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Article du 07/01/2009

L'Egypte attend une réponse officielle d'Israël à son initiative sur Gaza

L'Egypte, en pointe sur le front diplomatique, attend mercredi d'Israël une réponse officielle à son invitation à mettre fin à la guerre de Gaza en concluant une trêve durable avec le Hamas.

Le président égyptien Hosni Moubarak a proposé un plan de sortie de crise en trois points mardi soir, après un sommet avec son homologue français Nicolas Sarkozy à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge.

Mais le président israélien Shimon Peres, dans une première réaction, a estimé mercredi que les propositions n'étaient pas suffisantes pour aboutir à un cessez-le-feu immédiat.

"Nous apprécions beaucoup la position de l'Egypte. Nous allons étudier ce que l'Egypte propose", a-t-il déclaré à la chaîne britannique Sky News depuis Jérusalem. "Nous avons maintenant l'idée générale. Nous devons regarder les détails parce que malheureusement cela dépend de comment ça va être organisé. Mais ce qui est sur le papier n'est pas suffisant pour changer la situation", a-t-il ajouté.

Israël a accédé tôt mercredi à la demande égyptienne d'un couloir humanitaire à Gaza permettant l'acheminement de l'aide, et l'armée israélienne a annoncé qu'elle allait cesser ses bombardements à Gaza chaque jour pendant trois heures, de 11H00 GMT à 14H00 GMT.

Cette courte parenthèse humanitaire ne correspond toutefois pas à l'appel égyptien à une cessation immédiate des hostilités.

Le plan égyptien prévoit "un cessez-le-feu immédiat pour une période limitée", permettant l'établissement de couloirs humanitaires et laissant le temps à l'Egypte d'oeuvrer pour un cessez-le-feu "global et définitif".

Il appelle également à une réunion d'urgence en Egypte avec Israéliens et Palestiniens, en présence de représentants de l'Union européenne et d'"autres parties", pour parvenir à "des engagements et des garanties". Ces garanties devraient inclure "la sécurisation des frontières", ce qu'exige Israël, "l'ouverture des points de passage frontaliers et la levée du siège" de la bande de Gaza, comme le réclament les Palestiniens.

Il invite enfin les factions palestiniennes rivales, notamment le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas et le Hamas, à reprendre leurs pourparlers de réconciliation.

Pour l'Egypte, a indiqué à l'AFP un diplomate de haut rang qui a requis l'anonymat, il ne s'agit pas d'un retour au statu quo d'avant la crise, dans la mesure où l'accord de trêve comporterait garanties et mécanismes d'observation non prévus auparavant.

Négociée par l'entremise de l'Egypte, la trêve de six mois entre le Hamas et Israël, qui s'est achevée le 19 décembre, "était un gentlemen's agreement non acté par écrit et qui n'a pas été respecté par les deux parties".

D'après ce diplomate, le concept de l'initiative est le même, sans opération israélienne ni tirs palestiniens de roquettes, mais "il faut désormais un accord clair, avec engagement, garanties et contrôle".

Selon la chaîne satellitaire Al-Arabiya, reprise par le quotidien pro-gouvernemental égyptien Al-Ahram, le Hamas a indiqué que le plan égyptien "méritait d'être étudié".

D'après l'Elysée, avec qui l'Egypte a étroitement collaboré pour l'élaboration de l'initiative, "il pourrait y avoir un accord sous quatre à cinq jours sur l'imperméabilité des frontières", ce qui "pourrait conduire à un retrait sous huit jours" de l'armée israélienne de la bande de Gaza.

Pour Nicolas Sarkozy, "la proposition égyptienne a ceci d'important que personne n'est humilié, que personne ne perd la face, que ce n'est pas un retour au statu quo ante puisque les Egyptiens sont prêts à travailler sur la sécurité aux frontières, puisqu'une pression est faite pour qu'il n'y ait plus de roquettes qui partent de Gaza".

Le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana, a dit espérer que l'initiative égyptienne porterait "ses fruits dans les prochaines heures".



 
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