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Gaza: 660 Palestiniens tués en 11 jours, raids meurtriers contre des écoles

Article du 07/01/2009
L'armée israélienne a intensifié mardi ses bombardements contre la bande de Gaza, frappant trois écoles de l'ONU où au moins 40 Palestiniens ont péri, Israël persistant dans son refus d'un arrêt de l'offensive malgré la multiplication des appels à une trêve.

Israël va ouvrir un couloir humanitaire dans la bande de Gaza, a annoncé le bureau du Premier ministre israélien Ehud Olmert tôt mercredi.

Dans la soirée, le président égyptien Hosni Moubarak avait annoncé avoir invité Israéliens et Palestiniens à une réunion d'urgence pour tenter de mettre fin à la guerre.

L'offensive israélienne a coûté la vie à au moins 660 Palestiniens et fait plus de 2.950 blessés depuis son lancement le 27 décembre, selon les services d'urgence palestiniens.

Les agences onusiennes et les organisations humanitaires ont dénoncé une crise humanitaire "totale" dans ce territoire pauvre et surpeuplé, où la population est prise au piège sans possibilité de fuir alors que l'aide d'urgence est entravée par les combats incessants.

Les combats entre activistes palestiniens et soldats israéliens se sont poursuivis à Gaza-ville, dans les quartiers de Zeitoun, Choujaïya et Touffah à l'extrémité de Gaza-ville, mais aussi dans les zones urbaines du nord et du sud du territoire.

Trois écoles gérées par l'agence de l'ONU d'aide aux réfugiés (Unrwa), où des dizaines de civils s'étaient réfugiés pour fuir les combats, ont été bombardées.

L'attaque la plus meurtrière, menée à Jabaliya (nord), a coûté la vie à 43 Palestiniens, selon les services d'urgences palestiniens. L'ONU, dans un communiqué, a fait état de 30 morts et 55 blessés.

Cinq autres personnes ont trouvé la mort dans des attaques contre deux écoles de l'ONU à Gaza et Khan Younès (sud), alors qu'au moins 12 membres d'un même clan familial, dont sept enfants, ont péri dans le bombardement de leur maison à Gaza, selon des sources médicales.

S'agissant du bombardement à Jabaliya, le gouvernement israélien a affirmé que ses forces avaient riposté à des tirs d'obus depuis l'école. Et l'armée a affirmé ne pas viser les populations civiles. Mais, a-t-elle ajouté, "le Hamas a disposé des installations militaires, et des dépôts d'armes dans des zones civiles".

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a qualifié de "totalement inacceptables" les attaques contre les écoles, dont les emplacements "avaient été communiqués aux autorités israéliennes".

"L'attaque contre l'école de l'ONU montre que la guerre n'est pas dirigée contre le Hamas mais contre tout le peuple palestinien", a déclaré de son côté le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, dont le mouvement contrôle Gaza.

Le chef des opérations de l'Unrwa à Gaza John Ging a qualifié la situation de "tragédie horrible". "Tout le monde est terrorisé et traumatisé car il n'y a plus de refuge pour fuir les violences".

"Nous avons affaire à une crise totale (...) d'un point de vue humanitaire", a dit un haut responsable du Comité international de la Croix-Rouge, Pierre Kraehenbuehl, l'offensive ayant provoqué une grave pénurie de denrées, de carburant et d'eau courante ainsi que des coupures électriques.

Malgré les appels internationaux à un cessez-le-feu, Israël a maintenu son refus de cesser les opérations, soutenu par son allié américain qui réclame un "cessez-le-feu durable", comprenant un arrêt définitif des tirs de roquettes.

"Que les actes de terrorisme cessent, que cesse la contrebande d'armes du Sinaï (égyptien) vers Gaza, et les combats israéliens cesseront", a dit le Premier ministre sortant Ehud Olmert.

Mais au 11e jour de l'offensive, 34 roquettes ont encore été tirées depuis la bande de Gaza sur le sud d'Israël, selon l'armée. L'une d'elle est pour la première fois tombée à plus de 45 km au nord-est du territoire palestinien, sur Gedera, blessant un nourrisson.

Quatre Israéliens sont morts dans ces tirs depuis le 27 décembre.

Dans la bande de Gaza, six militaires israéliens ont été tués depuis l'offensive terrestre samedi, dont quatre par des "tirs amis".

L'armée a affirmé avoir tué 130 combattants du Hamas depuis samedi.

"Nous avons lancé cette opération pour asséner un coup dur au Hamas, changer les conditions de vie dans le sud d'Israël, apporter le calme et la sécurité aux citoyens et stopper la contrebande d'armes vers Gaza", a affirmé le ministre israélien de la Défense Ehud Barak.

A Charm el-Cheikh (Egypte), M. Moubarak a lancé un appel aux deux parties pour "aboutir à des accords et garanties" sur la bande de Gaza pour "faire cesser l'escalade actuelle".

Les garanties devraient inclure "la sécurisation des frontières", "l'ouverture des points de passage frontaliers et la levée du siège" dans la bande de Gaza, a dit M. Moubarak, à l'issue d'un sommet avec son homologue français Nicolas Sarkozy.

M. Sarkozy, qui s'était rendu plus tôt à Damas et au Liban, a appelé la Syrie à "peser" sur son allié Hamas pour favoriser un arrêt des combats.

Enfin, le numéro 2 d'Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri, a appelé les musulmans à "s'attaquer aux intérêts occidentaux et israéliens n'importe où", en riposte à Israël, dont il a qualifié l'offensive de "campagne de l'Occident contre l'islam". Il a en outre accusé le président américain élu Barack Obama de "complicité".


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