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Fin de séance du 03 jui 2009
Tarif : 1€35/appel puis 0€34/min
Violents combats à Gaza, Israël rejette les appels à une trêve
De très violents combats ont éclaté lundi pour la première fois dans la ville de Gaza entre soldats israéliens et combattants palestiniens, Israël rejetant les appels à un arrêt de son offensive militaire qui a coûté la vie en dix jours à au moins 555 Palestiniens.L'inquiétude grandissait face au risque d'une aggravation de la crise humanitaire dans ce territoire pauvre et surpeuplé, où l'offensive israélienne a entraîné des coupures d'électricité et des communications, et une grave pénurie de denrées alimentaires, selon des agences de l'ONU.
Selon des témoins, des dizaines de combattants des groupes islamistes Hamas et Jihad islamique affrontaient en soirée les soldats dans les quartiers-est de Choujaïya et Zeitoun, dans la ville de Gaza encerclée par les chars, pour la première fois depuis le début de la phase terrestre samedi.
La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a affirmé dans un communiqué avoir tué "10 soldats" et blessé 30 autres. L'armée israélienne s'est refusée a tout commentaire.
L'artillerie israélienne a dans le même temps pilonné massivement plusieurs positions à Gaza, où des hélicoptères menaient des attaques.
Une source militaire israélienne a confirmé que des soldats menaient des combats acharnés dans Gaza-ville, alors que des dizaines de membres du Hamas ont été faits prisonniers par l'armée israélienne dans le territoire.
D'autres affrontements ont été signalés près des localités de Jabaliya et Beit Lahya (nord) et l'armée israélienne a renforcé son contrôle aux portes de plusieurs agglomérations du territoire exigu de 362 km2, qui se retrouve coupé en deux.
Lundi, 50 Palestiniens, dont 13 enfants, ont été tués, portant à 555 le nombre de Palestiniens morts, dont de nombreux civils, depuis le lancement de l'offensive le 27 décembre, selon le chef des services d'urgence de Gaza, Mouawiya Hassanein. 2.700 ont été blessés.
La situation humanitaire continuait entre-temps d'empirer pour les 1,5 million d'habitants de la bande de Gaza, la plupart des secteurs étant privés d'électricité et souffrant d'importantes pénuries d'eau courante, de nourriture et de carburants.
Selon le Comité international de la Croix-Rouge, des blessés meurent à Gaza en attendant des ambulances qui ne peuvent pas les approcher à cause des combats et "un demi-million de personnes sont menacées d'être totalement privées d'eau".
Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés a demandé l'ouverture des frontières pour permettre aux Palestiniens le souhaitant de quitter Gaza.
"La situation est très difficile. Nous avons peur pour nos enfants. Tous nos voisins ont quitté leur maison", a affirmé Abou Jamal Khalifa, du quartier Al-Zeitoun.
En outre, l'hypothermie menace les nourrissons en raison de l'absence de chauffage alors que les températures sont proches de zéro degré la nuit, a averti l'organisation britannique Save the Children.
Malgré l'offensive, les activistes palestiniens ont continué à tirer des roquettes sur le sud d'Israël, où 32 engins sont tombés, faisant quatre blessés légers.
Quatre Israéliens sont morts dans ces tirs depuis le 27 décembre.
Selon l'armée israélienne, un soldat a été tué et 55 autres ont été blessés dans l'opération terrestre.
En dépit des morts et des destructions, le plus influent chef du Hamas à Gaza, Mahmoud al-Zahar, a affirmé que "la victoire arrive grâce à Dieu", et la branche militaire du mouvement a affirmé que des "milliers" de combattants étaient prêts à affronter les soldats dans les rues.
Le Hamas a par ailleurs envoyé une délégation au Caire pour discuter des moyens d'arrêter la guerre.
Malgré les pressions internationales, la chef de la diplomatie israélienne Tzipi Livni a douché les espoirs d'une imminente cessation des hostilités, en affirmant qu'Israël était déterminé à réaliser les objectifs de sa campagne, dont le but déclaré est de faire cesser les tirs de roquettes.
"Nous combattons le terrorisme et nous ne passerons pas d'accord avec le terrorisme" a-t-elle affirmé, en référence au Hamas qui contrôle Gaza depuis juin 2007. La veille, le Premier ministre sortant Ehud Olmert avait refusé une trêve.
Le président français Nicolas Sarkozy, après un entretien avec le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah en Cisjordanie, a affirmé qu'il dirait "en toute franchise" aux dirigeants israéliens à Jérusalem que "les violences doivent cesser".
Il a aussi accusé le Hamas d'avoir agi de "façon irresponsable et impardonnable" en décidant de ne pas renouveler la trêve et en reprenant les tirs de roquettes contre Israël.
Le Hamas l'a accusé en retour de "partialité totale" en faveur d'Israël.
M. Abbas a appelé à la fin "immédiate et sans condition" de l'offensive avant de se rendre à l'ONU à New York mardi, où les Etats arabes vont proposer un nouveau projet de résolution au Conseil de sécurité afin d'obtenir un cessez-le-feu durable à Gaza.
Mais à Washington, le président George W. Bush a maintenu son soutien au grand allié israélien en rejetant tout cessez-le-feu qui ne serait pas assorti de conditions garantissant la sécurité d'Israël.
Le président élu américain Barack Obama s'est dit lui profondément préoccupé par la crise, tout en soulignant à nouveau qu'il ne voulait pas intervenir dans "des négociations délicates" menées par l'administration sortante.
Enfin, la Mauritanie, l'un des rares pays arabes à avoir des relations avec l'Etat hébreu, a décidé de rappeler son ambassadeur en Israël.

