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Article du 23/08/2007

Livres : Une "rentrée littéraire" bien chargée

Chaque année, c’est la bataille du nombre. A se demander si l’intérêt repose davantage sur la quantité d’ouvrages qui sortira à l’occasion de la rentrée littéraire que sur la qualité des feuilles proposées.
Le cru 2007 s’annonce donc bon, du moins en terme d’exemplaires : 727 romans français et étrangers - soit 43 de plus que l’an dernier - arrivent en librairie pour la rentrée littéraire. Soit quelques milliers de tonnes de papier à l’heure où les matières premières se renchérissent et où les écoliers vont devoir débourser plus pour leurs cahiers de devoirs.
Les auteurs, en herbe ou déjà bien installés dans le paysage littéraire français, ont eux déjà rendu leurs copies donc. Et parmi les 493 romans français, le cru 2007 voit s’affirmer une génération d’auteurs exigeants au côté des éternels « poids-lourds » de l’édition.
Les lecteurs assidus vont donc pouvoir se confronter aux lignes de Yasmina Reza, auteur vedette de pièces de théâtre traduites dans plus de 35 langues, dans « L’aube, le soir ou la nuit » (Flammarion), un roman-reportage sur la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, qu’elle a suivi pendant près d’un an. Un texte annoncé comme « très littéraire » - c’est à dire, en course pour les prix de l’automne - tiré d’emblée à 100 000 exemplaires.
Tout aussi politique, le septième ouvrage d’Olivier Adam, « A l’abri de rien » (L’Olivier), une plongée dans la misère des réfugiés de Sangatte, auxquels Marie, jeune femme un peu perdue, décide de porter secours.
Dans « Fin de l'histoire » (Verticales), François Bégaudeau évoque la détention de Florence Aubenas. Benoît Duteurtre, observateur malicieux de la société, décrit un monde ultra-sécurisé dans « La cité heureuse » (Fayard). Eric Reinhardt s’attaque à la classe moyenne dans « Cendrillon » (Stock).
Autant de sujets qui trouvent et trouveront sans problème une résonance dans notre actualité hexagonale.
A condition que ces ouvrages ne soient pas cannibalisés par une concentration massive des sorties en quelques semaines, comme ont pu les années précédentes déjà le regretter certains éditeurs. L’année dernière, le succès foudroyant des « Bienveillantes » de Jonathan Littell avait monopolisé les ventes et l’attention des lecteurs.
Pourtant – et heureusement - cette forêt de livres ne décourage pas les écrivains débutants, âgés cette année de 15 à 93 ans : 102 premiers romans sont annoncés d’ici octobre et si les « grandes » maisons d’édition limitent les sorties, de nouvelles entrent chaque année dans la course.
Enfin, pas de rentrée sans Amélie Nothomb : 16 romans en 15 ans. Dans « Ni d’Eve ni d’Adam » (Albin Michel), la Nothomb retourne au Japon, où elle avait déjà situé l’action de l’un de ses meilleurs livres, « Stupeur et tremblements » (Grand prix du roman de l'Académie française).
Pierre Assouline (« Le portrait », Gallimard), Dominique Schneidre (« Ce qu’en dit James », Seuil) ou Jean Hatzfeld (« La stratégie des antilopes », Seuil) comptent également parmi les pointures de la rentrée.
Et les frères Poivre d’Arvor pointent, à nouveau, la tête à l’approche de la saison des prix (« J’ai tant rêvé de toi », Albin Michel).
Loin de la course aux prix littéraires, Patrick Modiano plonge les lecteurs dans le Paris des années 1960 avec « Dans le café de la jeunesse perdue » (Gallimard), et Philippe Sollers a intitulé ses mémoires... « Un vrai roman » (Plon).
La littérature étrangère arrive également en force. Avec pour têtes d'affiche, Norman Mailer, auteur d’une « biographie romancée d’Hitler » (« Un château en forêt »,Plon) ou Günter Grass, avec « Pelures d’oignon » (Seuil), ses souvenirs de jeunesse qui ont fait scandale en 2006 lors de leur sortie en Allemagne.


Francebourse.com – Alexandra Voinchet, avec AFP

 
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