Entreprises : Le BFR, un indicateur d'analyse financière clé
Article du 24/06/2008
BFR. Trois lettres pour évoquer une donnée majeure dans l’analyse financière de sociétés, le « besoin en fonds de roulement ».
En quelques mots, le besoin en fonds de roulement est la partie des besoins d’exploitation qui n’est pas assurée par les ressources d’exploitation. Il naît du décalage entre les sorties et rentrées d’argent. On peut le résumer en une équation simple : le BFR est égal aux besoins de financement du cycle moins les ressources de financement de ce cycle.
Une entreprise est souvent amenée à engager des dépenses qui ne seront récupérées que lors de l’encaissement des ventes ou des prestations. Une société va, par exemple, constituer des stocks, devoir acheter des matières premières, effectuer des développements, rémunérer ses salariés… avant de pouvoir commercialiser ses produits et se faire payer. Bien évidemment, tout au long du cycle et/ou d’un exercice, tous ces éléments disparaissent et sont remplacés par d’autres. Le BFR est donc à la fois liquide et permanent.
Une expression simplifiée du BFR, souvent utilisée, est la suivante : le BFR est égal aux stocks plus les créances clients moins les dettes fournisseurs.
Le BFR comprend deux parties :
- le besoin en fonds de roulement d’exploitation (BFRE). Ses composantes sont directement liées à l’activité de l’entreprise. Du côté des besoins (actif circulant), on peut citer les stocks et encours, les avances et acomptes versés, les créances clients… Du côté des ressources, les avances et acomptes reçus sur commandes, les dettes fournisseurs, les produits constatés d’avance d’exploitation…
- et le besoin en fonds de roulement hors exploitation (BFRHE). Celui-ci présente un caractère « instable » dans la mesure où il n’est pas directement lié au chiffre d’affaires. Du coté des besoins, on trouvera diverses créances et charges constatées d’avance hors exploitation… Du côté des ressources, les dettes sur immobilisations, les dettes fiscales (impôts sur les sociétés) et sociales (participation des salariés)…
Plusieurs facteurs influent sur le BFRE :
- la durée du cycle d’exploitation : plus le cycle est long, plus le BFR est important ;
- le niveau du chiffre d’affaires : les éléments constitutifs du BFR sont sensiblement proportionnels au chiffre d’affaires. La croissance de l’entreprise tend à augmenter le BFR car les stocks et les délais de paiement accordés aux clients progressent souvent plus vite que le chiffre d’affaires. En revanche, en période de récession le BFR continue paradoxalement à croître car les mesures de réduction ne sont pas immédiatement suivies d’effets ;
- et les décisions de gestion.
Le BFR peut s’exprimer en nombre de jours du chiffre d’affaires. On divise le montant par le chiffre d’affaires hors taxes de l’entreprise et de multiplier par 365 (ou 360 suivant les conventions). Cette méthode permet d’avoir une vue plus détaillée de la situation bilancielle de la société dans la mesure où le BFR est généralement calculé à la date d'arrêté des comptes et qu’il n’est pas forcément représentatif du besoin permanent de l’entreprise.
Plus globalement, le BFR doit surtout s’analyser de manière évolutive.
Le fonds de roulement net global (FRNG) doit permettre de couvrir le BFR. Le FRNG représente une ressource durable mise à disposition de l’entreprise pour financer des besoins du cycle d’exploitation ayant un caractère permanent. Il met en relation les investissements (emplois stables) et leurs financements (ressources stables).
Il existe plusieurs modes de calcul du FRNG à partir du bilan.
En principe, les ressources stables doivent financer les emplois stables et le FRNG est donc généralement positif.
Il est également important de suivre l’évolution du FRNG sur plusieurs exercices.
Le BFR peut et doit être maîtrisé, expliquent Didier Voyenne et Lionel Bobot, auteurs du livre Le besoin en fonds de roulement (2007 - Economica).
Si le fonds de roulement est supérieur au BFR, la trésorerie est positive : l’entreprise dispose de disponibilités. Cependant une trésorerie trop excédentaire de façon régulière traduit un sous emploi de fonds.
Si c’est le contraire, la trésorerie est négative et l’entreprise doit se financer à court terme auprès des banques. Il arrive toutefois que, dans certaines entreprises, le BFR soit structurellement négatif (par exemple, la grande distribution). Comme toujours, il faut faire attention aux chiffres bruts, le secteur d’activité influe beaucoup sur le niveau de BFR.