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Article du 25/06/2008

BCE : Une possible hausse des taux pour faire face à l'inflation


L’inflation, la bête noire de Jean-Claude Trichet. Depuis longtemps, la Banque Centrale Européenne suit une philosophie de lutte contre l’inflation.
Et tant pis si la croissance est reléguée au rang de deuxième priorité. A la BCE, « l’objectif principal du SEBC est de maintenir la stabilité des prix ». La croissance vient ensuite. « Sans préjudice de l’objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans la Communauté, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de la Communauté, tels que définis à l’article 2 » (article 105, paragraphe 1, du traité). Laquelle Communauté se donne pour objectifs d’obtenir un niveau d’emploi élevé et une croissance durable et non inflationniste, selon l’article 2 du Traité sur l’Union Européenne.
La Banque Centrale Européenne reste donc orientée sur la surveillance de l’inflation et la stabilité des prix, ce qui lui vaut nombre de reproches. Or, le contexte actuel apporte de l’eau au moulin de Jean-Claude Trichet. L’inflation s’est élevée à 3,6 % en mai dans la zone euro, bien au-delà des limites fixées.
Et l’avenir n’est pas rose. Les risques inflationnistes à moyen terme ont augmenté au cours des derniers mois, déplore le dirigeant de la BCE. « Dans ce contexte, le risque de voir se créer une spirale salaires-prix est particulièrement élevé », a-t-il déclaré devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
C’est en effet moins les pressions actuelles - liées à la flambée des prix du pétrole et des denrées alimentaires - qui inquiètent la BCE, car elles les tient pour provisoires, que leurs retombées, sur les négociations salariales. Les syndicats européens pourraient exiger des augmentations de salaires conséquentes pour les salariés dont le pouvoir d’achat est entamé par les hausses des prix. Aux yeux de la BCE, cela représente un risque de dérapage des prix durable.
Jusqu’à présent, la BCE a maintenu ses taux directeurs à des niveaux élevés pour appuyer sa politique. Mais il n’est pas impossible que la banque centrale procède à un tour de vis lors de sa prochaine réunion des gouverneurs du 3 juillet, à en croire son président. Une hausse d’un quart de point à 4,25 % du principal taux directeur de la zone euro est donc attendue par les marchés et les économistes.
Jean-Claude Trichet, en attendant, tempère : « nous pourrions décider de bouger nos taux légèrement » mais « je n’ai pas dit que nous nous envisagions une série de hausses » de taux, précise-t-il.

Francebourse.com – Alexandra Voinchet, avec AFP

 
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