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Zimbabwe: pourparlers entre pouvoir et opposition doivent commencer en Afrique du sud

Article du 22/07/2008
Des pourparlers entre pouvoir et opposition sur l'avenir politique du doivent démarrer mardi en un lieu tenu secret en Afrique du Sud, a indiqué à l'AFP un porte-parole du président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur du processus.

"Ils vont commencer plus tard cet après-midi, en un lieu non précisé", a précisé le porte-parole présidentiel Mukoni Ratshitanga.

Des premiers négociateurs du régime de Harare et de l'opposition commençaient à arriver dans la matinée en Afrique du Sud, en vue d'une première session de pourparlers. Cette session devrait se tenir non loin de la capitale, selon des sources proches du processus.

Lundi à Harare, le président zimbabwéen Robert Mugabe et le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai ont signé un accord qui les engage à négocier un nouvel ordre politique au Zimbabwe, paralysé depuis un simulacre d'élection présidentielle fin juin. Le document prévoit que les pourparlers soient achevés sous deux semaines.

Les deux rivaux, qui ne s'étaient pas rencontrés en public depuis 1998, ont signé le document dans un hôtel de Harare au côté du président sud-africain Thabo Mbeki, chargé par l'Afrique australe d'une médiation au Zimbabwe. Le protocole d'accord fixe un ordre du jour très large pour les pourparlers et un objectif de deux semaines pour trouver un accord "sincère et durable" sur un "gouvernement élargi". Les discussions viseront à amender la Constitution "de diverses façons" en vue de l'établissement d'"un nouvel ordre politique", a précisé Robert Mugabe, 84 ans, réélu le 27 juin pour un sixième mandat à la tête de l'Etat dans des .

Qualifiant l'accord-cadre de "premier pas en avant", M. Tsvangirai, qui était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle le 29 mars avant de se retirer de la course, a salué une "". "Nous sommes résolus à assurer que ce processus de négociations soit couronné de succès", a-t-il promis.

M. Mbeki a pour sa part souligné que "toutes les parties du Zimbabwe admettaient l'urgence" du problème. "Ce protocole d'accord va les engager à un intense programme de travail pour finaliser les négociations aussi vite que possible", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est félicité de cet accord. Il a appelé toutes les parties "à s'engager, de bonne foi, dans des pourparlers sérieux qui puissent mener à une solution durable à la crise politique et répondre aux besoins économiques et humanitaires urgents de la population du Zimbabwe", selon son bureau de presse.

La cérémonie, qui s'est déroulée dans une ambiance détendue, s'est conclue par une poignée de mains à forte valeur symbolique entre MM. Mugabe et Tsvangirai, rivaux acharnés depuis une décennie, en particulier depuis la réélection déjà contestée de M. Mugabe en 2002.

L'enjeu du dialogue est de sortir le Zimbabwe de la paralysie née du scrutin du 27 juin : l'unique candidat Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, avait été réélu au second tour de la présidentielle boycotté par l'opposition sur fond de violences.

L'opposition a - comme l'Occident - refusé de reconnaître sa réélection, tout en se disant prêt à dialoguer.

Des contacts préliminaires avaient eu lieu à Pretoria il y a 10 jours entre représentants du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) et de l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir).

Avant de s'engager plus avant, le MDC avait demandé une médiation élargie, ne faisant pas confiance à M. Mbeki, accusé de partialité.


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