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Fin de séance du 19 mar 2010
Tarif : 1€35/appel puis 0€34/min
Alimentation : Le brasseur Anheuser-Busch repousse l'offre d'Inbev
Le conseil d’administration du brasseur américain Anheuser-Busch a rejeté « à l’unanimité » la proposition de reprise présentée par son rival belgo-brésilien Inbev.
Inbev a soumis il y a deux semaines à la direction d’Anheuser-Busch une offre de reprise non sollicitée mais présentée comme amicale, avec pour objectif de former l’incontestable numéro un mondial de la bière. Inbev proposait 65 dollars en numéraire par action Anheuser-Busch, un prix qui valorisait le brasseur américain à 46 milliards de dollars.
Pour le groupe américain, « la proposition d’Inbev sous-évalue de manière significative les actifs uniques et les perspectives d’Anheuseur-Busch » et « ne reflète pas la force des marques mondiales et légendaires Bud Light et Budweiser, les deux bières les plus vendues dans le monde ». Elle ne traduit pas non plus, selon un communiqué, le potentiel d’appréciation du titre résultant des initiatives prises par le groupe.
Le conseil d’Anheuseur-Busch ne mentionne toutefois pas comment il entend convaincre ses actionnaires du bien-fondé de sa position. L’offre d’Inbev était de 35 % supérieure au cours moyen du brasseur américain avant que n’apparaissent les rumeurs d’intérêt du groupe belgo-brésilien. Dans les transactions électroniques suivant la séance de bourse, le titre restait d’ailleurs en dessous du prix offert, à 61,90 dollars (+ 0,90 %) vers 20h50 GMT.
« Le conseil va continuer d’étudier toute les propositions qui renforcent la valeur pour les actionnaires », mentionne simplement Anheuser-Busch.
Or d’amicale, l’offre d’Inbev pourrait devenir hostile. Selon la presse, Inbev qui s’attendait à une telle position de sa cible pourrait s’adresser directement aux actionnaires du groupe. Il a d’ailleurs effectué un premier pas en ce sens en déposant un recours pour autoriser un renouvellement complet du conseil d’administration. Inbev a saisi un tribunal du Delaware pour lui demander de confirmer que la législation de cet Etat autorisait bien aux actionnaires de demander par écrit, le remplacement des cinq administrateurs d’Anheuseur-Busch élus en 2006. Pour les huit autres administrateurs, élus par la suite, « il est clair » qu’ils peuvent être démis de leurs fonctions par les actionnaires « en vertu de la charte d’Anheuser-Busch et de la loi du Delaware », affirme Inbev.
Le capital d’Anheuseur-Busch est loin d'être verrouillé, la famille fondatrice de l’entreprise centenaire, les Busch, ne détenant plus que 4 % du capital. Les gros investisseurs présents au capital, tel le milliardaire Warren Buffett, pourraient eux être plus sensibles aux arguments sonnants et trébuchants d’Inbev, même si le rachat d’une telle icône de l’Amérique profonde ne manquerait pas de susciter des protestations nationalistes.
Une des options d’Anheuser-Busch pour échapper à Inbev serait d’absorber le brasseur mexicain Grupo Modelo, qu’il détient déjà à 50 %, en espérant devenir ainsi trop coûteux pour les finances du groupe belgo-brésilien.
