France Bourse : actualité de la bourse de Paris
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Ouverture du 10 fév 2012
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La crise financière s'aggrave mais le repli pétrolier offre un espoir
La crise financière s'aggrave et les menaces de récession, parties des Etats-Unis, atteignent à présent l'Europe, même si le repli des cours pétroliers apporte l'espoir d'un répit pour l'économie mondiale."La toile de fond, c'est l'aggravation de la crise financière" et un "ralentissement plus fort qu'anticipé", constate Elie Cohen, directeur de recherche en économie au CNRS.
Cette semaine, les Etats-Unis ont encore reçu de mauvaises nouvelles sur le front des banques et de l'immobilier, qui s'enfoncent dans le marasme, menaçant la croissance et l'emploi.
"Les pertes bancaires qui se profilent vont accroître les besoins en capitaux, qui sont difficiles à trouver, ce qui va restreindre l'offre de crédit", poursuit M. Cohen.
Pour Benjamin Carton, économiste du Cepii (Centre d'études prospectives et d'informations internationales), le plus gros risque aux Etats-Unis, "c'est un ralentissement du crédit qui dure" et pèse à long terme sur la consommation et l'investissement.
Pour l'instant, la première économie du monde s'est maintenue hors de la récession à grands renforts de baisses d'impôts. Un vaste un plan de sauvetage du secteur immobilier, actuellement soumis au Congrès, pourrait également donner un peu d'air.
Mais les menaces de récession ont clairement atteint l'Europe cette semaine, avec des statistiques sur l'activité industrielle au plus bas depuis 1991 et 2001.
"Une quasi-récession se profile", estime Evariste Lefeuvre, économiste de Natixis qui prévoit une baisse de 0,1% du PIB de la zone euro au deuxième trimestre, puis une hausse de 0,1% au troisième et une rechute des marchés boursiers.
Pour Elie Cohen, la croissance de la zone euro devrait plafonner autour de 1% en 2009, avec peut-être un ou deux trimestres négatifs, avant un rebond au deuxième semestre "au plus tôt".
Si l'Europe ne souffre pas aussi violemment que les Etats-Unis de la crise immobilière et financière, elle subit durement la hausse du prix des matières premières, qui ampute la consommation, et le niveau élevé de l'euro handicape les exportateurs.
Les pays émergents connaissent aussi un ralentissement, mais moindre: "en Chine on prévoit de passer d'une croissance de 11,5% à 10%; c'est n'est pas bouleversant", remarque M. Cohen.
Seule bonne nouvelle, la chute du prix du baril de brut, qui a perdu plus de 20 dollars ces deux dernières semaines, précisément en raison des craintes de récession qui ferait chuter la demande de pétrole.
"Le ralentissement planétaire produit des effets bienvenus sur les marchés des matières premières en termes d'inflation", relève Elie Cohen.
La flambée des matières premières a en effet été la principale raison de l'envolée de l'inflation dans le monde, qui inquiète les autorités monétaires et a même poussé la Banque centrale européenne à relever ses taux d'intérêt en juillet malgré une croissance malade.
Mais les cours de l'or noir sont extrêmement volatiles et un rebond n'est pas exclu, remarque Benjamin Carton.
Les craintes inflationnistes restent donc d'actualité, en particulier dans la zone euro, "avec le risque que la hausse des prix se traduise par une augmentation des salaires, qui forcerait la Banque centrale européenne à relever plus encore ses taux", conclut-il.

