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Audiotel
0899 70 24 42
Ouverture du 21 nov 2008
Tarif : 1€35/appel puis 0€34/min
Irak : Un retrait limité des forces militaires américaines
Bilan de cette semaine de réflexion stratégique sur le déploiement des forces militaires américaines en Irak : George W. Bush a annoncé hier dans une allocution télévisée à une heure de grande écoute un retrait militaire limité d’ici à juillet 2008.
Le président américain valide donc les propositions du général commandant les troupes étrangères en Irak, David Petraeus, qui, selon le Pentagone, reviennent à réduire le contingent d’au moins 21 500 hommes.
Le désengagement commencerait avec le non-remplacement de 2 200 Marines censés quitter la province d’Al-Anbar en septembre. D’ici à Noël, 5 700 soldats partiraient. Et d’ici à juillet 2008, le nombre de brigades de combat passerait de 20 à 15.
Cela ne ferait que ramener les effectifs à un niveau proche de ce qu’ils étaient en janvier 2007, avant que George Bush ne passe outre les attentes des Américains et ne décide de l’envoi de près de 30 000 hommes supplémentaires en Irak avec pour mission de rétablir un pays au bord du chaos.
Actuellement, il y a environ 168 000 soldats américains en Irak.
L’hôte de la Maison Blanche a dit que la mission des Américains évoluerait après décembre pour se concentrer sur la lutte antiterroriste, l'entraînement et le soutien des forces irakiennes.
Passage de relais
Au final, la stratégie de George Bush laisse son successeur, après janvier 2009, achever une guerre qu’il a déclarée et dont les Américains se lassent de plus en plus. De fait, il risque de rester encore plus de 100 000 hommes en Irak six mois avant la fin de sa présidence.
Car ce retrait n’exclue pas pour l’heure un engagement militaire, politique et économique « durable » des Etats-Unis en Irak au-delà de la présidence Bush.
D’autres retraits sont toutefois possibles : « Plus grande sera notre réussite, plus grand sera le nombre de soldats américains qui pourront rentrer à la maison », tout autre retrait dépendant de la situation en Irak. Le général Petraeus et l’ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Ryan Crocker, rendront à nouveau compte en mars de la situation en Irak avant d’éventuelles nouvelles réductions d’effectifs.
Pour ses adversaires démocrates et les militants antiguerre, indignés, le président souscrit à une mission « sans fin ». Pour les démocrates, George Bush assiste un gouvernement irakien qui refuse de faire le nécessaire pour que cesse la violence.
Petite réponse à cette critique : George Bush a admis les manquements du gouvernement de Nouri al-Maliki. Il a opposé aux carences du gouvernement national les réussites locales. Il a argué des progrès dans la province d’Al-Anbar, où le principal allié sunnite des Américains dans la lutte contre Al-Qaïda a pourtant été assassiné hier, mais aussi à Bagdad, dans la province de Diyala et contre les extrémistes chiites soutenus, selon lui, par l’Iran
Enfin, quatre ans et demi après l’invasion, les Américains voient que l’Irak, en proie à la violence, au communautarisme et à la corruption, est loin du modèle que leur président promettait pour le Proche-Orient, que la guerre a coûté la vie à plus de 3 750 des leurs et qu’elle a englouti des centaines de milliards de dollars.
Environ 60 % d’entre eux estiment que la guerre était une erreur ou ne valait pas la peine d’être livrée, ont indiqué des sondages en septembre.
Francebourse.com – Alexandra Voinchet, avec AFP

