Fait divers : Un couple de marginaux soupçonné du meurtre de Valentin
Article du 04/08/2008
Le « suspect principal » et sa compagne, un couple de « marginaux », qui faisaient l’objet d’un mandat de recherche dans le cadre de l’enquête sur le meurtre du petit Valentin à Lagnieu (Ain), ont été interpellés et placés en garde à vue dimanche après-midi en Ardèche.
Le couple, Stéphane Moitoiret, 39 ans, et sa compagne, Noëlla Hego, 48 ans, dont le portrait-robot avait été diffusé en début d’après-midi, a été arrêté sans violence à Dornas par les gendarmes de la brigade du Cheylard (Ardèche) après avoir été signalé par des automobilistes qui l’avaient vu en train de faire du stop. Un important dispositif, composé notamment d’hélicoptères et de barrages routiers, avait été mis en place pour les retrouver.
Le couple a été identifié grâce à « un renseignement capital » provenant d’une enquête de voisinage de la gendarmerie. Des témoignages faisaient en particulier état de la présence de « deux personnes errantes avec un chat noir au bout d’une ficelle aperçues à Lagnieu ou à proximité » au moment du meurtre dans la soirée du 28 juillet, a expliqué le procureur de la République. Ces renseignements ont ensuite été « croisés » avec un contrôle d’identité des deux marginaux opéré ce même soir à Leyment (Ain), à quatre kilomètres de Lagnieu, par un gendarme de la brigade de Lagnieu, qui avait alors relevé un comportement « suspect » et « assez particulier ».
Par ailleurs, le couple a séjourné dans la nuit du 28 au 29 juillet dans un local paroissial situé à Saint-Sorlin-en-Bugey (Ain), sur la porte duquel les enquêteurs ont retrouvé un ADN identique à celui relevé sur le corps, les vêtements de Valentin ainsi que le sang jonchant sur 600 mètres une rue de Lagnieu.
En outre, dans cette même rue, la bande vidéo d’un établissement bancaire a enregistré un homme passant en courant, juste après le meurtre, en direction de Saint-Sorlin, a encore indiqué le procureur de Bourg-en Bresse. « Nous avons acquis la certitude que l’auteur des faits correspondait à la personne qui occupait ce logement » et qui fait de Stéphane Moitoiret « le suspect principal », a encore dit le magistrat.
Les suspects étaient jusqu’à présent inconnus des services de police. Stéphane Moitoiret, mesurant 1,70 m, de type européen, décrit par le procureur général à la cour d’appel de Lyon comme un « psychopathe », est un sans domicile fixe et sa dernière adresse connue, qu’il partageait avec sa compagne, se situe à Clary (Nord).
Hier, le président Sarkozy a aussitôt félicité les enquêteurs qui « se sont mobilisés sans relâche », a indiqué l’Elysée. La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, se rendra ce matin à Ambérieu-en-Bugey (Ain) pour rencontrer les enquêteurs. De son côté, la ministre de la Justice, Rachida Dati, recevra lundi à Bourg-en-Bresse les familles des victimes, a indiqué son ministère.