DOSSIER Les vacances du président : A Brégancon, le fort est vide
Article du 17/08/2007
La rupture. Ce leitmotiv de campagne électorale, le nouveau président français l’a même mis en œuvre dans le choix de son lieu de villégiature. Pour ses premières vacances estivales depuis son élection à l’Élysée, Nicolas Sarkozy a choisi de bouder le Fort de Brégançon. Et a mis le cap sur les Etats-Unis.
A Bormes-les-Mimosas du coup, la vie est plus calme. Lors des précédents séjours des présidents français, les Varois avaient pris l’habitude de voir badauds et paparazzi se bousculer pour tenter d’apercevoir le Chef d’Etat. 2007 ne serait pas de ce cru là, dans une région qui n’est pas réputée que pour son Fort, ses plages et son soleil et qui possède quelques hectares de vignobles méditerranéens.
Le Fort de Brégançon n’est pas une invention de la Ve République. Sur un îlot rocheux de 35 mètres d’altitude qui fut, pendant de longs siècles, séparé de quelques brasses de la côte méditerranéenne, la première ne forteresse date de l’installation des Ligures en Provence (118 avant Jésus-Christ). Elle permettait alors de surveiller les rades de Hyères et de Toulon.
Entre le XIème siècle et XVIe siècle, la place forte de Brégançon changea maintes fois de propriétaires et de nationalité.
Plus proche de nous, Bonaparte fit une halte dans ce fort et, en 1973, ce dernier prit un caractère plus militaire et défensif.
Déclassé en 1919, bien délabré, le fort fut ensuite loué par l’Etat jusqu’à l’expiration du bail en 1963.
Et c’est le Général de Gaulle qui lui conférera une nouvelle heure de gloire en se rendant l’année suivant aux cérémonies du 20ème anniversaire du débarquement allié en Provence. Il fallait lui trouver un couchage. Le Fort de Brégançon fut hâtivement aménagé pour la circonstance.
Depuis 1968, le Fort est une résidence officielle du Président de la République, comme le sont également, l’Hôtel de Marigny à Paris, le Château de Rambouillet, le Domaine national de Marly et le Domaine de Souzy-la-Briche.
Depuis, les Présidents de la Ve République s’y sont succédés : Pompidou et son épouse, durant les étés 1970 et 1971 notamment ; Valéry Giscard d’Estaing qui y passait deux jours à la Pentecôte et un week-end l’hiver ; le couple Chirac durant l’été et lors des vacances de Pâques.
Le Fort de Brégançon a même servi de cadre pour la célèbre interview de VGE à l’approche des élections législatives de 1978. Et le chancelier allemand Helmut Kohl et le président algérien Abd El-Aziz Bouteflika y furent reçus respectivement par François Mitterrand en août 1985 et Jacques Chirac en août 2004.
Cette année, si le nouveau Président français n’a pas choisi la côte varoise pour ses vacances estivales, il y a en revanche séjourné le 18 mai dernier, deux jours après son intronisation à la tête de l’Etat.
Une autre manière de s’approprier ce symbole étatique.