France Bourse
Abonnez-vous

Comprendre l'influence des variables économiques sur la bourse

Article du 30/03/2011
Ces quelques lignes sont un extrait du prochain livre de Jean-David Haddad, à paraitre cet été.

En tant que particulier plaçant ses économies en bourse, on ne vous demandera pas d’avoir une analyse d’économiste ! En revanche, on ne peut pas raisonnablement investir en bourse en ignorant tout de l’économie. La bourse est une sphère financière qui fait partie de la sphère économique, qui est y totalement imbriquée. La bourse est censée refléter les anticipations des résultats des sociétés cotées. Elle reflète aussi les anticipations macro-économiques : chômage, inflation, taux d’intérêt, commerce extérieur, etc.

Encore une fois, sans que vous ne deveniez des économistes, il semble important que vous connaissiez les mécanismes suivants :

-Une hausse des taux d’intérêt est mauvaise pour la bourse et surtout pour les sociétés endettées. En effet, si les taux d’intérêt augmentent, les crédits vont couter plus cher, et donc les frais financiers des sociétés endettées vont augmenter. Donc leurs résultats seront moins brillants. Par ailleurs, des taux d’intérêt élevés signifient que les placements surs rapporteront plus. Les investisseurs pourraient alors être tentés en masse d’arbitrer leurs actions au profit de ces placements sans risque.

-Une forte inflation est l’ennemie de la bourse. Cela renvoie à ce qui vient d’être dit : si il y a de l’inflation, les taux d’intérêt vont croitre pour que les taux réels (taux d’intérêt facial – taux d’inflation) restent positifs. Cela dit, une faible inflation est au contraire favorable au moral des investisseurs car elle signifie que la machine économique tourne bien. Si les prix montent c’est qu’il y a plus de demande que d’offre. Ce qui est le but d’une économie.

-La bourse n’aime pas les déficits budgétaires. On l’a bien constaté en 2010, où le marché a été freiné dans sa hausse par les déficits des pays de la Zone Euro. Un état déficitaire va devoir emprunter, et pour trouver des fonds, il devra proposer des taux d’intérêt obligataires très élevés, afin que le risque perçu soit compensé par la rémunération. Or, avec des taux obligataires très élevés, l’Etat en question n’est pas assuré de pouvoir rembourser. C’est exactement le cas de la Grèce en ce moment : celle-ci voit sa note régulièrement dégradée par les agences de notation financière. Du coup, ce pays émet des emprunts à des taux très élevés. Rien ne garantit que la Grèce puisse toujours rembourser.
Les banques des différents pays du monde ayant forcément des intérêts dans chaque Etat important (comme peut l’être un Etat de la Zone Euro), elles seront pénalisées en cas de défaut de paiement de cet Etat. Et on sait qu’un krach bancaire peut entrainer un krach tout court, comme nous l’avons vu en 2008, avec la faillite de la banque américaine Lehman Brothers.

-Le chômage a une incidence mitigée sur la bourse. Evidemment la bourse préfère le plein-emploi, car s’il y a du travail pour tous, la consommation n’en sera que meilleure. Ainsi les sociétés côtées de grande consommation, les grands groupes alimentaires ou textiles tirent parti d’une amélioration structurelle de l’emploi. Maintenant la bourse peut aussi, dans son ensemble, se contenter d’un niveau d’emploi « moyen » car le travail n’est pas toujours le meilleur ami du capital, et si les entreprises n’embauchent pas mais qu’elles maintiennent leur niveau de productivité, c’est qu’elles sont profitables.

-Le niveau du PIB est quelque chose de crucial. Une hausse du PIB d’un trimestre à l’autre indique une marche normale de l’économie alors qu’une baisse indique une récession. Il y a une crise économique lorsqu’il y a consécutivement plusieurs trimestres de récession. Une récession est ce qu’il y a de pire pour les indices boursiers. Evidemment lorsque l’économie est en récession, il est primordial d’anticiper la sortie de récession car c’est là que le rebond boursier est le plus marqué.

-Les taux de change ont normalement une incidence assez marquée sur les indices boursiers. En général, plus une monnaie nationale est faible, plus la bourse de ce pays sera forte. L’explication est fort simple. Prenons schématiquement et emblématiquement le Dollar et considérons le taux de change du Dollar par rapport à l’Euro. Si le Dollar monte, alors les exportations américaines vers la Zone Euro seront plus couteuses, donc les américains exporteront moins, ce qui sera défavorable à leurs entreprises. Les anticipations des investisseurs iront dans ce sens et donc les indices boursiers américains seront sous pression. Inversement lorsque le Dollar baisse. Vous avez là l’une des explications quant au fait que depuis début 2010 les indices américains font bien mieux que les indices européens. Le Dollar est très bas, à 0.72€ en moyenne entre début 2010 et mi 2011. Ce qui a tendance à soutenir l’économie américaine. "le dollar est notre monnaie et votre problème" affirmait le secrétaire d’Etat au Trésor, un certain Conolly en 1972…

A noter, pour corser les influences réciproques entre les différentes variables, que des taux d’intérêt qui montent dans un pays (ou une zone monétaire) sont susceptibles de faire monter la devise nationale car les capitaux, tels des papillons attirés par la lumière, iront s’agglutiner vers cette devise, en quête de rémunération.

Pour vous inscrire et recevoir nos analyses du marché :
www.francebourse.com

Francebourse.com
Nos portefeuilles
Performances actualisées le 03/05/2026
Croissance : +1003.5%
Depuis sa création en 2001
Rendement : +422%
Depuis sa création en 2012
Déposées à la Bibliothèque Nationale de France
Actuellement
Recommandation
Suivi de recommandation
Recommandation
Analyses technique
Analyses fondamentales