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Fin de séance du 03 jui 2009
Tarif : 1€35/appel puis 0€34/min
Saakachvili appelle Sarkozy à ne pas céder à la "realpolitik" face à Moscou
Le président géorgien Mikheïl Saakachvili, en visite jeudi en France, a appelé son homologue français Nicolas Sarkozy, président de l'UE, à ne pas céder à la "realpolitik", à la veille d'un sommet Russie-UE qui pourrait marquer une normalisation des relations avec Moscou.Les deux dirigeants, qui s'étaient rencontrés à Tbilissi en plein conflit russo-géorgien en août, puis en septembre, se sont entretenus dans l'après-midi à la présidence française.
Le président géorgien voulait s'assurer que les Européens ne renoncent pas au principe de l'intégrité territoriale de son pays, alors que la Russie a reconnu l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, deux régions séparatistes où elle a déployé des milliers d'hommes.
"Il y a des éléments de realpolitik très présents dans le monde aujourd'hui, parce que c'est la crise mondiale, les gens pensent à leurs propres problèmes", a déclaré M. Saakachvili sur la radio France Inter.
"Mais il faut toujours garder des principes", a-t-il ajouté, précisant qu'il allait "exprimer" cette position lors de son entretien avec M. Sarkozy, dont il a tenu à saluer "l'intervention formidable au moment où les chars russes étaient en train d'approcher de la capitale géorgienne".
M. Sarkozy avait négocié, au nom de l'UE, un accord de cessez-le-feu le 12 août entre Moscou et Tbilissi, puis un plan de paix, le 8 septembre.
Le fait que M. Sarkozy "ait tenu à recevoir M. Saakachvili à la veille du sommet avec la Russie (à Nice, dans le sud-est, ndlr) montre que la France et l'Europe restent solidaires de la Géorgie et engagées à ses côtés", a-t-on déclaré à la présidence française.
A cet égard, Paris entend oeuvrer pour "le rapprochement de l'UE et de la Géorgie" afin d'établir d'ici "quelques années" un "partenariat privilégié" entre Tbilissi et l'UE, selon la même source.
Le président français a également réitéré auprès de son homologue géorgien "la position très ferme en faveur de l'intégrité territoriale de la Géorgie".
Des divergences opposent néanmoins Tbilissi et Paris sur le respect par Moscou des accords conclus et qui portent sur le retrait de forces russes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.
Alors que la Géorgie parle de "violation flagrante" des engagements passés, la France considère qu'ils sont globalement respectés et Nicolas Sarkozy s'est prononcé la semaine dernière pour la reprise des négociations européennes sur un partenariat renforcé avec Moscou.
La date de la reprise de ces pourparlers doit être décidée lors du sommet.
Leur suspension avait été la seule mesure prise par l'UE pour marquer sa désapprobation face à la riposte militaire russe en Géorgie, après l'offensive de Tbilissi pour reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud.
La France a néanmoins promis de "ne pas revenir au +business as usual+ avec la Russie" et de la pousser à "s'engager de façon constructive" dans les discussions lancées le 15 novembre à Genève sur le Caucase.
Mais vu le contexte économique mondial, il semble peu probable que M. Sarkozy presse Moscou de poursuivre le retrait de ses troupes de Géorgie lors du sommet de Nice.
En effet, l'UE entend pousser l'administration Bush à s'engager à prendre des mesures pour la refonte du système financier international lors du G20 à Washington, ce week-end, et les Russes pourraient être un allié de poids.
Le président russe Dmitri Medvedev a estimé jeudi que la Russie et l'Union européenne allaient pouvoir "parler d'une seule voix" au sommet de Washington.
M. Saakachvili, interrogé sur son sentiment d'avoir été ou non "lâché" par les occidentaux, avait répondu dans la matinée: "ce n'est pas encore le cas. Je serai le dernier à l'admettre parce que bien sûr, j'ai toujours l'espoir du contraire".

