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Citigroup reste dans le rouge mais surprend favorablement le marché
La banque américaine Citigroup a publié vendredi une nouvelle perte d'ampleur, mais moins importante que prévu, surprenant favorablement le marché et laissant penser que l'ancien numéro un mondial pourrait entrevoir la sortie du tunnel.L'établissement a perdu au deuxième trimestre 2,5 milliards de dollars, alors que les analystes anticipaient un chiffre plus proche de 3 milliards.
Il n'en fallait pas plus aux investisseurs pour s'enthousiasmer, l'action Citigroup prenant jusqu'à 13% en matinée à la Bourse de New York. Le rebond reste relatif, la valeur du titre ayant été divisée par trois en un an.
La banque a pourtant encore été plombée par des dépréciations d'actifs de 7,2 milliards de dollars, ainsi que des provisions pour créances douteuses de 4,4 milliards et reste exposée à la crise de l'immobilier américain.
Mais le marché avait, pour l'essentiel, déjà intégré ces données, et a choisi de retenir le léger redressement du géant new-yorkais.
Au terme de trois trimestres de très gros temps, Citigroup commence à entrevoir un horizon plus dégagé, après une série de mesures radicales, à la mesure de ce mastodonte de 370.000 salariés.
Le directeur financier Gary Crittenden a indiqué vendredi que, depuis un an, Citigroup avait supprimé 16.000 postes, ce qui lui aura coûté 1,6 milliard de dollars, et levé 50 milliards de dollars pour se renflouer.
Au deuxième trimestre, la banque a réduit ses engagements de près de 100 milliards de dollars, ce qui constitue une avancé significative dans le cadre de sa stratégie qui doit déboucher sur des cessions globales d'environ 400 milliards de dollars dans les deux ou trois ans.
Grâce à ces désengagements, ainsi qu'au produit de nombreuses levées de fonds, Citigroup a renoué avec des niveaux de capitaux propres plus conformes à ceux d'une grande banque de standing mondial.
M. Crittenden a rappelé que la cession de la filiale allemande Citibank pour 4,9 milliards d'euros au français Crédit Mutuel relèvera encore ce niveau.
Comme l'a expliqué Mike Mayo, analyste de Deutsche Bank, dans une note, ces résultats "devraient calmer les inquiétudes quant à une augmentation de capital imminente", ce qui a joué dans le rebond du cours de l'action.
Après avoir navigué à vue durant des mois, Citigroup reste dépendant de la détérioration du marché immobilier américain mais paraît désormais armé pour faire face aux difficultés qui l'attendent.
Par ailleurs, si dépréciations et provisions lestent lourdement le résultat, l'activité de la banque reste très soutenue. Le produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires, a ainsi été supérieur de près d'un milliard de dollars aux attentes des analystes.
Le directeur financier a notamment expliqué que l'activité de commerce de titres avait connu son meilleur trimestre depuis 2001, que celle de services aux fonds spéculatifs (prime brokerage) avait battu un record, de même que le métier des produits dérivés.
Si sa taille a plus souvent été, ces derniers mois, un handicap qu'un atout, Citigroup peut également compter sur ses ressources à l'international, qui ont dégagé des bénéfices de 1,445 milliard de dollars au deuxième trimestre.
Hors Amérique du Nord, les trois autres grandes régions de la banque ont terminé dans le vert.
La vente à bon prix de Citibank Allemagne témoigne que les actifs de Citigroup à l'international "sont convoités", a relevé M. Crittenden.

