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L'Europe se rapproche d'un plan d'action commun face à la crise
Après des semaines de zizanie et de chacun pour soi, les dirigeants européens se rapprochent d'une initiative commune de grande envergure face à l'aggravation continue de la crise financière, vraisemblablement sur le modèle du plan britannique annoncé cette semaine.Un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Eurogroupe doit d'ailleurs avoir lieu dimanche à Paris afin de "définir un plan d'action conjoint de la zone euro et de la Banque centrale européenne face à la crise financière", a annoncé vendredi la présidence française.
"Nous sommes en train de travailler sur quelque chose", sur "la possibilité d'avoir un plan européen" d'action, a déclaré un haut responsable européen, en soulignant qu'il devrait s'inspirer de celui annoncé par Londres.
Des discussions en ce sens ont lieu entre les principaux Etats, sous la houlette de la présidence française de l'UE et la Commission européenne, a-t-il ajouté.
Le plan façonné par le Premier ministre britannique Gordon Brown prévoit à la fois une garantie d'Etat pour les prêts que se font les banques entre elles, afin d'éviter un assèchement de leurs liquidités, et une nationalisation partielle des groupes en difficulté.
La méfiance entre les banques, qui n'osent plus se prêter des fonds, est au coeur de la crise actuelle et paralyse le système financier.
En agissant de la sorte, la Grande-Bretagne a un peu mis ses partenaires le dos au mur car s'ils ne s'alignent pas, leurs banques se retrouveront désavantagées par rapport aux établissements britanniques désormais protégés par le "parapluie" de la garantie d'Etat.
Une source diplomatique française confirme: "on regarde le plan Brown".
Le principal obstacle à une généralisation d'une telle formule était jusqu'ici l'Allemagne, qui bloquait toute tentative de plan européen et privilégiait des solutions nationales, par crainte de devoir financer les déboires bancaires des autres.
L'Allemagne a ainsi torpillé toute idée d'un fonds de secours commun pour les banques en difficulté.
Mais Berlin semble en passe d'assouplir sa position. Le quotidien allemand Die Welt a affirmé vendredi que le gouvernement travaillait à un plan de sauvetage des banques nationales sur le modèle britannique. "Toutes les options imaginables" sont à l'étude, a commenté un porte-parole du gouvernement, sans toutefois confirmer.
Si cette intention se concrétise, elle dominera la rencontre que doivent avoir samedi le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel en France.
La pression grimpe au sein de l'UE pour une action commune plus résolue face à la chute vertigineuse des places boursières.
Les chefs d'Etat des 27 se retrouvent en sommet mercredi et jeudi prochains à Bruxelles et ne veulent pas y arriver les mains vides.
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a même évoqué vendredi "une possible" réunion des dirigeants dès dimanche à Paris. Cela n'a pas été confirmé.
Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a demandé une réunion "urgente" des chefs d'Etat et de gouvernement de la seule zone euro, "pour une "action forte et coordonnée".
Les gouvernements de l'UE se sont surtout illustrés jusqu'ici par leur plans d'aides nationaux en ordre dispersé pour aider les banques, la solidarité financière faisant clairement défaut.
Outre le cavalier seul de l'Allemagne, l'Irlande a suscité l'ire de ses partenaires en garantissant sans limite les dettes de ses seules banques.
Seule petite avancée: les pays européens se sont mis d'accord pour revoir les normes comptables qui obligent leurs banques à déprécier très vite la valeur de leurs actifs lorsque les cours boursiers chutent. Ce qui devrait aider à les protéger. La Commission doit rapidement présenté un projet de texte en ce sens.

