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Guantanamo: l'ex-chauffeur de Ben Laden plaide non coupable à l'ouverture de son procès

Article du 21/07/2008
L'ancien chauffeur de Ben Laden, , a plaidé non coupable lundi matin sur la base de (Cuba) à l'ouverture de son procès, le premier devant un tribunal militaire d'exception, a-t-on appris auprès du Pentagone.

Toute possibilité d'un accord entre l'accusation et la défense, qui aurait suspendu la tenue de ce premier procès devant une commission militaire depuis la seconde guerre mondiale, est donc annulée.

Yéménite âgé d'une quarantaine d'années, Salim Hamdan comparaît pour "complot" et "soutien matériel au terrorisme", soupçonné d'avoir suivi des entraînements dans des camps d'Al-Qaïda en Afghanistan et d'avoir livré des armes à travers le pays.

Après plus de six ans d'enfermement dans la prison haute sécurité de Guantanamo, il encourt la prison à vie, à l'issue d'un procès prévu pour durer deux semaines.

En mars 2007, David Hicks avait plaidé coupable de soutien matériel au terrorisme et avait, en échange, obtenu une peine réduite à neuf mois, ainsi qu'un billet pour rentrer en Australie, son pays d'origine.

Dans une salle d'audience toute neuve, construite sur la base navale de Guantanamo, avocats, journalistes et observateurs vont assister au premier procès grandeur nature depuis l'ouverture fin 2001 du centre de détention, qui reste une des décisions les plus controversées de George W. Bush.

Lundi matin, selon les mêmes sources, les 5 membres du jury devaient être choisis parmi 13 militaires. La majorité des deux tiers sera nécessaire pour déclarer ou non la culpabilité et le même jury prononcera le verdict.

Les avocats de M. Hamdan ont déjà annoncé leur intention de faire appel, à l'issue d'un procès qu'ils estiment d'avance "injuste" et "malhonnête". Cet appel pourra se tenir devant la justice civile.

"Ce sera un procès équitable", a estimé à l'inverse Bryan Whitman, porte-parole du Pentagone devant la presse lundi, assurant qu'il s'agissait d'"un jour important". "Il s'agit de personnes qui ont accompli des actes illégaux, contre lesquels il y a suffisamment de preuves pour les tenir pour responsables de leurs crimes", a-t-il ajouté.

Pour ses avocats, M. Hamdan n'était qu'un employé parmi d'autres du chef d'Al-Qaïda et n'a pas participé à des actions terroristes. Lors du procès, ils vont essayer d'obtenir l'invalidation de certaines "preuves" retenues contre leur client et obtenues sous la contrainte, voire la torture, selon l'accusation elle-même.

En créant les commissions militaires fin 2006, le Congrès américain avait refusé que soient utilisées les "preuves" obtenues sous la torture mais, sans interdire celles obtenues à l'issue d'interrogatoires musclés ou humiliants, comme celui que Hamdan assure avoir subi.

Dans ces derniers cas, le Congrès laissaient les juges décider de la recevabilité de ces "preuves" au coup par coup.

Les témoignages indirects sont en outre autorisés.

L'accusation a dévoilé la semaine dernière des documents attestant que Salim Hamdan avait été réveillé toutes les heures pendant cinquante jours en 2003, afin de l'épuiser avant une série d'interrogatoires.

Quoi qu'il en soit, même en cas d'acquittement, M. Hamdan ne sera pas forcément remis en liberté. Il a en effet été déclaré précédemment "combattant ennemi", une qualification suffisante pour légitimer une détention illimitée.


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