Immobilier : faut-il profiter de la baisse des taux ou attendre la baisse des prix?
Article du 13/05/2013
C'est un gros dilemme qui tiraille actuellement les acheteurs potentiels d'un bien immobilier... Pour la première fois depuis 13 ans, les prix de pierre se mettent réellement à baisser... Mais d'un autre côté les taux d'intérêt n'ont jamais été aussi bas!
D'un côté les acheteurs potentiels peuvent espérer une poursuite du mouvement de baisse des prix, mais d'un autre côté ils peuvent redouter une hausse des taux. Vu que la BCE vient de baisser son taux directeur, il est évident que les banques ne vont pas augmenter leur taux prêteurs. Ces derniers, actuellement très bas, vont surement le rester encore quelque temps. Jusqu'à la rentrée au moins, mais plus probablement jusqu'à la fin d'année. Cette faiblesse des taux est une incitation à acheter et elle empêche les prix de la pierre de s'effondrer. Lorsque les taux remonteront, la pierre sera moins soutenue, mais d'un autre côté, il y aura peut-être un début de reprise économique qui constituera par ailleurs un facteur haussier pour l'immobilier.
C'est une réelle incertitude qui plane donc aujourd'hui sur le marché immobilier
Aussi, la question est de savoir s'il faut acheter maintenant ou pas.
Plusieurs cas de figure sont à distinguer :
-Pour quelqu'un qui souhaite acheter sa résidence principale aujourd'hui et la financer en grande partie à crédit, il est évident qu'il faut se lancer.
Prenons l'exemple d'un célibataire qui achète aujourd'hui un trois pièces dans une banlieue sud de la première couronne parisienne. Supposons un prix affiché de 345.000 euros. En le finançant à 100 % par un emprunt sur 20 ans à 3,15 %, la mensualité atteint 1940 euros. Si ce célibataire attend que les prix baissent, mais qu'entretemps les taux remontent à seulement 3,65 %, il ne pourra emprunter, à mensualité constante, que 330.000 euros. La hausse des taux effaçant donc une baisse des prix de 4,3 %. Avec une hausse des taux de crédit à 4,15 %, la d'emprunt tomberait à 316000 euros, ce qui effaçerait un recul des prix de 8,4 %.
Une résidence principale n'étant par définition pas un actif à céder sur le court terme, il ne faudra pas se poser les questions de la future baisse éventuelle des prix du bien. Donc foncer pour se loger à un prix inférieur à ce qu'il serait demain en cas de hausse des taux
-Pour quelqu'un qui souhaite acheter un bien pour le louer, le raisonnement n'est pas le même. En effet, même si les taux sont bas, les loyers ne seront jamais assez élevés pour couvrir le prix des mensualités. D'autre part, les loyers n'augmentent plus et le Gouvernement fait tout pour limiter leur hausse, voire les faire baisser. Enfin, un bien locatif doit toujours être vu dans l'optique d'une cession. Et dans ce cas de figure, vu qu'il y a une incertitude sur l'avenir du prix de la pierre, autant s'abstenir. Il vaut mieux, pour placer ses économies, acheter des actions offrant en bourse un fort rendement