Appels pressants des pays arabes au Conseil de sécurité de l'Onu
Article du 07/01/2009
Le Conseil de sécurité de l'ONU a entendu mardi des appels pressants, notamment de la part des pays arabes, à agir en vue d'obtenir la fin du conflit à Gaza, tandis que l'action diplomatique sur le terrain laissait entrevoir une percée.
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a demandé au Conseil d'appeler à une "fin immédiate et complète de l'agression israélienne" dans la bande de Gaza et à la levée du "siège suffocant" du territoire.
"J'appelle le Conseil à faire le premier pas nécessaire pour sauver mon peuple à Gaza: une résolution appelant à la fin immédiate et totale de l'agression israélienne," a-t-il dit, au 11e jour de l'offensive israélienne qui a causé la mort d'au moins 660 Palestiniens à Gaza, selon des sources médicales palestiniennes. "Mettez fin à ce génocide et à ces destructions," a-t-il lancé. "Faites cesser le massacre de mon peuple. Laissez-le vivre et être libre", a-t-il ajouté.
Son appel a donné le ton d'un débat au niveau ministériel, réuni autour du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, dont le pays assure ce mois-ci la présidence du Conseil de sécurité.
La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband, plusieurs ministres arabes et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, ont participé à ce débat d'environ quatre heures, qui était limité aux 15 membres du Conseil et à tous les pays de la région.
Mercredi, ce débat doit reprendre, cette fois ouvert à tous les Etats membres de l'ONU qui souhaiteront y participer.
Pendant la discussion, la Libye, seul membre arabe du Conseil, a mis en circulation un projet de résolution appelant à "un cessez-le-feu immédiat et permanent dans la bande de Gaza", et à "la cessation de toutes les activités militaires et des violences, y compris les opérations militaires israéliennes et les tirs de roquettes". Le texte demande également la levée immédiate du blocus et la réouverture des points de passage entre Gaza et Israël et entre Gaza et l'Egypte. Il demande qu'Israël assure le libre accès de l'aide humanitaire.
Le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelrahmane Chalgam, a fait part de son souhait de mettre ce texte au vote mercredi. Dans ce cas, le sort de ce projet, qui n'a fait l'objet d'aucune négociation préalable, était très incertain, selon des diplomates, pour deux raisons. D'une part, les Etats-Unis, protecteurs des intérêts d'Israël au Conseil, ne souhaitent pas que son allié soit mis en demeure de cesser son opération militaire par une résolution de l'ONU.
D'autre part, le président français Nicolas Sarkozy, qui vient d'effectuer une médiation diplomatique au Proche-Orient, a indiqué ne pas souhaiter de résolution "hâtive". La France, en tant que président du Conseil de sécurité, "demande que, tant que des discussions ont lieu entre les parties concernées, on ne se hâte pas à obtenir une résolution qui compliquerait la tâche", a dit M. Sarkozy à l'issue d'une rencontre avec le président égyptien Hosni Moubarak à Charm el-Cheikh.
M. Moubarak a annoncé que son pays invitait "Israéliens et Palestiniens à une réunion urgente" pour négocier des accords et des garanties sur la bande de Gaza. Il a en outre proposé un "cessez-le-feu" qui permettrait à l'aide humanitaire d'être acheminée dans la bande de Gaza.
Peu après, le bureau du Premier ministre israélien Ehud Olmert a annoncé qu'Israël allait ouvrir un couloir humanitaire dans la bande de Gaza.
Jusqu'à la rencontre Sarkozy-Moubarak, la France avait travaillé, avec les Etats arabes, à la rédaction d'une résolution, qui devait s'articuler autour de cinq idées: cessez-le-feu immédiat, accès de l'aide humanitaire, protection des civils, reprise du processus de paix et mise en place d'un mécanisme de suivi de la trêve et du cessez-le-feu.