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A Evian, Medvedev et Sarkozy affichent une entente renouvelée

Article du 08/10/2008
Le président russe Dmitri Medvedev et français Nicolas Sarkozy ont affiché mercredi à Evian une entente renouvelée sur la Géorgie, ainsi que sur la nécessité de se concerter au sein d'un G8 élargi pour faire face à la crise financière.

Invité vedette de la World Policy Conference (WPC), qui a réuni plusieurs chefs d'Etat ou de gouvernement au bord du lac Léman, M. Medvedev a été le premier à donner un gage, en annonçant le retrait "avant minuit" mercredi des forces russes des zones tampons en Géorgie.

Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne (UE), s'est empressé de le remercier d'avoir "tenu parole".

En vertu d'accords conclus entre MM. Medvedev et Sarkozy le 8 septembre à Moscou, ce retrait doit être terminé d'ici vendredi.

Ce fut ensuite au tour du président Sarkozy de faire un geste de taille, en se prononçant pour la participation de "tous les acteurs concernés" aux discussions qui doivent s'engager le 15 octobre à Genève au niveau des experts.

M. Sarkozy a ainsi laissé entendre que les Ossètes du Sud et les Abkhazes pourraient être associés à cette réunion, alors que leur déclaration d'indépendance, reconnue par la Russie, a été rejetée par les Occidentaux.

"Nous avons parlé des conditions d'organisation de la conférence de Genève, comme nous nous y étions engagés lors de l'accord de Moscou, de façon à ce que l'on rentre dans les discussions qui permettront de trouver une solution à la situation dans le Caucase", a précisé M. Sarkozy après avoir déjeuné avec M. Medvedev.

La France s'efforce de trouver une formule permettant aux représentants des deux régions séparatistes de Géorgie d'être "là, mais sans pour autant être à la table" des négociations, selon une source diplomatique européenne.

Surtout, Nicolas Sarkozy a estimé que le retrait russe "ouvrait la perspective" d'une reprise des négociations sur un nouvel accord stratégique UE-Russie.

Le gel de ces discussions était la principale mesure prise à l'encontre de la Russie par les Européens début septembre.

"Une telle ambition, si elle est partagée, tracera le chemin vers un véritable espace économique et humain commun", a assuré M. Sarkozy.

Il avait proposé fin septembre, à l'ONU, la constitution d'un "espace économique commun qui unirait la Russie et l'Europe".

M. Sarkozy a également proposé la tenue fin 2009 d'un sommet de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) afin de discuter d'une remise à plat de la sécurité sur le continent.

Là encore, le président a répondu à une idée chère à la Russie. Dmitri Medvedev avait proposé en juin de travailler sur un "pacte régional" de sécurité européen, pour remplacer les structures héritées de la Guerre froide.

Les Occidentaux avaient réagi de façon circonspecte, suspectant une tentative de réduire l'influence de l'Otan.

La crise financière a été aussi l'occasion pour les deux présidents d'afficher leur entente. M. Medvedev s'est déclaré favorable à une réunion du G8 élargi "pour régler les problèmes du système financier mondial" proposée par son homologue français.

Nicolas Sarkozy estime que ce sommet international devrait se tenir juste après l'élection présidentielle américaine, début novembre.

Selon M. Medvedev, la crise financière est liée à "l'égoïsme de certains pays", un propos visant les Etats-Unis.

Preuve que la méfiance, malgré ces assauts d'amabilité, n'a pas disparu, la présidence française n'avait confirmé la présence de M. Sarkozy à cette conférence que la veille, soucieuse de vérifier que la Russie amorçait bien son retrait de Géorgie des zones tampons.

A Tbilissi, un porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur a déclaré à l'AFP que les forces russes s'étaient totalement retirées mercredi de la zone tampon en Géorgie avec la région séparatiste d'Abkhazie et achevaient leur retrait de celle adjacente à l'Ossétie du Sud

Interrogé sur la situation dans la zone limitrophe de l'Ossétie du Sud, Chota Outiachvili a déclaré: "Toutes les positions sont démantelées ou en train de l'être".

Dans la zone tampon avec l'Abkhazie, "tous les soldats russes sont partis", a-il ajouté.

Le chef des forces russes de maintien de la paix en Ossétie du Sud, Marat Koulakhmetov, a confirmé que le retrait était quasiment terminé dans la zone tampon avec cette république séparatiste.


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