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Allemagne: la coalition d'Angela Merkel négocie un nouveau plan de relance
La chancelière allemande Angela Merkel, accusée de tergiverser face à une crise qui menace la première économie européenne de sa pire récession depuis la guerre, a réuni lundi les factions de sa coalition gouvernementale pour négocier un nouveau plan de relance."Il s'agit de préserver les emplois et d'encourager les investissements," a affirmé Mme Merkel à la chaîne ARD juste avant le début des négociations.
La priorité, selon la chancelière, sera "de donner une impulsion à l'avenir" en encourageant notamment les investissements à long terme.
La réunion des chefs de file du parti chrétien-démocrate (CDU), chrétien-social (CSU) et social-démocrate (SPD), intervient après l'annonce dimanche soir d'un premier accord entre les partis conservateurs, CDU et CSU, de la coalition.
Ce plan, qui ne serait pas annoncé avant mi-janvier, devrait s'élever "à environ 50 milliards d'euros" sur deux ans, a affirmé lundi à la télévision ARD le chef de file du groupe parlementaire CDU, Volker Kauder.
Des dépenses supplémentaires de l'ordre de 25 milliards par an permettraient à l'Allemagne de respecter les règles de l'Union européenne en matière de déficit budgétaire maximum de 3% du produit national brut, selon M. Kauder.
"Nous devrions pouvoir trouver un accord avec le SPD", a-t-il par ailleurs estimé. Partenaire de la "grande coalition", le SPD espère néanmoins ravir la chancellerie aux conservateurs en septembre au terme d'une année riche en élections locales, nationales et européenne.
Les négociations sur le second plan de relance interviennent alors que Mme Merkel, qualifiée par certains médias en Allemagne comme à l'étranger de "chancelière timorée" ou "Mme Non", est accusée de faire trop peu pour endiguer la crise.
Un premier plan, adopté en novembre et représentant un effort budgétaire de 12 milliards d'euros pour un impact attendu de 31 milliards d'euros, a jusqu'à présent été jugé insuffisant par de nombreux experts et élus en Allemagne.
Les partenaires européens de l'Allemagne ont déjà annoncé une série de plans de relance, et les Etats-Unis devraient faire de même après l'investiture le 20 janvier du nouveau président Barack Obama.
Le quotidien économique allemand Handelsblatt a accusé lundi Mme Merkel de pratiquer "depuis trop longtemps une politique de petits pas" en matière de relance.
"Il n'est donc pas surprenant que (le premier ministre britannique Gordon) Brown et (le président français Nicolas) Sarkozy se soient rencontrés sans la chancelière de la principale économie nationale européenne pour discuter de mesures à prendre face à la pire récession de l'après-guerre", a affirmé le journal faisant allusion à une réunion en décembre à laquelle Mme Merkel n'avait pas été conviée.
La chancelière, une physicienne de formation qui n'apparait pas toujours à l'aise lors de discussions économiques, n'a eu de cesse ces dernières semaines de mettre en garde contre un endettement excessif de l'Etat pour lutter contre la récession.
Un des principaux succès de Mme Merkel, qui briguera sa propre succession après les élections générales de septembre, a justement été de résorber le déficit budgétaire du pays.
Dimanche soir, les représentants de la CDU et de la CSU ont annoncé, au terme de cinq heures de discussions, s'être mis d'accord sur un projet de relance comprenant des baisses d'impôts pour les particuliers, une demande prioritaire pour les chrétiens-sociaux bavarois.
Le SPD, pour sa part, a présenté dimanche une proposition d'un montant de 40 milliards d'euros prévoyant, outre des investissements dans les infrastructures municipales, une prime pour les foyers avec enfants, une baisse des cotisations à l'assurance maladie et des primes à la casse pour les voitures polluantes.

