l’étiquette de meilleur joueur de l’histoire, qui a donné une impression de totale impuissance dans sa troisième finale d’affilée contre Rafael Nadal. Dès les premiers jeux, l’Espagnol a élevé un mur inébranlable devant le Suisse, qui s’y est fracassé avec une constance désespérante (35 fautes directes).
Son coup droit reste son arme maîtresse, avec son lift qui fait gicler la balle au-dessus de l’épaule, mais il a su aussi faire évoluer son jeu. Son revers devient chaque année un peu plus redoutable et, dixit Roger Federer, il a aussi fait d’énormes progrès en retour de service.
Malgré les rumeurs qui ont circulé au début de l’année sur sa santé et notamment celle de ses pieds, il n'a jamais paru aussi véloce et aussi endurant à la fois. Et comme son prédecesseur suédois, il ne fait pratiquement pas de fautes (7 dans tout le match).
Il reste une différence de taille entre Rafael Nadal et Bjorn Borg. Ce dernier gagnait aussi à Wimbledon (trois doublés de suite entre 1978 et 1980). L’Espagnol, lui, s’est pour le moment arrêté en finale ces deux dernières années.