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Institutions: le PS tire à boulets rouges sur Lang et fait face à d'autres voix dissonantes
Alors que Jack Lang a essuyé mardi une volée de bois vert pour avoir voté la réforme des institutions, la belle unanimité du PS au Congrès de Versailles s'est brisée, quatre autres députés accusant la direction d'"antisarkozysme pavlovien".Le député du Pas-de-Calais ne se laisse pas intimider: "Il n'est au pouvoir de personne de me rayer de la carte du paysage politique français", a-t-il affirmé à l'AFP. "Socialiste je suis, socialiste je resterai et il n'appartient à aucune instance, surtout d'un parti aujourd'hui en crise, de me retirer quelque étiquette que ce soit", a insisté Jack Lang mardi soir à TF1.
"Jack Lang n'a plus sa place dans notre famille", avait lancé Julien Dray, porte-parole du PS, au lendemain du vote quasi-décisif du député du Pas-de-Calais en faveur de la réforme, passée à une voix près.
"Il a franchi le Rubicon", s'est écrié le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault. L'ancien ministre a été mis à l'index: "Il n'y a pas d'exclusion formelle. On a pris acte que Jack Lang s'est mis lui-même en dehors du groupe socialiste" à l'Assemblée, a annoncé le député-maire de Nantes. De leur côté, les 11 députés et trois sénateurs socialistes du Pas-de-Calais se sont "clairement désolidarisés" de leur collègue.
En acceptant l'an dernier de participer, sans l'aval du PS, au Comité Balladur sur la réforme des institutions, l'ancien ministre avait déjà démissionné en juillet 2007 des instances dirigeantes du PS.
Le premier secrétaire, François Hollande, qui avait été plutôt conciliant à son égard -son cas est "particulier" comme ex-membre du comité Balladur- l'a appelé mardi à "prendre conscience de ce qu'il a fait et en tirer toutes les conclusions sur le plan moral".
Aucune réunion de la direction n'étant prévue en cette fin juillet, une mesure de rétorsion immédiate n'est pas attendue, mais "je n'imagine pas que cela puisse rester sans conséquences", a souligné à l'AFP Bruno Le Roux. "En toute logique, il ne peut plus avoir le soutien du parti aux prochaines élections", a ajouté le secrétaire national PS aux élections.
L'UMP a volé au secours du sauveur de la réforme, dénonçant une "chasse à l'homme". Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a eu "une pensée pour" lui.
A l'affaire Lang s'ajoute, à quatre mois du congrès de Reims, la fronde au sein du parti de quatre députés - parmi les 17 qui avaient plaidé fin mai pour un "compromis" avec le gouvernement sur la réforme- qui ont dénoncé la politique de la direction d'opposition "systématique" à Nicolas Sarkozy.
Après avoir voté "par discipline" contre le texte, les rénovateurs Manuel Valls et Gaëtan Gorce, Christophe Caresche (proche de Bertrand Delanoë) et le strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen, ont dans une tribune au Monde, fustigé l'incapacité du PS à "s'abstraire d'une forme d'anti-sarkozysme pavlovien" qui "le conduit a s'opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République".
Dans les couloirs de l'Assemblée, Jean-Marie Le Guen a dénoncé un appareil PS qui "se rétrécit sur lui-même et ses certitudes et ne montre pas un esprit d'ouverture". "Pavlov" c'est aussi le titre de l'éditorial de Libération mardi, qui accuse les socialistes d'avoir refusé de voter un projet qui "allait dans leur sens même timidement".

