L'ancien responsable politique serbe bosniaque inculpé de génocide a été arrêté par les services de sécurité serbes, ont annoncé lundi les services du président serbe Boris Tadic.
Un communiqué de la présidence serbe précise que "Radovan Karadzic a été localisé et arrêté dans la soirée" de lundi par les forces de sécurité serbes.
"Karadzic a été transféré devant un juge d'instruction du parquet pour les crimes de guerre à Belgrade en accord avec la loi sur la coopération avec le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie", précisé le communiqué qui ne donne aucun autre détail sur cette arrestation.
Toutefois, selon une source proche du parquet pour les crimes de guerre qui a requis l'anonymat, Karadzic a été arrêté en Serbie.
Karadzic n'a offert aucune résistance et était dans un état dépressif, a indiqué une source proche des services secrets serbes interrogée par l'AFP. Karadzic se trouve dans une prison à Belgrade, a ajouté cette source.
Le ministère serbe de l'Intérieur a, de son côté, précisé dans un communiqué cité par l'agence Beta que "les membres du ministère n'ont pas participé à l'arrestation de Radovan Karadzic".
L'arrestation de Radovan Karadzic, qui intervient un peu plus d'un mois après celle, à Belgrade, du Serbe de Bosnie Stojan Zupljanin, est un succès de taille pour les autorités pro-européennes soucieuses d'accélérer le rapprochement avec l'Union européenne (UE).
Karadzic et son ancien chef militaire , qui est toujours en fuite, étaient en cavale depuis que le TPI les a inculpés, il y a treize ans, de génocide et de crimes de guerre pendant le conflit en Bosnie 1992-1995.
Ils étaient notamment recherchés pour leur rôle dans le génocide de Srebrenica (est de la Bosnie) qui a coûté la vie à près de 8.000 hommes en juillet 1995.
Karadzic est également poursuivi pour son rôle dans le siège de Sarajevo qui a duré 43 mois et pendant lequel quelque 10.000 civils ont été tués.
A La Haye le procureur du TPI pour l'ex-Yougoslavie Serge Brammertz, qui doit se rendre à Belgrade mardi, a confirmé l'arrestation de Radovan Karadzic, dans un communiqué.
Né le 19 juin 1945 dans le village de Petnjica au Monténégro, Karadzic est considéré comme un monstre par les Croates et les musulmans de Bosnie, mais reste pour de nombreux Serbes un héros de la guerre qui a déchiré la Bosnie de après la proclamation de son indépendance en 1992.
Après son inculpation par le TPI, il est entré dans la clandestinité où il disposait d'un puissant réseau de fidèles. Plusieurs tentatives d'arrestations exécutées par l'OTAN en Bosnie ont échouées.
Le département d'Etat avait promis une récompense de 5 millions de dollars pour toute information pouvant conduire à son arrestation.
Le TPI recherche encore deux fugitifs serbes, Ratko Mladic et un ancien leader des Serbes de Croatie Goran Hadzic.