Bourse: redémarrage prudent en Europe, Wall Street toujours inquiet
Article du 08/02/2010
Après une mini-panique jeudi et vendredi liée à l'endettement de la Grèce, de l'Espagne et du Portugal, les Bourses européennes affichaient un redémarrage prudent lundi, sans entraîner dans leur sillage Wall Street, qui a ouvert en en baisse alors que Tokyo a clôturé en recul.
Les Bourses de Paris, Francfort et Londres, qui ont démarré en hausse, grâce à des chasses aux bonnes affaires, résistaient à la mi-journée, mais avec des gains en partie entamés: vers 14H30 GMT, l'indice CAC-40 à Paris affichait +0,48%, le DAX à Francfort +0,54% et le Footsie-100 à Londres +0,13%.
Autre facteur qui confortait les marchés européens, l'euro semblait avoir enrayé sa dégringolade face au dollar et se stabilisait autour de 1,37 dollar.
Victime de ventes massives en raison des déficits publics en zone euro, la monnaie unique européenne était tombée vendredi à son plus bas face au dollar depuis mai --jusqu'à 1,3586 en séance- et face au yen depuis avril.
A Tokyo, la Bourse a clôturé en baisse de 1,05%, l'indice Nikkei terminant à 9.951,82 points, sous les 10.000 points pour la première fois depuis le 10 décembre. Recul également à Shanghai (-0,14%) et Hong Kong (-0,58%).
A New York, la Bourse a ouvert en légère baisse, dans un marché toujours morose et méfiant vis-à-vis des difficultés budgétaires des pays du sud de la zone euro: le Dow Jones perdait 0,46% et le Nasdaq 0,25%.
Depuis plusieurs jours, observateurs et analystes s'inquiètent en effet de l'état des finances publiques de l'Espagne et du Portugal, agitant l'épouvantail de la Grèce, dont les déficits et la dette publics sont si élevés que la Commission européenne a décidé mercredi de placer le pays sous une quasi-tutelle.
Un plan de crise qui ne semblait pas du goût du syndicat des fonctionnaires grecs (Adedy) qui a sonné la mobilisation contre les "sacrifices injustes et inefficaces", à deux jours de la première grève nationale du secteur public contre cette cure de rigueur.
Côté espagnol, le ministère de l'Economie a annoncé la réduction de 34% en 2010 du volume de ses émissions obligataires, à un total de 76,8 milliards d'euros.
La confiance affichée par les pays européens membres du G7, réunis ce week-end au Canada, dans la capacité de la Grèce à affronter sa pire crise financière depuis trente ans, n'a pas rassuré tous les marchés.
L'agence Fitch se montrait elle optimiste lundi et assurait qu'il n'y avait pas de risque de "contagion" à d'autres pays de la zone euro de cette crise qui secoue les trois pays du sud du continent.
Un espoir alimenté en outre par des "rumeurs d'un plan de sauvetage imminent de l'UE, qui devrait procurer un peu de stabilité aux marchés", a expliqué Arifa Sheikh-Usmani, de la maison de courtage Spreadex.
Mais les analystes restent pourtant méfiants pour les semaines qui viennent, surtout au Japon, par ailleurs affecté par les déboires de ses groupes historiques Japan Airlines et Toyota.
"La principale inquiétude du marché est la situation budgétaire en Europe, et ce problème ne va pas se résoudre du jour au lendemain", a commenté Tsuyoshi Kawata, stratège chez Nikko Cordial.
"Une tendance baissière, au-delà d'un éventuel rebond technique à court terme toujours possible, semble s'être mise en place sur les marchés actions", a renchéri Christian Parisot, économiste chez Aurel, à Paris.
Si les marchés anticipent durablement des politiques d'austérité, "la croissance des prochaines années devrait être révisée à la baisse avec une hausse de la fiscalité ou un recul des dépenses des Etats", ajoute-t-il.
Vendredi, la Bourse de Paris avait chuté à son plus bas depuis début septembre 2009.
Mais Wall Street, qui avait accusé jeudi sa plus forte chute depuis juillet, avait clôturé vendredi en légère hausse (+0,10% pour le Dow Jones), un rebond précurseur de celui que connaissaient les Bourses européennes ce lundi.