Le gouvernement, confronté à un bond de 2,2% (+41.300) du nombre de demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE en août, a affiché lundi sa détermination à contrer cette tendance, sans convaincre syndicats et opposition, qui l'accusent d'avoir minimisé la gravité de la situation.
Dès l'issue d'une "réunion de crise pour l'emploi" à Bercy avec les services publics de l'emploi concernés par "la lutte contre le chômage" (ANPE, Afpa...), le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez a confirmé les récentes fuites en annonçant ce bond inégalé depuis mars 1993.
Il porte le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE en catégorie 1 (personnes cherchant un emploi à temps plein en CDI et n'ayant pas travaillé plus de 78 heures dans le mois écoulé), à
1.949.600 personnes au total.
Sur un an, la tendance à la baisse des inscriptions à l'ANPE que l'on observait depuis 2005 s'est amenuisée, n'atteignant plus que -1,1% en août par rapport à août 2007, selon les statistiques officielles.
Le nombre mensuel de demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE est considéré par les experts comme un indicateur moins fiable que le taux trimestriel du chômage au sens du BIT, qui s'établissait à 7,2% au second trimestre en métropole.
Mais la hausse d'août, la quatrième consécutive depuis mai, est inquiétante, reconnaît lui-même le gouvernement. "On est en face d'une baisse de la croissance, d'une grosse baisse de l'intérim, et donc tous les intérimaires sortis de leur mission sont allés s'inscrire" à l'ANPE, a expliqué dimanche la ministre de l'Economie Christine Lagarde.
Dans les usines PSA de Rennes et Roissy, le nombre d'intérimaires est désormais "proche de zéro", selon son président Christian Streiff.
Cette dégradation "est liée à la crise" financière internationale, a estimé dimanche le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, faisant écho aux propos de Nicolas Sarkozy jeudi à Toulon, prévenant que la crise aurait un impact "dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat".
"Quelle que soit l'ampleur de la crise financière, elle ne pourra servir de bouc émissaire permanent à une politique qui fait des ravages depuis des mois", a rétorqué lundi le PCF dans un communiqué.
François Chérèque (CFDT) a souligné que cette hausse était "totalement contradictoire avec tous les discours rassurants qu'on nous a fait depuis le début de l'année" et avec lesquels "on nous a un peu enfumés".
L'UMP a répondu qu'elle "n'avait pas de leçon à recevoir" de celui qui a "englué le pays dans les 35 heures".
Solidaires (syndicats Sud) a accusé Nicolas Sarkozy de "masquer l'échec de sa politique sous le paravent de la crise", une politique "responsable" de la flambée du chômage, selon la CGT, qui a réclamé "un vaste plan de croissance".
Jean-Claude Mailly (FO) a revendiqué pour sa part des mesures de soutien à la consommation.
Pour l'instant, le gouvernement insiste plutôt sur des mesures ciblées, comme la prochaine fusion ANPE-Assedic, qui doit améliorer le reclassement des demandeurs d'emploi.
Mais cette fusion sera progressive, reconnaît le directeur général de l'ANPE Christian Charpy dans La Tribune lundi. Ainsi l'entretien unique d'inscription ne sera la règle pour tous les demandeurs d'emploi qu'en octobre 2009.
Le gouvernement insiste aussi sur la réforme de la formation professionnelle, sur laquelle les partenaires sociaux négocient à partir de mardi et qui doit faire l'objet d'un projet de loi à la fin de l'année.