Cet article est un extrait du prochain livre de Jean-David Haddad à sortir début 2012 :
La question du temps est récurrente pour le trader. Aussi, le trader qui veut réussir va devoir avant toute chose définir son type de trading en fonction du temps. Nous sommes dans un monde où les gens sont de plus en plus avides de gains rapides car rapidité rime avec facilité. Les méthodes de trading qui permettent de déboucler ses positions avec une grande rapidité rencontrent beaucoup de succès, tant en librairies que sur internet que par conférences.
Mais ce que le trader postulant ignore, c’est que les espaces temps se croisent dans un sens défavorable pour lui : plus vous voulez trader sur court laps de temps, plus il vous faudra consacrer de temps à votre activité de trading.
Avant de définir le style de trading choisi, encore faut-il connaître les différents styles en fonction de l’horizon de temps. On distinguera ainsi le day trading, le swing trading, le core trading, le scalp trading.
-Le day trading
Principe de base du day trading : dormir sur ses deux oreilles en sachant qu’à la clôture de la bourse, on n’a plus aucune position en cours de validité. Autrement dit, le day trader ouvre ses positions après l’ouverture de la bourse et les ferme avant la cloture. Sur la bourse de Paris, cela revient à les ouvrir après 9h et à les cloturer avant 17h30. Le day trader ne garde jamais une position après la cloture. Ainsi, les évènements économiques, politiques ou autres qui surviennent le soir épargneront son portefeuille, qu’ils soient bons ou mauvais ! A la fin de la journée, le day trader fait le bilan de sa journée. Son objectif n’est pas d’aligner les bonnes journées, mais de faire en sorte qu’en fin de mois, il y a eu plus de bonnes que de mauvaises journées.
L’avantage de ce type de méhtode est de pouvoir dormir tranquille. Les inconvénients sont nombreux : le trader aura l’obligation de tout clôturer chaque jour, même si les pertes sont conséquentes ; par ailleurs, le day trading demande une grande concentration à chaque instant et requiert aussi de disposer d’un grand capital temps. Car même en plaçant des stops ou des ordres à déclenchement prévu à l’avance, il faut tout de même tout surveiller en permanence. Le day trading s’avère incompatible avec une activité professionnelle normale menée pendant les horaires de bureau. A la rigueur, il pourrait être compatible avec une activité d’artiste ou de consultant qui se ferait en dehors de ces plages horaires.
-Le swing trading
Contrairement au day tradig, le swing trading permet de garder ses positions après la clôture. En général on tient ainsi une position pendant une durée de 2 jours minimum, et cela peut aller jusqu’à quelques semaines, mais dans les cas les plus courants, les positions ne dépassent pas 5 jours. Sur une position, un swing trader prévoit généralement de meilleures performance qu'un day-trader mais il doit aussi accepter l’idée d'avoir des pertes plus élevées du fait de garder les positions après la clôture. En effet, les résultats d’entreprises, les évènements macro-économiques tombent souvent en dehors de la séance boursière. Prenons un exemple : l’annonce fracassante de la dégradation de la note de la dette américaine par Standard&Poors.
Le 5 aout 2011, à 22h heure de Paris, et donc après la clôture de la bourse de Paris et même celle de New-York, on apprend que les USA perdent leur triple A. Durant tout le week-end, les commentaires et spéculations vont bon train sur l’ouverture des marchés lundi matin avec le spectre d’un krach boursier. Pendant le week-end, le marché n’a que deux indicateurs : la bourse saoudienne et la bourse israélienne, qui sont respectivement ouvertes samedi et dimanche, et qui perdent respectivement 5 et 6%. Le swing trader qui aurait conservé des positions haussières vendredi soir aura passé là un des plus mauvais week-ends de sa vie ! Finalement, les dégâts furent limités « seulement » 4.68% de baisse sur le CAC 40 le lundi 8 aout.
Pour pratiquer le swing trading il convient de se positionner sur des tendances de démarrage (à la hausse ou à la baisse) assez fortes afin de réaliser ses objectifs, et d’éviter toutes les périodes où l’incertitude est très élevée.
Le swing trading demande moins d’attention permanente que le day-trading, mais sans doute plus d’investissement, nerveux et intellectuel le soir, après la clôture (analyses de l’information, des graphiques, etc)
-Le core trading
Le core trading se situe entre le swing trading et l’investissement. Comme cela a été dit plus haut, dans l’investissement, il y a une notion importante qu’est celle de possession. Ce qui n’est pas le cas dans le core trading. Contrairement à l’investisseur, le core trader n’ira pas à une Assemblée Générale et se moquera des dividendes récurrents. Par contre, il pourra presque croiser de vrais investisseurs dans sa durée de possession des actions. Un core trader gardera une position pour quelques semaines au moins, et pourra rester positionné plusieurs mois. Le core-trading commence là où s’arrête le swing trading, et s’arrête là où commence l’investissement.
Il s’agira donc là de saisir des tendances de moyen terme, comme par exemple la tendance de baisse qui a commencé fin juin 2011, et qui n’est pas encore finie au moment de l’écriture de ces pages.
Le core trader ne se préoccupera pas de l’information qui tombe en dehors de la bourse, sauf si celle-ci est de nature à contredire ses choix de tendance. En revanche, le core trader devra assumer les vagues de fluctuation qui vont en sens inverse de ses positions. Si il achète une action en janvier à 10€ pour viser 15€ en fin d’année, il devra par exemple assumer qu’en mars son action puisse être à 8€, sauf si sa méthode de trading lui aura imposé de mettre un stop à 9 ou 9.5€. Contrairement au day-trader, le core-trader n’aura pas besoin de surveiller les cours de bourse à longueur de journée. Ainsi le core-trading concernera les gens actifs, qui ne veulent pas passer des heures chaque jour à regarder le marché, et qui ne souhaitent pas non plus être des investisseurs.
-Le scalp trading
Autant le day trading est difficilement praticable pour le particulier, à moins d’organiser sa vie autour de cette activité, autant le scalp trading est quasi-impossible à pratiquer. En effet, le scalp-trader, plus couramment appelé scalper, va chercher à nouer puis dénouer des positions sur des durées les plus courtes possibles. Nous ne sommes plus dans le règne du très court terme mais de l’instantané. Ici le temps devient un objectif en soi. Un scalper peut très bien nouer une position à 10h45 et la dénouer à 10h47. En contrepartie il se contentera de très petites variations des cours de bourse, mais devra, pour réaliser des gains conséquents, mettre à chaque fois de très grosses sommes sur la table, au moins des dizaines de milliers d’euros, mais parfois des millions ! Le scalper officiera principalement dans les salles de marché pour le compte de banques ou de fonds de gestion.