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Ouverture du 21 nov 2008
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Education nationale : 11 200 suppressions de postes
La rentrée s’annonce tendue. Un bras de fer risque une fois de plus de se jouer entre le gouvernement et les fonctionnaires de l’Education nationale. En cause, le nombre très attendu de suppressions de postes en 2008 : 11 200, en majorité des enseignants, a indiqué le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos à Paris Match dans une interview à paraître jeudi.Dans l’enseignement, le gouvernement compte sur le non remplacement à la retraite d’un fonctionnaire sur trois. Fin juillet, le Premier ministre François Fillon avait annoncé le chiffre de 22 700 départs non remplacés dans toute la fonction publique. Et au total, l'Education nationale, qui représente à peu près la moitié de la fonction publique soit 1 115 000 fonctionnaires, « participera pour moitié à l'allègement » prévu, a indiqué Xavier Darcos.
Dans le détail, de source syndicale, ces suppressions concerneront pour l'essentiel les enseignants : sur les 9 800 emplois qui disparaîtront dans le public, seuls 400 fonctionnaires administratifs (sur 285 000 postes) ne seront pas remplacés. Ce sont les collèges et lycées qui paieront le plus lourd tribut avec, de même source, 9 430 enseignants en moins à la rentrée 2008. Dans le primaire en revanche, le ministre assure qu' « environ 1 000 » postes seront créés chaque année pour compenser la hausse du nombre d'élèves.
Depuis deux mois, la question des non-remplacements de départs à la retraite a donné lieu à diverses hypothèses. Xavier Darcos avait avancé le 28 juin le chiffre de 10 000. Une source à Bercy, citée par Les Echos le 4 juillet, avait parlé de 17 000. Les syndicats s'attendaient à un chiffre compris entre 10 000 et 15 000.
Par ailleurs, l'entourage de Xavier Darcos a précisé mercredi que les 6 000 « créations d'emplois » annoncées par François Fillon le 31 juillet, pour répondre à des « nouveaux besoins » (dédoublement des classes de langues vivantes en terminale, accueil des enfants handicapés, ...) correspondaient en fait à des « redéploiements internes » et ne peuvent donc être déduits des 11 200 suppressions.
800 millions d'euros d'économies annuelles
Par ces non-remplacements de départ à la retraite de fonctionnaires, le gouvernement a estimé à près de 800 millions d'euros les économies par an pour le budget de l'Etat. Et conformément aux engagements de campagne de Nicolas Sarkozy, la moitié des économies réalisées devrait être affectée à la revalorisation des carrières.
Des arguments qui ne suffisent pas à convaincre les syndicats de l’Education nationale, toujours sur le pied de guerre.
« Il ne s'agit pas de crier "cocorico". Quand on nous promet 50 coups de fouets et qu'on n'en prend que 30, on ne remercie pas le bourreau! », a déclaré Daniel Robin, secrétaire général du Snes-FSU (majoritaire dans le secondaire).
« Cela pourrait paraître un moindre mal par rapport à la fourchette haute (17.000) évoquée, mais 11 000, c'est quand même une régression jamais vue dans l'Education nationale, cela correspond, en une fois, au total des suppressions mises en oeuvre entre 2004 et 2007 », a pour sa part commenté Luc Bérille (SE-Unsa).
Mi-juillet, cinq fédérations de l'Education - FSU, UNSA Education, SGEN-CFDT, FERC-CGT, FAEN - avaient déjà réagi, appelant « à réunir les conditions d’une mobilisation de grande ampleur dans le courant du premier trimestre de l'année scolaire 2007-2008 ».
Elles entendent associer à leur mouvement parents d'élèves, lycéens et étudiants, qu'elles rencontrent à la fin du mois. Une nouvelle intersyndicale devrait se réunir à la mi-septembre.
Francebourse.com – Manuelle Tilly, avec AFP

