Justice : Stéphane Moitoiret mis en examen pour le meurtre de Valentin « avec actes de barbarie »
Article du 06/08/2008
Stéphane Moitoiret, le principal suspect dans le meurtre du petit Valentin, a été mis en examen pour « homicide avec préméditation sur mineur de 15 ans avec actes de barbarie ». Il encourt une peine de « réclusion criminelle à perpétuité incompressible », a annoncé le procureur de Bourg-en-Bresse.
Hier soir, Stéphane Moitoiret devait être placé en détention provisoire dans le service psychiatrique d’une maison d’arrêt.
Noëlla Hégo, sa compagne, encourt une peine de cinq ans de réclusion « pour non-empêchement de la commission d’un crime, soustraction de preuves et non-dénonciation de crime ».
Stéphane Moitoiret, dont l’ADN a été retrouvé sur le corps de l’enfant, n’a cessé, depuis son arrestation par les gendarmes dimanche, de tenir des propos incohérents et n’a jamais reconnu les faits. L’homme a déclaré qu’il se sentait « étranger à cette affaire », que « quelqu’un d’autre avait commis le fait à sa place », « il dit que c’est un sosie qui a tué l’enfant », a-t-il été rapporté.
L’homme aurait cependant avoué le crime à sa compagne avant leur arrestation et c’est elle qui a ensuite parlé aux enquêteurs, selon le magistrat. Le 28 juillet, après avoir trouvé refuge dans la salle paroissiale de Saint-Sorlin (Ain), à quelques kilomètres de Lagnieu, Stéphane Moitoiret a décidé, selon les propos de Noëlla Hégo, de « faire un incident ». Il est parti armé d’un couteau et il est effectivement rentré « couvert de sang, en disant à son compagne qu’il venait de tuer un petit garçon ».
Le couple, souvent perçu par les enquêteurs comme « illuminé », qui se croyait « investi d’une mission divine » et s’était engagé depuis des années dans une folle errance à travers la France, avait quitté Saint-Sorlin le lendemain matin, en auto-stop, en direction de l’Ardèche.
Des expertises psychiatriques devraient être rapidement menées pour déterminer le degré de responsabilité des deux marginaux et décider de la tenue ou non d’un procès.
Ces mises en examen sont intervenues pratiquement au moment où se déroulaient les obsèques de Valentin, 11 ans, dans la petite église de Hières-sur-Amby. La foule, trop importante pour prendre place dans la petite église de la commune, débordait largement sur le parvis.