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Fin de séance du 03 fév 2012
Tarif : 1€35/appel puis 0€34/min
USA: Bernanke laisse entendre que la Fed devra agir face au ralentissement de la croissance
Le président de la banque centrale des Etats-Unis, Ben Bernanke, a affirmé vendredi que la reprise économique de son pays se poursuivait mais a laissé entendre que son institution risquait fort de devoir prendre de nouvelles mesures de soutien pour contrer le ralentissement.M. Bernanke a tenu ces propos peu de temps après la publication de la deuxième estimation officielle des chiffres du PIB du printemps, marqué par une révision en forte baisse de la croissance du deuxième trimestre, à 1,6% en rythme annuel, chiffre nettement inférieur au potentiel des Etats-Unis.
La Maison Blanche a assuré vendredi que quatre trimestres de croissance consécutifs de l'économie américaine constituaient une "nouvelle bienvenue", mais noté que plus d'efforts étaient nécessaires, après la publication de chiffres du PIB revus à la baisse.
L'économie américaine a ralenti plus que prévu et son redressement est "loin d'être achevé". La reprise continue "à un rythme relativement lent" et devrait s'accélérer un peu en 2011, a déclaré M. Bernanke dans un discours de rentrée très attendu.
Dans un de ces exercices d'équilibriste dont il est coutumier, le chef de la Réserve fédérale (Fed) a tenté de rassurer sur l'état et les perspectives de l'économie américaine, sans taire totalement les risques qui pèsent sur le pays.
La Fed est "prête" à prendre des mesures supplémentaires, mais ne le fera que si cela s'avère nécessaire, "en particulier si les perspectives de l'économie devaient se détériorer fortement", a dit M. Bernanke qui s'exprimait dans le cadre grandiose de Jackson Hole, lieu de villégiature cossu des Rocheuses, dans l'Ouest des Etats-Unis.
Mais une autre phrase, placée comme un avertissement en début de son discours, laisse entendre que cette détérioration lui semble plus inéluctable qu'hypothétique: "la liste des motifs d'inquiétudes pour l'économie indique clairement que le retour à une croissance économique robuste et stable exigera des réponses efficaces de la part d'un large éventail de responsables de la politique économique".
Pour Zach Pandi, analyste de la maison de courtage japonaise Nomura Securities, cette phrase est un "appel à l'action sans équivoque adressé aux autres" dirigeants de la Réserve fédérale. Celle-ci apparaît aujourd'hui divisée sur la suite à donner à sa politique, entre partisan de mesures supplémentaires et apôtres du statu quo.
De même, la façon dont M. Bernanke a insisté en fin de discours sur la détermination de la Fed à empêcher une déflation (une baisse durable et généralisée des prix et de l'activité, extrêmement difficile à enrayer) laisse penser que le risque que se produise une tel scénario n'est peut-être pas aussi "faible" qu'il l'avait déclaré quelques minutes plus tôt.
Peter Newland, économiste de Barclays Capital, a vu dans les propos de M. Bernanke comme l'annonce de mesures supplémentaires à venir de la Fed dans le cas ou se produiraient conjointement "une croissance inférieure au potentiel du pays" (ce qui est déjà le cas), "une baisse de l'emploi dans le privé" (ce qui n'est pas le cas), et "une baisse plus marquée des attentes d'inflation" (possible prélude à une accélération de la désinflation en cours).
Bien que revu en baisse de 0,8 point, le chiffre de la hausse du PIB américain au deuxième trimestre a été meilleur que prévu par les analystes, qui tablaient sur une croissance plus faible, de 1,4%.
Le décélération est néanmoins très forte par rapport au premier trimestre, où le PIB avait crû de 3,7%. Et dans le climat d'incertitude actuel, certains économistes jugent possible de penser que le ralentissement se poursuit.
D'où l'insistance de M. Bernanke à rappeler que la Fed n'est pas à court de munitions. Elle rappelle que dans les période de doute, les banques centrales sont là aussi pour rassurer.

