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Les PME françaises ne voient pas encore l'avenir en rose
Durement touchées par la crise, les petites et moyennes entreprises (PME) françaises commencent à sortir la tête de l'eau grâce à des carnets de commandes qui se regarnissent, mais la reprise reste fragile et la confiance n'est pas encore au rendez-vous."On remonte doucement la pente depuis le début de l'année", témoigne Brigitte Macherez, à la tête d'une petite entreprise de transformation de bois. "On n'est pas revenu aux niveaux d'avant la crise mais notre fréquentation augmente, c'est plutôt bon signe", ajoute-t-elle.
Le salon "Planète PME", qui ouvre mardi ses portes à Paris, prendra le pouls des PME après la crise.
Depuis plusieurs mois, "les entreprises envoient des messages positifs", relève Karine Berger, directrice des marchés chez l'assureur-crédit Euler-Hermès, citant une "amélioration de la demande, avec une hausse des carnets de commandes, ou en tout cas, la fin de leur détérioration".
"Seul le bâtiment envoie encore des signaux de détresse", indique Mme Berger. Selon elle, de nombreuses entreprises du secteur ont en effet accepté, du fait de la crise, des chantiers à des prix très bas et subissent aujourd'hui une remontée des coûts de production.
Sur les cinq premiers mois de l'année, les défaillances d'entreprises ont en tout cas baissé de trois pour cent par rapport à la même période l'an dernier, selon la société Altarès, spécialisée dans l'information sur les entreprises.
L?amélioration est très sensible sur les sociétés d'au moins 50 salariés. L'artisanat avait, de son côté, plutôt bien résisté à la crise.
"Les entreprises les plus vulnérables aujourd'hui sont celles de trois à cinq salariés, qui sont petites et souffrent encore d'un manque d'activité, mais qui ont quand même du personnel à gérer, donc moins de marges de manoeuvre", souligne Thierry Millon, responsable des études chez Altarès.
Selon un récent sondage de la Confédération générale des PME (CGPME), 65% des patrons interrogés déclarent une activité constante ou en croissance.
"L'emploi en intérim, qui avait été la première variable d'ajustement au début de la crise, augmente de nouveau, ce qui est bon signe", relève Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CGPME.
"Mais cela signifie aussi que les carnets de commande ne sont pas suffisamment regarnis et les perspectives pas assez bonnes pour que les entreprises se remettent à embaucher", ajoute-t-il. "La confiance n'est pas revenue", selon lui, et les entreprises continuent de pâtir d'un manque de visibilité.
"L'activité est un peu meilleure, mais notre chiffre d'affaires reste inférieur de 30% à ce qu'il était début 2008", souligne Jérôme Frantz, PDG d'un sous-traitant automobile.
"Aujourd'hui, on s'attend à un nouveau tassement des commandes automobiles jusqu'à la fin de l'année: on a serré les robinets dans tous les sens, on n'investit plus que pour augmenter le chiffre d'affaires, on peut tenir le choc, mais pas trop longtemps", ajoute-t-il.
De nombreuses PME souffrent encore aujourd'hui de problèmes de trésorerie et d'accès au crédit.
Signe encourageant toutefois, les entreprises françaises font désormais moins appel à la médiation du crédit, mécanisme mis en place en novembre 2008 pour aider celles qui se heurtaient à des refus de financement.
"Mais il est trop tôt pour démanteler le dispositif", a estimé la semaine dernière le médiateur Gérard Rameix.
"Les entreprises ont utilisé toutes les ressources disponibles pour faire face à la crise; aujourd?hui, les liquidités peuvent leur manquer pour faire face à la reprise", prévient Thierry Millon.

