Le chef de l’Etat mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu depuis l’indépendance du pays en 1960, a été arrêté hier à Nouakchott au cours d’un coup d’Etat sans effusion de sang mené par le chef de la garde présidentielle qu’il venait de limoger. « Je m’engage personnellement à préserver l’Etat de droit, les libertés des citoyens et les institutions démocratiques existantes », a déclaré le nouvel homme fort de Nouakchott, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, dans une interview aux journaux suisse Le Temps et belge Le Soir.
Dans un communiqué lu à la radio nationale, la junte a promis une élection présidentielle « libre et transparente » dans « une période qui sera la plus courte possible ».
Ce coup de force intervient quinze mois après l’élection présidentielle du printemps 2007, saluée comme un « modèle démocratique » pour l’Afrique et le monde arabe, et trois ans après le coup d’Etat militaire qui avait renversé en août 2005 le président Maaouiya Ould Taya.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a dit regretter « profondément » le coup d’Etat, fermement condamné par l’Union Africaine (UA), la Commission européenne et la présidence (française) du Conseil de l’Union Européenne.
Les Etats-Unis ont également condamné ce coup de force. La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a appelé les putchistes à libérer le président et le Premier ministre et à restaurer « immédiatement » le gouvernement légitime.
Ancienne puissance coloniale, la France a souligné son attachement à la « stabilité » de la Mauritanie, pays pauvre en grande partie désertique, frappé depuis fin décembre par trois attaques de la mouvance d’Al-Qaïda et affecté par la crise alimentaire mondiale.