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		<title>Interviews</title>
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		<description>France Bourse - De l'information a la reussite !</description>
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		<pubDate>Sat, 13 Jun 2026 15:12:03 +0000</pubDate>
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				<title><![CDATA[La bourse ce n'est pas QUE les chiffres! Interview de JDH par Fabien Labrousse]]></title>
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				 				<![CDATA[Fabien Labrousse, créateur de contenu, youtubeur, spécialiste des marchés boursiers et dirigeant de VIDEO BOURSE, a reçu et interviewé Jean-David Haddad dans ses locaux à La Défense en décembre 2025.
Retrouvez l'intégralité de l'émission qui dure une heure sur la chaine Video Bourse : 
www.youtube.com/watch?v=-6rSJHjNHow

Nous vous présentons ici le verbatim des 15 premières minutes de cette interview exclusive.

Fabien Labrousse : Professeur Jean-David Haddad, tu es agrégé d’économie, et tu as également des études poussées en sociologie, et ce livre, L’investisseur gagnant, traite d’une manière assez inédite de la Bourse.

JDH : Oui, et je vais même plus loin, je suis agrégé de sciences économiques et sociales, donc c’est une discipline qui mélange l’économie et la sociologie, et au concours d’agrégation, l’économie et la sociologie ont exactement les mêmes coefficients, donc je suis autant sociologue qu’économiste. Je l’ai beaucoup moins mis en avant depuis 24 ans que je fais ce métier, parce que je pense que le public n’était pas prêt à recevoir ça ; aujourd’hui, j’estime qu’il l’est davantage et que moi aussi, j’utilise beaucoup plus la sociologie dans mon approche des marchés – je l’ai toujours fait, depuis le départ ; j’ai toujours parlé de la cote d’amour d’une action, j’ai toujours essayé d’analyser ce qui peut se dire sur les forums, de voir quelles catégories sociales sont attirées par une action ou une autre ; quand la fusion entre Alcatel et Lucent s’était faite, j’avais déconseillé franchement d’y participer parce que j’avais dit que les cultures d’entreprises étaient trop opposées, ce qui est un argument purement sociologique. Donc je l’ai toujours fait, mais là, j’ai décidé d’aller plus loin, de formaliser, d’en faire une véritable méthode et de l’utiliser encore plus, et je vois que ça fonctionne bien d’ailleurs, parce que ça m’a empêché cette année de recommander des titres que j’aurais recommandés dans d’autres circonstances, et qui se sont cassé la gueule, et au contraire, ça m’a poussé à recommander certaines valeurs que je n’aurais jamais recommandées si je ne faisais que de l’analyse fondamentale, comme STIF par exemple, qui a gagné 160 %, parce qu’il y avait un vrai narratif sociologique qui s’était mis en place à un moment donné, donc une bulle narrative qui est née – une bulle narrative que je distingue des bulles spéculatives – et aujourd’hui je l’utilise véritablement plus qu’avant ; disons qu’avant, je l’utilisais à 20 % dans ma méthode, alors qu’aujourd’hui, c’est 50 %. 

Tu t’intéresses à la sociologie de la Bourse au niveau de la création des produits, des modes qu’elle traverse, même pour détecter des signaux d’entrée et de sortie sur des titres précis ; c’est en ce sens que je trouvais qu’il y avait une belle diversité autour de la Bourse, le tout est assez fluide, et du coup, au total, il doit y avoir de l’ordre d’une trentaine de sujets différents qui sont couverts dans ce livre.

JDH : J’aborde effectivement plusieurs sujets, mais le livre est vraiment basé sur la sociologie. Par exemple, l’analyse technique prend beaucoup plus de sens pour moi depuis que j’utilise la sociologie, parce que derrière les indicateurs graphiques, il y a vraiment une sociologie qu’il faut décrypter et qu’il faut comprendre ; l’indicateur technique en lui-même ne veut rien dire et chacun peut l’interpréter différemment, mais quand on a compris le sens sociologique qu’il y a derrière, ça devient une véritable force, parce qu’on peut justement avoir des signaux qui sont des signaux d’achat quand la plupart des gens qui font de l’analyse technique, sans se poser la question de ce qu’il y a derrière, y verront des signaux de vente, par exemple. 

Alors, pour commencer, « la Bourse est un fait social total », donc là, tu commences par une partie qui aborde la Bourse dans son ensemble, comme un tout. Et en fait, c’est dur à définir. Moi, ce que je constate en tant que média depuis de nombreuses années, c’est que la Bourse, tout le monde y est directement ou indirectement investi ; la Bourse, je trouve que c’est un terme qui est dur à limiter, à définir. Qu’est-ce qu’on inclut dans la Bourse ? Est-ce que c’est uniquement le marché actions ? Est-ce qu’on intègre même les monnaies dans la Bourse au sens très large ?

JDH : Je suis totalement d’accord avec toi. C’est vrai que la Bourse en soi, dans nos représentations sociales, pour la plupart des gens, c’est juste les actions. Mais à partir du moment où il y a des produits dérivés qui sont achetables pour les particuliers, ça fait partie de la Bourse ; on peut acheter des put, des call sur le dollar, sur l’euro, etc., on peut utiliser d’autres instruments dérivés – moi je ne vais pas au-delà des put et des call, je reste très prudent dans les instruments dérivés, mais je sais que les particuliers peuvent aller au-delà. Ma définition, ce serait qu’à partir du moment où on est sur des instruments auxquels les particuliers, fussent-ils un peu initiés en passant par certaines plateformes ou autres, peuvent avoir accès, que ce n’est pas réservé aux professionnels, on est dans la Bourse. Donc oui, les devises en font clairement partie pour moi, ainsi que le pétrole, l’or, l’argent, tout ça, pour moi, fait partie de la Bourse ; même l’immobilier quelque part, puisqu’on peut acheter des ETF sur l’immobilier, sur les foncières, donc tout ce qui est achetable par les particuliers fait partie de la Bourse. C’est pour ça qu’aujourd’hui, quand je dis FranceBourse, ce n’est pas que les actions ; sur FranceBourse, je parle de tous les sujets de cette sphère au sens large, où on peut acheter et vendre. Malheureusement, en France, la Bourse évoque de mauvaises choses de façon générale – dans d’autres pays, ça évoque de bonnes choses : des titres comme Apple, Tesla, des titres qui se sont envolé. En France, la Bourse évoque le krach de 1929, celui de 1987, la crise de 2008, etc. Je le dis toujours, les Français sont assez fâchés avec la Bourse, même si, bien qu’ils ne le sachent pas, ils sont pour la plupart investis en bourse, parce que les assurances-vie et autres sont placés en bourse, donc ils sont investis en bourse sans le savoir. 

Bien sûr, c’est évident, surtout en France, un pays d’épargne, et c’est d’ailleurs assez paradoxal, parce que toutes les personnes qui ont un avis critique, disons caricatural à propos de l’investissement en bourse, pour une bonne part, détiennent des assurances-vie ; même si on prend que des fonds euros, on a de l’obligataire.

JDH : Oui, d’ailleurs, l’obligataire, c’est la Bourse aussi. L’obligataire est coté en bourse, il y a des ETF inverses sur l’obligataire, quand on pense que les obligations vont baisser et que les taux vont monter, les fonds euros sont aussi adossés à la Bourse, évidemment.

Du coup, « le marché comme construction collective », c’est la première partie que tu évoques ; ensuite, « le comportement des foules de Gustave Le Bon à Elias Canetti », donc tu commences l’ouvrage par la perspective, la prise de recul.

JDH : C’est ça, exactement, pour montrer le phénomène collectif, et on peut l’illustrer ; vous pouvez tous penser à une foule devant un restaurant, qui fait la queue. Je voyais cela il y a deux semaines, je l’ai filmé, devant un restaurant à Paris, à 18 heures, une foule qui faisait la queue devant ce restaurant, il y avait sans mentir 200 mètres de queue, c’est-à-dire que ceux qui sont au bout de la queue, ils attendent peut-être trois ou quatre heures pour aller dîner, donc après, je suis allé voir sur Internet ce qu’il se passait : un artiste connu ? Une animation ? C’était simplement parce qu’il y a un menu avec entrée et plat, de très bonne qualité visiblement, à 13 euros. Donc c’est vrai qu’à l’époque où on est, avec le pouvoir d’achat, etc., il y a des gens qui vont faire trois ou quatre heures de queue pour avoir un menu à 13 euros. C’est donc pour dire qu’à partir du moment où on observe ces comportements de foule, comment le public influence le public inconsciemment, eh bien on arrive sur cette psychologie sociale à la Gustave Le Bon. 

Les indicateurs techniques classiques relus sociologiquement : tu en as déjà parlé, pour toi, l’analyse technique doit se lire sous le prisme sociologique.

JDH : Totalement. Sinon, je trouve que ça n’a pas de sens de dire : « Là, on casse un support, on casse une résistance, donc il faut vendre, il faut acheter »… Ça n’a pas de sens si on ne sait pas ce qu’il y a derrière. Moi, j’essaie de donner un sens à tout ça, et justement d’inverser les signaux parfois. Je vais prendre un exemple : sur une valeur, on a un canal haussier. La valeur casse le haut du canal haussier, avec un RSI suracheté, donc ça veut dire que tout le monde est en train d'acheter le titre et ça sort d’un canal : 90 % des traders vont dire qu’il faut vendre, que c’est un signal de vente. Moi je dis : pas forcément. Ça peut effectivement être un signal de vente, mais ça peut aussi être un signal d’achat, parce qu’il peut y avoir une bulle narrative en formation ; justement, le principe du restaurant : tout le monde est en train de le découvrir, donc tout le monde se rue dessus, donc tout le monde va faire la queue, parce que les gens ne le connaissaient pas, et c’est ce qu’il s’est passé sur STIF. Donc après, il faut repérer cette bulle narrative, il y a des techniques pour la repérer : il faut analyser ce qui se dit, essayer de faire une analyse, notamment des forums. J’explique tout cela dans le livre.

Les modes, naissances, divisions, effondrements ; les modes traversent tous les pans de la société, la Bourse n’y échappe pas, tu le présentes notamment sous l’angle du PER, puisqu’en fonction de la mode, de la tendance du moment, une entreprise va se valoriser de 10 fois jusqu’à 50 fois son PER. On peut prendre Nvidia par exemple, qui publie ses résultats ce soir, et aujourd’hui tout le monde ne va parler que de ça ; Wall Street attend la publication de Nvidia, et ça va avoir un impact sur la Bourse à l’échelle mondiale. C’est le mono-thème du moment.

JDH : C’est la star mondiale du moment, mais il y en aura une autre dans trois ans. Ce que j’ai dit pour l’analyse technique, c’est aussi valable pour l’analyse fondamentale ; je ne suis pas expert-comptable, je n’ai pas fait d’études de comptabilité, moi, lire un bilan ligne par ligne, je le dis franchement, ça m’emmerde, c’est pas mon truc du tout, moi j’ai toujours regardé les grands ratios du bilan, le chiffre d’affaires et sa dynamique, le résultat  d’exploitation et sa dynamique, l’endettement – très important – et sa dynamique, je vais essayer de voir toutes ces grandes masses. Mais aujourd’hui, ce dont je m’aperçois, c’est qu’on ne peut pas dire : un PER de 10, donc une boîte qui vaut 10 fois ses bénéfices, c’est cher ou c’est pas cher, il faut acheter ou il faut vendre ; non, ça ne veut rien dire. Vous pouvez avoir une boîte qui vaut 40 fois ses bénéfices et qu’il faut aller acheter, et une boîte qui vaut 5 fois ses bénéfices, même si elle est rentable, même si elle fait tous les ans des bénéfices, il ne faut pas acheter, parce que le PER est l’indicateur du rang social d’une action : plus une société est à la mode, plus elle est appréciée. Nvidia, par exemple, son PER va être élevé ; mais lorsque la mode s’effondre, eh bien le PER s’effondre. Regardez LVMH par exemple : son PER a été divisé par 1,5 au cours des dernières années, non pas parce que la boîte démérite, ou parce qu’ils ont un trou d’air, ni parce que les marques se vendent moins bien ou qu’elles sont moins prestigieuses, mais simplement parce que ce luxe un peu ostentatoire est un peu moins à la mode, et parce que des gens comme Bernard Arnault, aujourd’hui, ne sont plus aussi bien considérés qu’ils l’étaient il y a quelques années, y compris dans l’admiration que même le public fan des entrepreneurs – et malheureusement, il n’y en a pas beaucoup en France – peut considérer.

Algorithme et IA, automatisation des biais sociaux ? Qu'en penses-tu?

JDH : Alors ça, c’est très intéressant. Il faut bien voir qu’aujourd’hui, on parle du trading automatique – ça fait déjà dix ans qu’on en parle. Oui, il y a énormément de trading automatique, mais il est programmé par des IA qui sont elles-mêmes programmées par des humains, et les humains en question obéissent à une certaine logique, à un certain raisonnement, et ce raisonnement a été formé par les écoles qu’ils ont fréquentées, et ces universités ou ces écoles qu’ils ont fréquentées, où ils ont été formés, elles ne diffusent pas les mêmes messages qu’il y a vingt ans. Donc ça, il faut bien le comprendre, et une fois qu’on l’a compris, on comprend un peu quels vont être les algorithmes.

C'est quoi la Capitulation collective ? Tu en parles dans ton livre...

JDH : J’ai écrit ça au moment où il y avait cette espèce de flash-krach en avril 2025, où il y avait une sorte de capitulation collective après les droits de douane de Trump, quand il a dit qu’il allait appliquer des droits de douane, le marché s’est cassé la figure, je crois 15 ou 20 % de baisse en quelques jours, et puis d’un coup c’était la capitulation collective.

Parce que ce que tu décris, c’est un titre où une thématique va être portée petit à petit par un narratif.

JDH : Un narratif, tout à fait, qui se met en place, mais qui rencontre une audience, parce que le type qui fait un narratif qu’il prêche dans le désert, il n’y a personne qui l’écoute, c’est juste un prêcheur. Le narratif, c’est lorsqu’il y a une audience. C’est comme l’histoire de la rareté : on dit qu’un produit rare est cher ; non, un produit rare n’est pas forcément cher, il l’est s’il y a une demande. Le produit peut être super rare, s’il n’y a pas de demande et que personne n’en veut, il ne vaudra rien ; c’est pareil pour les narratifs. Là, je mélange l’économie et la sociologie, de toute façon les deux sont indissociables. Ça m’énerve les gens qui opposent les deux ; ils sont indissociables, il n’y a pas d’économie sans sociologie. La sociologie relève de principes souvent très économiques, comme la loi de l’offre et de la demande, la rareté relative, etc.

Donc, une valeur, un secteur, peut être à la mode, peut être du coup survalorisé, en tout cas davantage valorisé, et petit à petit, cette mode passe, et sans qu’il y ait forcément de gros changements financiers, au sens comptable du terme comme tu le disais, eh bien d’un seul coup, on peut avoir une revalorisation et une correction très significatives, non pas pour des différences financières, mais simplement sociologiques.

JDH : Ce sont les représentations sociales qui changent, c’est-à-dire la manière dont nous nous représentons les choses. Dans les années 80, il y avait énormément de films de karaté, c’était la grande mode, tout le monde pensait qu’un petit karatéka hyper entraîné pouvait battre un géant, parce que c’était une image qui était donnée dans les films ; aujourd’hui, il n’y a plus grand-monde qui y croit, sauf les aficionados de ce genre de films, parce que les vidéos sur YouTube, les preuves de la réalité, montrent l’inverse. Donc les représentations sociales changent, en fonction de l’évolution de la manière dont on voit la réalité, de l’information qu’on a, et puis en fonction des modes, des tendances ; il y a quarante ans, personne ne pensait qu’il ne fallait pas polluer, jeter des déchets toxiques dans une rivière, c’était un acte banal, alors qu’aujourd’hui, c’est considéré comme un crime – je ne dis pas un délit, mais bien un crime. Donc avec les représentations qui changent, tout change, y compris nos manières d’investir. 

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				<title><![CDATA[Les secrets de l’analyse technique (Ichimoku, Bollinger, Fibonacci, chandeliers japonais) révélés par D. Cohen de Lara au micro de JDH]]></title>
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				 				<![CDATA[Les secrets de l’analyse technique (Ichimoku, Bollinger, Fibonacci) révélés par D. Cohen de Lara

Interview réalisée par Jean-David Haddad, Rédacteur en chef de Francebourse.com, et inspirée de la vidéo suivante, exclusivité de Francebourse TV : 
www.youtube.com/watch?v=njaxG-YgqRk&list=PLhEDy5CxpczwmtCqMIEVhhXFKp79AZ1V7

Jean-David Haddad : Aujourd’hui, devant la célèbre cloche d’Euronext de la Bourse de Paris, nous avons Daniel Cohen de Lara, qui a été président de l’AFATE (Association française des Analystes Techniques), qui en est aujourd’hui le trésorier, et qui est un éminent spécialiste de plusieurs sujets : Ichimoku, les bandes de Bollinger, Fibonacci, et bien sûr les chandeliers japonais ; d’ailleurs, il a écrit des livres sur chacun de ces sujets. Alors Daniel, pour ceux qui découvrent l’analyse technique ou qui l’utilisent, qu’est-ce que tu peux nous dire déjà sur l’ensemble de ces sujets ? 

Daniel Cohen de Lara : Alors, l’analyse technique, c’est une des approches majeures pour ceux qui veulent débuter en bourse, qui veulent surtout comprendre les marchés. Il y a deux approches : l’approche fondamentale, si vous voulez étudier par exemple Airbus, eh bien vous chargez les bilans – je ne sais pas combien il doit y avoir de pages, environ 5 000 ou 6 000 avec les annexes du bilan – ou vous utilisez l’analyse technique. Que fait l’analyse technique ? Tout simplement, elle regarde ce que dit le marché, elle regarde ce que les grosses mains font, la bataille, le combat permanent entre acheteurs et vendeurs, les grosses mains qui déterminent le prix de chacun des actifs. Donc on regarde leur psychologie et on analyse la suite des prix, la suite des cours sur plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois, en utilisant des filtres : les moyennes mobiles, des éléments de volatilité comme les bandes de Bollinger, une méthode complète d’analyse technique qui est Ichimoku, on lit surtout les bougies/les chandeliers parce que la lecture est un des éléments fondamentaux qui permet de comprendre la bagarre permanente entre acheteurs et vendeurs, donc la psychologie des marchés.

JDH : Est-ce que tu es d’accord pour dire que la bagarre entre acheteurs et vendeurs, on la voit aussi avec le vortex ?

DCdL : Personnellement, je ne suis pas familier de cet élément.

JDH : DMI + et DMI -.

DCdL : Après, ça, ce sont déjà des éléments qui viennent en plus, ce sont des indicateurs ; des indicateurs, il en sort toutes les semaines. Il y en a quelques-uns qui sont plus utilisés, plus connus, mais déjà, si on comprend les chandeliers, on a déjà fait plus de la moitié du travail. Et je vois des gens qui viennent me voir et qui me demandent « est-ce que je peux acheter telle ou telle action ? », je regarde l’action, eh bien elle est en tendance baissière, donc acheter un couteau qui tombe, non.

JDH : Il faut l’acheter une fois qu’il a arrêté de tomber, mais avant qu’il remonte.

DCdL : Alors oui, mais à ce moment-là, il va falloir déterminer quand il a arrêté de tomber. 

JDH : Est-ce que tu nous parles dans tes livres de quand est-ce qu’un couteau arrête de tomber ? 

DCdL : Oui, très clairement, j’en parle dans à peu près tous. J’en parle d’abord notamment dans Les chandeliers japonais. La bataille, c’est toujours une bataille entre acheteurs et vendeurs. Si le couteau tombe, ça veut dire que les vendeurs sont à la manœuvre. Donc je vais essayer de déterminer des configurations de bougies qui vont m’indiquer que les acheteurs sont en train de prendre la main, et il y a des configurations bien connues : par exemple s’il y a un gap haussier, s’il y a une figure que j’adore et qui marche très bien qui s’appelle l’Étoile du matin, (NDLR : Voir la vidéo pour vous représenter la figure en question) il y a des configurations également d’autres éléments, le Harami ou autres. Et dans le livre Les chandeliers japonais, j’analyse quelles sont les figures de retournement qui annoncent qu’une tendance est en train de se terminer, et que le camp adverse est en train de reprendre la main. J’en parle aussi dans Le pouvoir d’Ichimoku, parce que lorsqu’une tendance est en train de se terminer, il y a des configurations Ichimoku tout à fait caractéristiques qui ont un taux de réussite considérable et qui nous indiquent que l’on est en train de prendre le chemin inverse.

JDH : Est-ce que pour s’attaquer à Ichimoku, il faut d’abord avoir bien maîtrisé les chandeliers japonais ? 

DCdL : Pour s’attaquer à la Bourse, il faut comprendre les chandeliers japonais. C’est la base.

JDH : Même pour ceux qui ne font pas d’analyse technique, c’est crucial ? N’importe quel graphique, même si vous ne faites pas d’analyse technique, il ne faut pas le mettre en courbe, il faut le décomposer en chandeliers, même sur un an, même sur cinq ans ?
DCdL : Absolument, toutes les unités de temps sont valables, tout dépend de ce que vous voulez faire. Si vous voulez faire du court terme, à ce moment-là, vous allez regarder des bougies en une heure ; si vous voulez faire ce qu’on appelle du swing trading, sur quelques jours, vous allez regarder en deux heures, trois heures, quatre heures ; si vous cherchez une action à mettre dans votre PEA, vous allez regarder des bougies en quotidien et des bougies en hebdomadaire, et vous allez faire votre analyse avec l’unité de temps qui correspond à votre univers d’investissement.

JDH : Et Ichimoku, c’est quand on a déjà atteint un palier supérieur ? Rappelons que Daniel est également l’auteur du livre Le Pouvoir d’Ichimoku, chez JDH Éditions ; c’est un beau livre à 65 €, c’est un livre d’art, tout est en couleur, c’est un grand format, avec un très beau papier spécial.

DCdL : À partir du moment où on a compris le fonctionnement des bougies, à ce moment-là, on peut passer à la deuxième étape. On peut travailler sur l’analyse technique classique – j’ai été président de l’Association des Analystes Techniques, donc je suis forcément défenseur de l’analyse technique classique – et puis passer sur un schéma d’Ichimoku qui est une méthode qui travaille sur les équilibres de marché. Donc on a ces grosses mains qui se battent et qui cherchent dans leur bataille quelle est, à un moment donné, la bonne valeur pour un actif. Et puis la bataille peut durer des jours, des semaines, et on regarde autour de quelle valeur la bataille s’est faite ; donc on a un équilibre autour duquel les cours ont évolué pendant x jours – là aussi, tout dépend de l’horizon d’investissement – qui permet de déterminer des niveaux d’équilibre majeurs du marché. C’est ça, la méthode Ichimoku, qui va travailler les grands niveaux d’équilibre, parce que ces grands niveaux d’équilibre, ce sont ni plus ni moins que la mémoire du marché, et les cours reviennent très souvent sur les niveaux importants qui représentent la véritable mémoire du marché. Donc on a plusieurs méthodes ; Ichimoku est une méthode à elle seule, c’est un pan complet de l’analyse technique – c’est évidemment une méthode d’origine japonaise, et au Japon, il y a environ 30 millions de Japonais qui investissent en bourse et qui le font avec la méthode d’Ichimoku.

JDH : C’est énorme. Et quelques mots sur Les bandes de Bollinger et Fibonacci ? Qui sont les deux autres livres écrits par Daniel Cohen de Lara, toujours dans la même collection des Essentiels de l’AFATE, qui est une collection éditée par JDH Éditions mais aussi par l’AFATE.

DCdL : Alors, les bandes de Bollinger ont un intérêt fondamental, parce que si vous voulez investir et s’il n’y a pas de volatilité, si les cours bougent très peu, à quoi ça sert d’aller immobiliser de l’argent pour un actif qui ne bouge pas ? Donc ce qui serait intéressant, ce serait de déterminer quand il y a véritablement une impulsion et de pouvoir suivre cette impulsion. Donc j’ai développé une approche à partir d’un outil qui existait déjà depuis la fin du XXe siècle, qui a été créé à l’origine par John Bollinger, et je l’ai repris complètement à ma manière ; je l’ai fait non pas en analyste technique, mais en investisseur.

JDH : Ce qui veut dire que le livre que vous aurez entre les mains, c’est une méthode unique basée sur les bandes de Bollinger. 

DCdL : Et la volatilité. Surtout la volatilité. C’est comment rentrer en position, détecter qu’il y a une bonne volatilité, parce que mon système permet également de filtrer les faux signaux et de savoir quand sortir. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a deux niveaux de sortie : le premier niveau de sortie pour ceux qui restent peu longtemps en position, et un deuxième niveau de sortie pour ceux qui poursuivent l’investissement au-delà de la première étape ; il y a un peu plus de risques, mais il y a des éléments de phases qui sont extrêmement clairs, qui se lisent très simplement sur les graphiques, que j’ai déterminés. Donc c’est de l’analyse technique, mais c’est avant tout une méthode d’investissement.

JDH : Et enfin, pour terminer, quelques mots sur Fibonacci ? Qui est un peu plus ésotérique que tous les autres…

DCdL : Ésotérique, oui, il y a quelque chose d’extraordinaire, il y a un phénomène qui dépasse aujourd’hui la compréhension humaine. Il y a encore pas mal de choses à découvrir. C’est pour ça que ça relève un peu de l’ésotérisme, et ça fait que lorsqu’un mouvement se développe, il va régulièrement revenir, retracer 38,2 % de ce mouvement et rebondir dessus. Je travaille avec Fibonacci depuis plus d’une douzaine d’années, et je suis toujours émerveillé de voir à quel point on a des rebonds d’une précision chirurgicale. Il y a plusieurs niveaux de Fibonacci ; dans le livre, j’ai expliqué quelles étaient les probabilités de rebond en fonction du niveau de retracement et quels étaient les objectifs à se donner en réinvestissant quand on a retracé tel ou tel niveau. En fait, ce sont des livres d’analyse technique mais que j’ai écrits avec une réflexion d’investisseur pour que les lecteurs apprennent non seulement l’analyse technique mais aussi des méthodes simples et efficaces  pour investir de manière gagnante, c’était ça mon but.

JDH : C’est parfait. Donc tous ces livres, ce n’est pas juste de l’analyse technique, c’est l’analyse technique réinterprétée par ton expérience des marchés, qui est une longue expérience, de 15 ans, et je vous invite vraiment à les retrouver. L’analyse technique, c’est quelque chose d’important ; moi, je dis que derrière l’analyse technique, on voit la sociologie des marchés, c’est ce que j’ai écrit dans mon livre également, L’investisseur gagnant.

DCdL : C’est exactement ça. C’est la sociologie des marchés, c’est la psychologie des investisseurs, ça a une très grande importance, et le fait de pouvoir la suivre et la comprendre donne à celui qui justement a fait cette démarche un avantage dans cet investissement qui est très important. 

JDH : C’est parfait, mon cher Daniel. Merci beaucoup pour cette interview, c’était un vrai plaisir.

DCdL : Merci, Jean-David.
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				<author>contact@francebourse.com (France Bourse)</author>
				<pubDate>Wed, 5 Nov 2025 01:03:28 +0000</pubDate>
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			<item>
				<title><![CDATA[Interview exclusive de Jean-David Haddad sur sa méthode basée sur la sociologie des marchés ]]></title>
				<description>
				 				<![CDATA[Yoann Laurent-Rouault, biographe, chroniqueur et ancien directeur littéraire et artistique de JDH EDITIONS, interroge Jean-David Haddad au sujet de son livre L'INVESTISSEUR GAGNANT et de sa méthode basée sur la sociologie des marchés qu'il applique au niveau de ses recommandations sur Francebourse.com

Yoann Laurent-Rouault : Nous allons parler de votre dernier livre «&#8201;L’investisseur gagnant&#8201;». Que vous présentez comme le premier livre au monde qui aborde la sociologie des marchés financiers&#8201;! Est-ce que justement ce n’est pas un peu présomptueux de votre part, de dire que c’est le premier livre au monde qui aborde le sujet&#8201;?

JDH : Ce n’est pas présomptueux de le dire, dans la mesure où c’est factuel. Et à ma connaissance, je n’ai pas trouvé d’ouvrages déjà édités se portant précisément sur ce thème. J’ai fait des recherches en plusieurs langues, aidé de l’IA, et je n’ai trouvé aucun livre qui rallie «&#8201;radicalement&#8201;» sociologie et bourse. Dans le but de conseiller l’investisseur, bien sûr. Maintenant est-ce qu’il y a des études universitaires qui ont été faites autour de cette idée et qui ne sont pas publiées&#8201;? Certainement…
Il peut y avoir des conférences aussi, mais à ma connaissance, le sujet n’est pas abordé sous l’angle original que je propose. C’est d’ailleurs la question que je me suis posée avant même d’écrire sur le sujet. Est-ce vraiment de l’innovation ce que je propose&#8201;? La sociologie est une science humaine qui étudie les comportements des individus et leurs interactions. Selon les époques et selon les mœurs. D’un pays à l’autre et d’une civilisation à l’autre. La sociologie est une matière première dans les études politiques, en criminologie et dans bien d’autres disciplines. Mais personne n’a jamais pensé à appliquer la sociologie au monde de la finance et au marché financier. Puisque j’ai à la fois une formation universitaire en finance, mais aussi en sociologie, je me suis intéressé à la relation cachée entre finances et sociologie. Ce qui génère des observations. Entre autres questions, pourquoi certaines actions sont-elles des totems et pourquoi d’autres sont-elles délaissées&#8201;?

Pourtant, quand on y réfléchit, la sociologie et l’économie sont liées, de causes à effets… C’est surprenant que les choses n’aient pas encore été vues sous cet angle…

À mon avis, le frein vient du fait que les sociologues sont très souvent des gens de gauche qui ont une vision très sociétale de nos comportements. Politique et historique. Et la finance, au contraire, c’est un organe qui valorise énormément l’individualisme. Les financiers sont, contrairement aux sociologues, des gens très libéraux. Souvent des gens issus de la droite libérale et du centre droit. Sociologues et financiers sont en général en désaccord entre eux, et pour causes&#8201;! Les sociologues diabolisent la bourse et les financiers répondent que les sociologues «&#8201;sont de pauvres petits gauchistes à l’esprit étroit&#8201;». C’est peut-être aussi pour cela que le pont entre ces deux entités n’a jamais été créé. 

Votre idée serait donc d’allier la sociologie aux lois du marché, pour l’expliquer&#8201;?

Exactement. Les deux domaines s’interconnectent. C’est une évidence. La sociologie peut aussi bien expliquer les marchés financiers comme elle explique la criminalité ou les comportements politiques et sociétaux. Ou du fait, les comportements commerciaux…

Alors en quoi ce livre est-il un événement&#8201;? Puisque ce que vous décrivez, existe déjà plus ou moins, en «&#8201;off&#8201;» des catalogues des libraires… beaucoup d’auteurs, jusque dans le trading et ses méthodes, ont évoqué cette piste.

Parce que le sujet n’est pas vraiment connu du grand public. Il est mal défini. Ce type de projections pour investir est rare. On y pense, mais on n’applique pas. C’est intuitif, mais dans les faits, il n’y a pas de guide écrit pour l’investisseur. Du fait aussi que pour le moment, mon public et d’autant plus restreint (rire). Donc il faut communiquer sur le sujet et c’est pour ça que j’essaye «&#8201;d’évangéliser&#8201;». De sensibiliser le public sur le sujet.

Et sur quels terrains officiez-vous, «&#8201;mon père&#8201;»&#8201;?

Par exemple, demain, je suis invité à une conférence à l’AFATE. Je vais parler de ce livre et de cette méthode. Et bien évidemment, je vais multiplier les actions… en réel et en numérique. Je crois que ma vision des marchés, de leurs influences par la société apporte quelque chose de neuf au panorama.

Par exemple, demain, sur quoi portera votre conférence&#8201;? Sur la méthode que vous proposez dans ce livre&#8201;?

Oui. Et d’expliquer d’où je pars et où j’arrive. Classiquement, dans la démarche financière, valoriser une entreprise cotée en bourse, c’est un ratio financier connu. Or il se trouve qu’eux-mêmes, puisque c’est les investisseurs qui font le marché, vont délaisser des entreprises de très bonne qualité et en ajouter d’autres «&#8201;au panier&#8201;», qui sont pourtant moins établies. Et ceci uniquement parce qu’elles les font beaucoup plus rêver que les entreprises traditionnelles. Ma méthode va donc consister à comprendre pourquoi certaines sociétés vont avoir un rang social élevé dans l’esprit de ces gens-là, alors que d’autres pas ne l’auront pas du tout.

Si je comprends bien, vous analysez les modes et les tendances financières des investisseurs&#8201;?

Ma méthode va consister à essayer de chercher les modes opérantes sur les marchés, de non seulement les comprendre, mais aussi d’anticiper les actes de consommations de la société dans sa globalité. De prendre en compte des facteurs aussi divers que le bien-être social, l’écologie, les aides de l’état, la politique générale… de «&#8201;sauter&#8201;» par-dessus les classements de genres et les idées reçues. J’essaye de comprendre l’impact de ces modes par rapport aux cours de certaines actions… Parce que ces actions-là seront potentiellement recherchées par les investisseurs, même si elles sont vendues très cher. Pourtant, si on se base sur les règles de l’analyse financière classique, on ne devrait jamais acheter d’actions qui se vendent à 30 fois ou 40 fois au-dessus du seuil des bénéfices annuels d’une entreprise… et pourtant on voit que parfois c’est le cas.

Il y a une véritable volonté d’état pour que les gens achètent tel ou tel produit que fabriquent et distribuent ces entreprises. Pour la consommation de masse, j’observe qu’il existe une sorte d’intelligentsia qui utilise toutes les structures qu’ils ont à disposition pour promouvoir des idées et des préceptes, écologie en tête. Des idées qui nourrissent donc les marchés financiers. Et toujours est-il, que par ce fait, la consommation est liée à une action politique qui devient sociologique… un gouvernement va créer des primes et donner des subventions pour faire passer une idée… il va faire de la communication et payer des publicités tous supports si nécessaire… donc la frontière entre sociologie et politique est mince dans le cas présent et pourtant, le résultat influence les marchés&#8201;!

Elle est mince, je suis d’accord, et je vous rejoins complètement en donnant l’exemple de Tesla. Tesla, il y a 15 ans, tout le monde s’en moquait. Mais ces dernières années, le titre a complètement flambé. Parce qu’il y a eu cette volonté politique derrière lui. Alors, l’électrique de Tesla est devenu sexy avec le temps… beaucoup plus sexy que celui des entreprises chinoises qui font elles aussi de l’électrique. Musk est un chef d’entreprise charismatique, et cela joue aussi dans l’inconscient collectif. Il faut alors essayer de comprendre ce qui pousse les investisseurs. Prendre en compte les facteurs sociologiques. Même si ces récents déboires politiques le desservent.

Je voudrais creuser un autre aspect de votre méthode : les classes sociales sont étiquetées par leurs pouvoirs d’achat. Les disparités sont nombres. Vous dites qu’il faut «&#8201;sentir&#8201;» les effets des modes pour investir. Mais il y a aussi le vecteur de l’instabilité sociale et politique qui entre en ligne de compte… alors il y a une limite «&#8201;naturelle&#8201;» au système… non&#8201;? 

Ce n’est pas tellement «&#8201;les gens&#8201;» qui investissent… ce sont les fonds des grosses banques qui investissent… ils font 90 ou 95 % du marché. Maintenant, la question de savoir si les gens, c’est-à-dire les gens comme vous et moi, des honnêtes particuliers qui placent un peu de leur argent en bourse investissent ou pas, ceci n’aura de l’impact que sur des petites sociétés… c’est ce qu’on appelle les microcapitalisations, qui agissent le plus souvent sur des PME qui sont cotées en bourse. Là, il y aura un impact si instabilité politique il y a. Mais en France pour l’instant, ce n’est pas le cas. Il n’y a aucune statistique qui montre qu’il y a une décollecte, c’est-à-dire une baisse de l’épargne. Mais nous ne sommes jamais à l’abri d’un mouvement social qui serait influencé par une peur sociale. Par exemple, si tous les épargnants retiraient leur argent des banques cela pourrait s’avérer catastrophique pour le système bancaire. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé, plus ou moins, en 2008.

Quels résultats avez-vous obtenus concrètement avec votre méthode&#8201;? Vous en tant qu’investisseur ou en tant que conseiller en investissement… 

Très honnêtement, je m’aperçois que depuis que je m’intéresse beaucoup plus au narratif des entreprises et à la manière dont leurs actions vont marquer l’état d’esprit des gens, et que je m’intéresse en parallèle à l’émergence des modes, par exemple la grande mode d’aujourd’hui c’est la souveraineté européenne, et il faut acheter des actions ils sont liés au phénomène, qu’il soit militaire ou autre, je m’aperçois que les performances du portefeuille de Francebourse sont nettement meilleurs que les années précédentes. Maintenant, je vais être très honnête, j’ai commencé vraiment depuis le début de l’année à appliquer systématiquement ces nouveaux préceptes, que j’avais en tête depuis toujours, mais qui étaient flous dans mon esprit, donc le laps de temps est encore trop court pour établir un jugement argumenté. Mais, je vais dire que mon premier constat factuel sur la méthode est très positif.

La souveraineté européenne passe par une débauche de technologie… C’est sur la technologie qu’il faut investir, selon vous&#8201;? 

La technologie acquise et développée permet aux Européens de contrôler leur propre système d’information, sans devoir faire appel aux étrangers. 

Donc, il faut miser sur l’indépendance que procurent les avancées technologiques&#8201;? Il faut miser sur le parapluie technologique européen…

Oui, exactement. On peut prendre l’exemple des satellites de communications pour exemple… ou les progrès en guidages balistiques, ou encore les programmations et les logiciels et les simulations numériques… Ma méthode se destine à ceux qui veulent mieux comprendre les marchés et pour l’appliquer, il faut bien la comprendre et sentir ou même deviner les tendances.

Il y a la culture du marché, mais il y a aussi une grosse part d’intuition dans votre méthode. La méthode n’est pas que sociologique, elle est aussi psychologique.

Oui, il y a une part d’intuitif. Mais il y a des outils factuels à utiliser aussi, comme l’IA… on peut mesurer les occurrences et confronter ses intuitions avec les faits. Mais il faut savoir s’en servir. Je pense écrire prochainement sur une méthode d’utilisation de l’IA. C’est d’ailleurs suggéré tout au long du livre… 
Comment je fais mes recherches sur le web, comment je nourris mes connaissances sociologiques, comment je me sers de mon intuition et comment j’applique ma méthode pour les recherches… ce sera certainement votre prochain opus… 

Merci, monsieur Haddad, pour cet entretien. 

Merci à vous.

Par Yoann Laurent-Rouault, pour Francebourse.com

#FF6D22L'INVESTISSEUR GAGNANT est en vente partout! 
Amazon : https://amzn.to/4qfiUDl
Fnac : www.fnac.com/a21869319/Jean-David-Haddad-L-investisseur-gagnant
Site des libraires : www.leslibraires.fr/livre/25248626-l-investisseur-gagnant-etf-actions-dividendes-une-methode-unique-basee-sur-la-sociologie-pour-battre-durablement-les-marches-jean-david-haddad-realis


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				<author>contact@francebourse.com (France Bourse)</author>
				<pubDate>Fri, 17 Oct 2025 20:28:29 +0000</pubDate>
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				<title><![CDATA[Newsletter TRACKERS by Capital : Interview de Nicolas Gallant et Thomas Andrieu par Jean-David Haddad au sujet des ETF]]></title>
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				 				<![CDATA[A l'occasion de la parution du numéro 2 de la newsletter Trackers by Capital (dite aussi Capital Trackers), Jean-David Haddad, co-auteur de cette newsletter pour ses compétences uniques d'économiste et de sociologue, interviewe les deux autres auteurs que sont Nicolas Gallant et Thomas Andrieu. 

L'interview suivante est le verbatim de l'interview vidéo : 
www.youtube.com/watch?v=yd0dyBspY0M

La newsletter est à retrouver ici : 
www.trackers.capital.fr/

Introduction de Jean-David HADDAD 

Je vous présente à mes côtés Thomas Andrieu et Nicolas Gallant. 

Nicolas Gallant est journaliste chez Capital, c’est le créateur de la lettre « Momentum », dont il va nous dire quelques mots, qui est une newsletter quotidienne. Il est spécialisé en analyse technique, c’est le spécialiste en France des figures chartistes, il a d’ailleurs publié un livre remarquable à ce sujet chez JDH Éditions, Les figures chartistes de l’analyse technique. 
Thomas Andrieu, que tout le monde connaît aujourd’hui, qui n’a que 22 ans – bientôt, je finirai par ne plus mettre le « que » puisqu’à un moment donné, il va rentrer dans des âges qui sont tout à fait normaux par rapport à l’exposition médiatique qu’est la sienne, mais on peut encore dire qu’il est très jeune et qu’il a commencé à écrire son premier livre sur les cycles économiques quand il avait 16 ans ; c’est un véritable passionné. Il a écrit 6 livres, et aujourd’hui il collabore à cette lettre qu’est « Capital Trackers ». 
J’ai proposé à Capital, donc à Prisma Média, de réaliser une lettre sur les ETF parce que c’est un sujet qui est vraiment à la mode, et qu’aujourd’hui beaucoup de gens investissent sur les ETF plutôt que sur les actions, en particulier la clientèle la plus jeune, d’ailleurs. 
Investir sur un ETF, quelque part, c’est investir sur un thème, et pas juste sur un secteur ou un pays. Il y a des ETF à peu près sur tout aujourd’hui, et moi, j’envisage les ETF comme des faits sociaux – on en reparlera après.

Interview 

Jean-David Haddad : Nicolas, peux-tu nous en dire un peu plus sur la lettre « Momentum » que tu animes quotidiennement, sur Capital, ainsi que sur cette lettre que nous faisons ensemble, « Capital Trackers », ta vision, etc. ? 

Nicolas Gallant : « Momentum » est une lettre boursière basée sur l’analyse technique et financière. L’analyse technique permet d’énoncer des tendances à court terme ou à moyen terme sur les actions ou les métaux précieux, par exemple.

Jean-David Haddad : « Momentum », c’est les actions ou les indices, ou tout ?

Nicolas Gallant : Eh bien pour chaque édition, on fait l’analyse technique du CAC 40 et de plusieurs actions, essentiellement des valeurs du CAC 40, et ce tous les jours. Puis on complète avec de l’analyse financière, c’est-à-dire l’analyse des comptes et des sociétés cotés, leurs perspectives, leurs stratégies, l’actualité marquante, et puis si l’action est sous-valorisée ou surévaluée par rapport au cours de Bourse actuel.

Jean-David Haddad : Très bien. Quelques mots sur « Capital Trackers ? Je rappelle qu’il s’agit de la nouvelle newsletter du magazine en ligne Capital, avec Jean-David Haddad, votre serviteur, ainsi que Nicolas Gallant et Thomas Andrieu.

Nicolas Gallant : C’est une lettre qui va traiter de billets d’investissement à moyen terme sur des thématiques qui peuvent être marché-action-pays, marché-action-secteur, mais au-delà de cela, ça peut aussi être une thématique plus précise, peut-être plus restreinte qu’un secteur parfois, et l’avantage des ETF par rapport aux SICAV et aux autres OPCM, c’est qu’on va avoir des frais bien plus réduits.

Jean-David Haddad : Parlons-en des frais. Quels sont les frais sur des ETF en moyenne ?

Nicolas Gallant : Sur les ETF, je dirais que les frais sont en moyenne entre 0,2 et 0,9 %, alors que sur des fonds classiques, les OPCM et les SICAV, les frais de gestion annuelle sont plutôt autour des 2 %, sans parler des frais d’entrée.

Jean-David Haddad : Mais ce qui est assez extraordinaire, et c’est ce qui fait le succès des ETF, c’est que les gens voient ça comme des actions et pas comme des fonds, ils les manipulent comme des actions : ils les achètent, ils les vendent… Tu es d’accord avec ça, Thomas ?

Thomas Andrieu : Exactement, surtout que la définition d’un ETF, c’est Exchange-Traded Fund, c’est-à-dire un fonds coté qu’on s’échange, donc ça reste un fonds mais qui est en train de révolutionner le paysage financier.

Jean-David Haddad : C’est ça, il n’y a pas la lourdeur traditionnelle où il faut voir son banquier, lui dire « je veux acheter tel fonds », « ah mais il y a 3 % de droit d’entrée, plus 2 % de frais de gestion ». Les ETF, c’est beaucoup plus léger, ça fonctionne comme des actions, mais ça reste des fonds. Il faut bien se le dire : ça reste des fonds. Ce ne sont pas des produits dérivés, ça n’a rien à voir, car beaucoup de gens font l’amalgame. Il y a tellement de sigles : ETF, CFD… Ils font l’amalgame avec des produits qui n’ont parfois rien à voir. Vous êtes d’accord, tous les deux ?

Thomas Andrieu : Exactement, et c’est un produit qui permet l’agilité, ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques dizaines d’années, l’agilité en portefeuille : des fois, on peut accéder à des titres avec des ETF auxquels on n’a même pas accès en achetant par exemple des obligations ou tout un tas d’actifs, donc ça permet une véritable agilité pour l’investisseur, pour le meilleur ou pour le pire, mais il faut savoir les manier, et je pense que c’est l’intérêt aussi pour l’investisseur d'avoir une stratégie dans l’approche de ces ETF. 

Jean-David Haddad : Maintenant, j’en reviens à ce que je disais tout à l’heure : est-ce que vous êtes d’accord sur le fait qu’un ETF permet non seulement d’investir sur un secteur ou un pays, mais aussi sur un fait social, sur un phénomène social ? Par exemple, si je prends la défense européenne – on en parlait tout à l’heure, on disait ce qu’on va conseiller, un ETF sur la défense européenne, puis on s’est dit que ça avait bien monté et qu’il faudrait attendre que ça corrige un peu – c’est un phénomène social. Vous avez des sociétés qui n’ont pas annoncé de bénéfices surprenants ni rien du tout, qui sont passées de PER de 15, 18, à des PER de 30, en gros – je n’ai pas les chiffres en tête, mais des sociétés comme Thales par exemple – il n’y a rien eu comme avancée, c’est simplement qu’il y a eu un reclassement social de ces sociétés parce qu’elles deviennent très à la mode, parce qu’elles sont très recherchées, donc est-ce que vous êtes d’accord quand je dis que ça permet d’investir sur un phénomène social ?

Nicolas Gallant : Un autre exemple serait de miser sur le vieillissement de la population.

Jean-David Haddad : Tout à fait, exactement ! Thomas, qu’est-ce que tu en penses ?

Thomas Andrieu : On peut voir le fait qu’effectivement c’est lié à des modes qu’on a toujours connues en Bourse, mais il y a aussi le phénomène social de l’ETF lui-même je pense, qui peut entraîner, parce qu’en Bourse, les flux ETF génèrent de plus en plus de mouvements structurés sur le marché, c’est quelque chose qu’on ne connaissait pas ces dernières années. À chaque creux de marché, on se rend compte que les particuliers rachètent, notamment via des ETF, donc c’est devenu une composante de marché.

Jean-David Haddad : Oui, l’ETF régule les marchés quelque part, tout à fait. Et est-ce que vous pensez que les ETF vont prendre plus de vigueur dans les années qui viennent, que ça va encore plus se développer ?

Nicolas Gallant : Oui je pense, c’est une tendance lourde qui est installée depuis bien 10, 15, 20 ans, et ça gagne en popularité vis-à-vis du grand public.

Jean-David Haddad : Thomas, tu es d’accord avec ça ?

Thomas Andrieu : Alors, effectivement, ça s’est bien développé, mais je pense que la limite va arriver au moment où, quand tout le monde aura son ETF, qu’est-ce qu’il se passe ? Je pense qu’il y a vraiment une logique de tous les fonds se reconvertissent en ETF, à ce moment ce serait plus un changement de paperasse, si je puis dire, que d’allocation, mais ça permet peut-être aussi à plus d’investisseurs d’accéder au marché, donc je pense que tant qu’il y a des générations entières qui vont accéder au marché, ça permettra l’accroissement des ETF. 

Jean-David Haddad : Très bien. En tout cas, nous travaillons tous les trois sur cette newsletter qui est « Capital Trackers », on sélectionne tous les trois les ETF, on se réunit, on discute par un groupe WhatsApp pour sélectionner l’ETF. Ensuite, je fais moi-même l’introduction, j’amène le sujet, je montre pourquoi cet ETF est intéressant – comme vous le savez, ma spécificité est d’être à la fois économiste et sociologue, d’avoir une agrégation de sciences économiques et sociales, ce sont les deux matières que j’enseigne depuis 30 ans, l’économie et la sociologie, je groupe donc les deux pour arriver à un thème, à un sujet sur lequel on va investir. Ensuite, je passe le relais à Thomas qui nous explique un peu le positionnement dans le cycle économique, puisqu’il est spécialiste des cycles économiques, mais au-delà de ça, il parle aussi de la macroéconomie sur sa partie, n’est-ce pas ?

Thomas Andrieu : Exactement, c’est vraiment une approche plus globale, et avec les cycles, on optimise significativement les points d'entrée dans le long terme, et l'ETF, c’est très utile pour ça, ça permet de réallouer facilement son portefeuille sans avoir à vendre 30 actions en portefeuille, etc. Donc c’est effectivement l’idéal dans une stratégie de long terme, c’est bien d’avoir une approche économique parce qu’on a une stratégie aujourd’hui, on anticipe les tarifs de Trump, mais est-ce que finalement ce n’est pas juste un mirage pour quelques mois, est-ce que le risque n’est pas peut-être plus loin, etc., pour parler du contexte actuel. Cette approche macroéconomique, elle est essentielle.

Jean-David Haddad : Et ensuite, c’est Nicolas qui fait une analyse technique, comme il le fait sur « Momentum » et chez Capital, c’est sa spécialité.

Nicolas Gallant : Oui c’est une analyse technique à horizon moyen terme, et je donne aussi le court terme pour ceux qui veulent optimiser le point d’entrée.

Jean-David Haddad : Et ensuite, je réinterviens pour présenter l’ETF en question, et au fur et à mesure, nous aurons beaucoup d’ETF à suivre, donc il y aura un suivi. Thomas, qui est quand même beaucoup plus accès sur les statistiques, nous parlera un peu du bêta et autres, que vous verrez apparaître progressivement dans la newsletter. La newsletter est donc lancée, le n°1 a commencé le 6 mai. Voici les infos à retenir : « Capital Trackers », qui sortira le 1er et le 3e mardi du mois, avec FranceBourse.com, avec Jean-David Haddad, accompagné de Nicolas Gallant et Thomas Andrieu. Abonnez-vous, vous ne le regretterez pas ! Et il n’y a pas d’équivalent sur le marché, ça n’existe pas, mais d’autres vont nous copier, c’est obligé…
Je vous dis à très bientôt.



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				<author>contact@francebourse.com (France Bourse)</author>
				<pubDate>Mon, 19 May 2025 20:13:58 +0000</pubDate>
				<category>Interviews</category>
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				<title><![CDATA[Le secteur du BTP:  LES REVELATIONS D'UN PRO]]></title>
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				 				<![CDATA[Interview de Jean-Pierre Laherre concernant les perspectives du secteur du BTP : des révélations&#8201;! Par Jean-David Haddad

Une vidéo de cette interview que vous retrouverez sur notre chaine Youtube :
www.youtube.com/watch?v=wfwV6jujFwk

Jean-David Haddad : Bonjour à toutes et à tous. Aujourd’hui, j’ai l’honneur de vous présenter Jean-Pierre Laherre, qui est un professionnel du BTP et qui a écrit un livre qui s’appelle Vous m’inspirez&#8201;!, que vous trouverez sur Amazon et toutes les plateformes en ligne. Donc Jean-Pierre, pouvez-vous nous dire quelques mots à la fois sur votre parcours professionnel dans le BTP et sur votre livre&#8201;?

Jean-Pierre Laherre : Eh bien, j’ai eu la joie de travailler pour Des groupes industriels dans l’industrie du bâtiment, de belles boîtes comme GROHE, Villeroy & Boch…

JDH : Vous faisiez quoi exactement pour ces boîtes&#8201;?

JPL : J’étais directeur commercial puis directeur général de ces groupes. J’étais directeur commercial chez Villeroy & Boch, et j’étais directeur général d’un groupe dans l’isolation qui s’appelle URSA.

JDH : Ce qui montre que vous connaissez très bien le BTP.

JPL : Je connais très bien le BTP, j’y travaille depuis plus de trente ans, donc la jeunesse est là, l’expérience surtout, et je connais très bien cet univers côté distribution, metteur en œuvre, prescripteur et industriel.

JDH : Et donc vous avez écrit un livre qui s’appelle Vous m’inspirez&#8201;! Peut-être deux mots pour être bref sur ce livre qu’on trouve partout&#8201;?

JPL : En fait, ce sont des anecdotes de vie professionnelle et de rencontres de personnes qui m’ont inspiré dans ma carrière et ma vie tout court, et ce que je souhaite, avec Denis Gentile qui est le coauteur, c’est que lorsque vous lirez cet ouvrage, vous vous projetiez par rapport à votre propre vie professionnelle et vos propres expériences. C’est l’idée de Vous m’inspirez&#8201;!

JDH : Alors maintenant, quelques questions justement sur le BTP, qui traverse une crise actuellement en raison de l’inflation qu’il y a eu sur les matières premières au cours des dernières années, en raison aussi de la hausse des taux d’intérêt qui a été en partie provoquée par cette inflation. Est-ce que le secteur du BTP au sens large est en crise encore début 2025&#8201;?

JPL : A contrario, on dit que quand le bâtiment va, tout va, et actuellement la conjoncture globale – vous avez cité les taux d’intérêt, ce type de points – n’est pas réjouissante, mais globalement, on est impactés aujourd’hui surtout sur le neuf&#8201;; les gens vont moins acheter de logements neufs, ça coûte cher, le foncier reste élevé, on rénove peu parce que ça coûte cher également mais aussi, bien qu’il y ait les subventions, parce que c’est quand même une usine à gaz pour savoir quelles subventions on peut obtenir, donc tout ça fait que ça freine je dirais à court/moyen terme. Sachant pourtant que la tendance sur les 15 à 20 prochaines années sera très bonne sur l’univers du BTP, qui est un univers à la fois traditionnel et complètement innovant.

JDH : La tendance sera très bonne sur les 15 à 20 prochaines années&#8201;? Donc l’investissement de long terme aujourd’hui pour celui qui est capable de patienter, alors que les entreprises du BTP cotées en Bourse sont aujourd’hui massacrées, ce peut être un bon placement d’après vous&#8201;?

JPL : À mon sens, c’est un bon placement, parce qu’effectivement, avec les valorisations peu élevées…

JDH : Il y a des rendements très élevés du coup&#8201;!

JPL : Oui, avec tout ça, le potentiel est là, car il y a un déficit de logements en France et même en Europe, ça fait des années qu’on en parle, et d’autre part il y a un besoin de rénover le bâtiment&#8201;; on a beaucoup de bâtiments anciens qui sont des passoires thermiques, on en évalue entre 5 et 7 millions, ce qui est énorme.

JDH : Que pensez-vous du fait que des entreprises qui sont spécialisées dans les matériaux pour le BTP sont celles qui sont les plus impactées par la crise et celles qui vont pouvoir le plus se relever, du moins si elles s’en sortent&#8201;?

JPL : Je suis tout à fait de cet avis-là. L’équipement de second œuvre aussi, le sanitaire, le chauffage. Prenons les pompes à chaleur : le problème, c’est que ça a été subventionné à un moment donné, puis les subventions ont été coupées, donc c’est un petit peu un effet de yoyo – ça a été la même chose avant sur l’isolation. Mais globalement, le besoin est là. Donc mon point, c’est de se dire que c’est un métier qui va perdurer, c’est d’ailleurs un métier qu’il faut faire connaître, ce n’est pas uniquement l’investissement en Bourse, mais c’est aussi pour les jeunes un métier qui est en pleine transformation.

JDH : Et les promoteurs immobiliers, où en sont-ils aujourd’hui&#8201;?

JPL : Les promoteurs immobiliers sont vraiment dans le dur, parce qu’ils ont des ventes qui baissent fortement, donc pour eux, c’est très compliqué. Ils essaient de se diversifier aussi vers la rénovation, trouver un équilibre de portefeuille, donc là on est dans le dur, mais à terme, on va retrouver la croissance.

JDH : Merci beaucoup, Jean-Pierre.
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				<author>contact@francebourse.com (France Bourse)</author>
				<pubDate>Thu, 16 Jan 2025 15:19:56 +0000</pubDate>
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				<title><![CDATA[Interview de Thomas Andrieu, auteur d'un livre unique dans les Guides de Francebourse.com]]></title>
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				 				<![CDATA[Nous vous proposons une interview un peu spéciale... Elle ne concerne pas un chef d'entreprise ni un acteur du monde boursier, mais un jeune homme qui est en train de se faire en très peu de temps une place dans l'intelligentsia du monde de la finance. Il s'agit de Thomas Andrieu, qui vient de publier un livre qui intéressera particulièrement nos lecteurs puisqu'il est publié dans le collection "Les guides de Francebourse.com", aux côtés des trois derniers livres de Jean-David Haddad.

En vente sur JDH EDITIONS :
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C'est justement Jean-David Haddad, découvreur de ce jeune talent en 2020, qui mène cette interview décontractée.

JDH : Bonjour Thomas, cette interview est dédiée aux lecteurs de Francebourse, qui ont déjà entendu parler de toi, certains t'ayant vu à des conférences mais pour la plupart ils ne te connaissent pas. Alors, tu as 21 ans, tu as déjà écrit plusieurs livres, tu es un fou d'économie et de finance, en ce sens que c'est une passion dévorante chez toi... Peux-tu nous en dire un peu plus sur toi ? 

Thomas Andrieu : Bonjour JD, merci pour ton invitation. Effectivement, je me suis pris de passion pour l'économie depuis 11 ou 12 ans... et cela ne m'a pas lâché ! J'adore écrire, lire et réfléchir. C'est ainsi que j'ai rédigé mon premier livre à 16 ans... Dans les années qui ont suivi, j'ai eu la chance de travailler avec des médias et des courtiers tout en commençant mes études en économie à Dauphine. A ce jour, je termine mes études au sein du Master Financial Markets de l'Université Paris-Dauphine. Comme une sensation que la passion complète une partie de nous qui faisait défaut...

A 21 ans, tu gagnes déjà ta vie avec les articles que tu écris ici et là. Peux-tu nous donner la liste des médias pour lesquels tu écris et ceux pour lesquels tu as écrit ?

Effectivement, j'exerce depuis 5 ans au service de médias, courtiers, ou particuliers soucieux de décrypter la situation économique ou financière. J'ai travaillé ou travaille notamment pour ActivTrade, Goldbroker, Cafedelabourse, Cointribune, Publications Agora, et d'autres.

Ta passion c'est donc l'économie, et surtout sa partie financière. A l'intérieur de la science économique, tu es déjà, à ton jeune âge, un des plus éminents spécialiste des cycles. Peux-tu nous dire en quelques phrases, comment t'es venue cette passion et ce qui tu as découvert de si passionnant. Sois bref STP, même si ce n'est pas facile! 

A peine adolescent, j'entendais le cours du pétrole fluctuer tous les 6 mois... Assez naïvement, une question s'est imposée à moi : pourquoi les prix fluctuent ? J'étais fasciné... De là, j'ai commencé à lire et à me renseigner sur cette discipline étrange : l'économie. J'ai pressenti qu'en comprenenant l'économie, je comprendrais les rouages de la société. La clé d'une grande porte, en quelque sorte. Mais les véritables secrets de l'économie sont encore bien gardés à notre regard... 

Tu viens de publier, dans la collection "Les guides de Francebourse.com" chez JDH Editions, un tout nouveau livre sans équivalent en France, qui s'intitule "Cycles et fractales pour investir en bourse". JDH Editions édite aussi la collection de l'AFATE (l'association française de l'analyse technique) qui n'était pas adaptée pour ce titre. Est-ce à dire que ce n'est pas un ouvrage d'analyse technique? 


Effectivement, l'étude des cycles en finance est très présente dans l'analyse technique aux Etats-Unis. Mais il n'existe pas à ce jour un ouvrage de référence qui regroupe les multiples méthodes liées à la cyclicité. En ce sens, il s'agit bien d'un ouvrage d'analyse technique ! 
Cependant nous devons garder à l'esprit que les cycles sont utilisés en mathématiques, en communications, en biologie, en médecine et en météorologie, etc... L'étude des cycles est une discipline en elle-même ! 

Pour autant on ne peut pas non plus le qualifier de livre d'analyse fondamentale, n'est-ce pas? 

Oui et non !... Ce n'est pas de l'analyse fondamentale car je n'aborde pas l'étude des fondamentaux sur des critères cycliques. Malgré tout, les fondamentaux doivent être analysés comme des cycles... 

A qui s'adresse ce livre?

Du boursicoteur jusqu'au Trader, ce livre sera utile à tous ceux qui ont quelques notions en finance. Simplement car les cycles peuvent être utilisés aussi bien en analyse technique qu'en analyse quantitative ! 

Les lecteurs de Francebourse ne sont pas, dans leur majorité des traders mais plutôt des investisseurs individuels. Ce qu'on appelle dans le langage courant "boursicoteurs". Quelques passionnés aussi... Que trouveront-ils qui soit susceptible de les intéresser dans ce livre? 

Ce livre expose de nombreux phénomènes structurels que le boursicoteur doit connaître ! 
Le boursicoteur peut considérablement améliorer ses performances en maîtrisant quelques phénomènes simples comme : la saisonnalité annuelle du marché qui persiste formidablement ces dernières années, les cycles dominants sur le marché, le cycle présidentiel (qui a encore fait ses preuves cette année !), et de nombreux phénomènes temporels (liés au FOMC, aux publications, etc). 
L'investisseur qui connaît ces quelques éléments peut parfois facilement surperformer les indices boursiers. Une stratégie cyclique élémentaire sur le CAC 40 aurait permis de doubler la performance de ce dernier depuis 2000 (de 4 % par an à 8 % par an en moyenne avec moins de risque) ! 

Connais-tu Francebourse? As-tu déjà lu ce que nous écrivons? Qu'en penses-tu d'une manière générale? 

Je regarde ponctuellement francebourse depuis quelques années. C'est un site formidable pour découvrir certaines valeurs ou simplement rester à jour selon la dynamique des marchés. 

Dis-moi : pour faire ce métier depuis plus de 20 ans, j'ai noté que les fractales, cela avait commencé à être à la mode au milieu des années 2000... puis plus rien. Pourquoi?

Les fractales ont été découvertes principalement par Benoit Mandelbrot autour des années 2000. Malgré ce grand engouement, les fractales ont un inconvénient majeur pour leur application pratique dans les salles de marché : leur complexité. Néanmoins, avec quelques notions en mathématiques, il est aujourd'hui possible de coder quelques programmes qui cherchent à approximer la mesure des fractales. Et 25 ans plus tard, je peux confirmer que les fractales sont un outil extrêmement puissant ! 

Cette année n'est pas brillante pour les small caps, ni d'ailleurs pour les valeurs françaises dans leur ensemble. Alors que les indices américains sont au top et que les valeurs européennes se portent plutôt bien. Sommes-nous dans un cycle? As-tu des espoirs que cela s'inverse prochainement?

Les grands indices small caps, comme le RUSSELL 2000 aux Etats-Unis ou le CAC Small en France, montrent une étonnante cyclicité. Les derniers sommets majeurs de ces indices small ont été 2018 et 2021 / 2022. A l'inverse, les creux majeurs ont été 2016, 2020 et potentiellement 2023. Les small caps sont ainsi structurellement corrélées au cycle court de l'économie (ou cycle de Kitchin). Par conséquent, si les small caps doivent rebondir, c'est maintenant ou jamais ! Mais les risques d'avoir une récession d'ici 2 ans apparaissent déjà... 

Concernant l'automobile à présent, dont les valeurs sont massacrées depuis 6 mois, penses-tu aussi à un contexte cyclique ? Et dans ce cas peux-tu prévoir à peu près une inversion ? Vu ton jeune âge, personne ne t'en voudra si tu te trompes... Et si tu vois à peu près juste, nos lecteurs se souviendront de toi! 

Comme les small caps, l'automobile est très sensible au cycle de Kitchin. Le dernier creux majeur était en 2020/2021, et nous pouvons légitimement penser que le secteur a atteint un maximum ces derniers mois. Il suffit de regarder le dynamisme du secteur... sans parler de l'électrique... Le rebond de l'automobile pourrait intervenir une fois ce brouillard économique dissipé (cela peut intervenir rapidement, d'ici 1 an, comme d'ici 2 ou 3 ans en cas de récession tardive). Malgré tout, je ne suis pas certain que le secteur de l'automobile (ce qu'il en reste) soit aussi enviable dans les 10 prochaines années avec des coûts croissants... 

Maintenant, on repart sur toi à titre personnel. Investis-tu en bourse? 

J'investis ! J'investis à long terme sur la plupart des actifs : actions, métaux précieux, obligations, cryptomonnaies. Ma stratégie est orientée à long terme et je tente de suivre au mieux le cycle économique. Par exemple, je me suis exposé largement aux actions et aux métaux précieux en 2022 et 2023, et plus récemment aux obligations. Mais en 2024, tout devient assez cher alors que le cycle de Kitchin approche de son sommet... 

Tu ne fais pas de trading? Les jeunes de ton âge adorent cela. Mais je ne peux pas les aider...

Le trading requiert évidemment des compétences, mais surtout du temps ! Je ne désespère pas de m'essayer au trading, mais je pense qu'il vaut toujours mieux trader avec un portefeuille de long terme comme "matelas". 

Enfin, as-tu une idée de ce que tu souhaites faire après tes études?

Mes études en Master Financial Markets à Paris-Dauphine sont extraordinaires ! J'ai toujours voulu travailler dans les salles de marché, c'est stimulant et très rigoureux à la fois. Aujourd'hui tout me prédispose à travailler dans la finance de marché et à vivre ma passion !  

Moi je dis que tu finiras au bas mot ministre de l'économie mais cela ne te réjouit pas du tout! Pas vrai?

Le ministère de l'économie est assurément le plus périlleux ! Mais la politique a ceci de beau qu'elle est aussi brusque que porteuse... Je garde souvent à l'esprit cette citation troublante de Napoléon : "Une puissance supérieure me pousse à un but que j'ignore. Tant qu'il ne sera pas atteint je serai invulnérable, inébranlable. Dès que je ne lui serai plus nécéssaire, une mouche suffira pour me renverser".

Enfin, je voudrais dire à nos lecteurs que c'est moi qui t'ai découvert quand tu avais 16 ans! Ca te parait loin vu qu'à ton âge on a une sensation de temps plus lent qu'à 50 ans?

Exact ! "Le temps est le plus sage de tous les conseillers", disait Périclès... 
Mais la jeunesse, dépourvue des conseils du temps, se résout souvent à croître selon ses propres ambitions... :)

Thomas, merci de cette interview!

Pour Francebourse.com
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				<author>contact@francebourse.com (France Bourse)</author>
				<pubDate>Wed, 9 Oct 2024 16:24:02 +0000</pubDate>
				<category>Interviews</category>
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				<title><![CDATA[JDH interviewe Paul Amsellem, PDG de Sirius Media et entrepreneur aguerri]]></title>
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				 				<![CDATA[Paul Amsellem est l'invité d'honneur de Francebourse.com 
JDH a sollicité une interview afin que le PDG de Sirius Media puisse s'exprimer à destination d'un public d'investisseurs individuels, très férus de small caps. Cela après une chute spectaculaire du titre Sirius. 

– Monsieur Amsellem, bonjour. J’ai découvert votre action suite à la publication d’un dossier sur les penny-stocks au mois de mai. Depuis, le titre Sirius Media a été divisé par 20&#8201;! Arrivant aujourd’hui à une capitalisation de 1,3M€. Je sais bien qu’un dirigeant d’entreprise n’a pas vocation à commenter le cours de Bourse de son action, mais sans le commenter, qu’est-ce que cela vous inspire comme sentiment&#8201;? 

PA : Bonjour à vous. J’ai beaucoup de frustration en ce moment car nous travaillons d’arrache-pied afin d’arriver à positionner le groupe sur un secteur en croissance, avec un catalogue historique très fort et des produits en développement qui sont incroyables. Je vous rappelle que nous avons une société commune au sein du groupe avec Marc Levy, auteur français qui vend le plus de livres dans le monde et dont nous adaptions les œuvres. La Bourse, et je peux le comprendre, a tout misé sur le succès commercial de Zak & Wowo, c’est sans doute ma faute car j’adore le film, j’en ai beaucoup parlé et les business plans que l’équipe de direction m’a présentés étaient à l’époque extrêmement positifs… trop sans doute… Sorti une semaine après Vice-Versa, qui a réalisé un succès immense au box-office, le film n’a pas fonctionné, il a été totalement écrasé par la concurrence. Le timing était mauvais, le marketing léger. Depuis, nous avons changé l’organisation de la société, j’ai repris les commandes directement de Sirius Media Production, Robert Kopple a rejoint le board de Sirius Media Production afin de m’aider&#8201;; c’est un entrepreneur incroyable et très solide, et je restructure la dette, réduis les coûts et accélère le développement du groupe. Je tiens à rappeler que nous avons fait, en 2023, 26,9M de revenus, 15M d’EBE, 4,1M de résultat d’exploitation avec des capitaux propres de 11,2M, ce n’est pas rien, y compris dans notre industrie, être valorisé 1,3M ne fait pas sens. Je me permets d’ajouter que notre filiale Sirius Media Production avait besoin de cash début janvier 2024 et que mon partenaire Robert Kopple et moi-même avons injecté plus de 2,5M pour soutenir l’activité. Cela n’a pas été suffisant, car le modèle de financement de Zak & Wowo a été extrêmement mal pensé et opéré&#8201;; en réalité, dans l’industrie du cinéma, personne ne finance les films sur ses fonds propres, mais au travers de coproducteurs, d’accords de distribution avec les chaînes, et les pays. Dans le cas de Zak & Wowo, la direction a fait le choix de le faire sur fonds propres et d’attendre les résultats de la sortie, et quand la sortie n’est pas à la hauteur des attentes, cela fait prendre un risque important pour l’activité. Afin d’éviter ce risque, nous avons aussi choisi de faire des obligations convertibles, qui font peur en général&#8201;; sachez qu’en tant que premiers et seconds actionnaires de Sirius Media, Robert et moi sommes les premiers impactés. Bien évidemment, l’année 2024 sera une année de transition, et je ne m’attends pas à des résultats exceptionnels, mais nos plans pour 2025 sont bons et devraient nous permettre de retrouver une nouvelle trajectoire de croissance. Pour ne rien vous cacher, bien que travaillant sur le repositionnement du groupe, je continue à regarder à la fois des cibles d’acquisition, mais aussi des rapprochements industriels, car nous sommes très sollicités actuellement. Entre le lancement raté, les besoins de financement largement sous-estimés par la société, la mauvaise compréhension des obligations convertibles, des articles de presse très mauvais sur l’ancienne direction, nous avons cumulé tous les problèmes. Je tiens à souligner qu’un film d’animation a une vie non seulement en France mais aussi à l’étranger, à la TV et sur les plateformes, donc les revenus vont forcément venir et le pipe de production est très encourageant super fort, avec en particulier l’adaptation d’un nouveau livre de Marc Levy, Le Petit Voleur d’Ombres, pour 2025. Je prends la crise de 2024 comme une opportunité de rebondir, j’ai eu la chance dans ma carrière de monter des sociétés, d’en introduire en Bourse, d’en céder mais aussi d’avoir à en réorganiser, donc cela ne me fait pas peur, au contraire, je pense juste qu’il faut savoir être patient, et que cela paiera pour les actionnaires qui sauront comprendre notre évolution et notre modèle de développement. 

– Pouvez-vous nous présenter votre parcours personnel à Sirius Media, ex-Metadvertise&#8201;?

PA : Après avoir créé et cédé deux sociétés dans le domaine des technologies marketing et mobile, mais aussi après avoir été Directeur Général de Nokia en France, j’ai créé Metadvertise il y a 12 ans, nous étions le leader français de la publicité mobile avec des bureaux à Berlin, Milan et Paris. En 2022, j’ai décidé au sortir du Covid de céder les activités mobiles au groupe Azerion, car la croissance du secteur n’était plus au rendez-vous et la concurrence des gros acteurs devenait trop forte. Pour rappel, j’ai fait le deal seul en cédant pour plus de 11M la société qui faisait à l’époque 500K€ max d’EBITDA, ce qui n’est pas un mauvais deal. Ensuite, j’ai regardé le deal Triple A qui m’a été présenté par Park Capital, déjà actionnaire de Metadvertise et propriétaire de la société Triple A&#8201;; le secteur m’a plu, la dynamique aussi, ainsi que le catalogue, et nous avons pris 51 % de Triple A en décembre 2022. 2023 s’est passée plutôt tranquillement, ayant un regard de board member sur une société opérée par une équipe de management qui certes n’avait pas l’expérience du secteur mais semblait bien mener son projet. Or, début 2024, les difficultés sont arrivées, avec des décalages répétés de la sortie de Zak & Wowo sur lequel j’avais communiqué, un marché qui se tendait, et surtout un manque de lucidité et d’expertise du management qui a conduit à son remplacement. Bref, les quelques derniers mois ont été très durs pour moi, car il a fallu remonter sur le ring, se retrousser les manches afin de stabiliser la société. 

– Aujourd’hui, Sirius se targue d’un beau catalogue. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce catalogue et sur les partenariats que vous avez noués, en particulier avec Canal +&#8201;?

PA : Nous avons un catalogue très large avec plus de 600H de programmes, de Franck Riva avec Alain Delon, en passant par des Commissaire Moulin, ou encore Zoé et Milo, ou L’amour presque parfait qui était top 5 sur Netflix, nous avons un véritable savoir-faire de production. Nous travaillons avec tous les diffuseurs en France et en Europe. 

– Le cours de Bourse est plombé par les OCA. Je déconseille en général toutes les sociétés qui recourent à ces instruments. Cela dit, il ne faut pas être borné et il faut voir les nuances qui existent entre ces entreprises. Quel est selon vous le potentiel de dilution restant avec les OCA qui restent à convertir&#8201;? 

PA : 60 % des OCA ont été converties à date et entre nous, cela ne veut pas dire grand-chose, car si vous prenez tous les multiples du secteur, les sociétés se vendent ou se valorisent entre 6 et 8 fois l’EBE, donc discuter de dilution quand le cours est à 1,3M ne fait pas sens. Même si vous avez encore 200 % de dilution, le deal reste très bon. 

– Dans combien de temps pensez-vous que tout aura été converti&#8201;?

PA : Je ne maîtrise pas le timing, mais en fonction des annonces de la société, du volume, cela devrait être assez rapide. Après, nous avons encore des enjeux financiers donc nous étudions toutes les possibilités de financement, bien entendu je préfèrerai faire de la dette que des OCA. 

– D’après mes observations, ce sont essentiellement des actionnaires individuels, dits petits porteurs, qui animent le flottant chaque jour en Bourse. Ces derniers sont obsédés par l’échec du film d’animation Zak & Wowo. Cet échec est-il susceptible de couler Sirius&#8201;? 

PA : Impacter, faire mal, oui sans aucun doute, c’est déjà le cas. Mais penser qu’une société qui a plus de 25 ans va couler à cause de cela, je ne le pense pas. Le board de Sirius Media s’est engagé à soutenir l’entreprise&#8201;; maintenant, nous ne sommes pas à l’abri, comme toute société, de facteurs exogènes, donc restons prudents, mais entre nous, je vois beaucoup plus une remontée qu’un échec. 

– Étant aussi éditeur de livres via la marque JDH Éditions, je connais très bien le principe aléatoire des succès des produits culturels et de divertissement. Une fois l’échec constaté, il faut passer à autre chose et voir l’avenir. Justement, dans les mois qui viennent, quels sont les films sur lesquels vous espérez du succès&#8201;?

PA : Nous partageons les mêmes problématiques. Nous avons Zak & Wowo à continuer à commercialiser, Le Petit Voleur d’Ombres à sortir, et nous avons au moins 8 à 10 productions en développement, pour certaines ce n’est que la suite logique de leur succès passé… Je ne peux pas vous en dire plus, mais 2025 et 2026 devraient être de belles années. Notre problème principal sur Zak & Wowo n’est pas le film en tant que tel, mais la structuration financière initiale complètement aberrante et le pilotage du projet sans aucune expertise&#8201;; heureusement, tout cela a changé. Je peux vous dire que Robert Kopple qui connaît bien l’industrie du cinéma, vivant à Los Angeles, a été le moteur à mes côtés de la transformation du groupe, et je tiens à le remercier. 

– Comment imaginez-vous Sirius dans 3 ans&#8201;? 

PA : Sirius dans 3 ans aura plusieurs divisions, j’aime beaucoup le merchandising et j’espère que nous allons pouvoir regarder cette verticale complémentaire à la production, nous allons sans doute accélérer la distribution car l’échec de la distribution de Zak & Wowo en France m’a fait beaucoup réfléchir, enfin je pense que nous allons aussi acquérir d’autres sociétés de production, voire se rapprocher d’acteurs qui ont les mêmes ambitions que nous. 

– À titre personnel, quel est l’entrepreneur que vous admirez le plus&#8201;? 

PA : Cela va vous paraître assez dingue, mais j’adore mon partenaire Robert Kopple qui, venant d’une famille défavorisée de la banlieue de Chicago, est devenu avocat, s’est installé à Los Angeles et a monté un empire diversifié tout en gardant son cabinet d’avocat. Je l’aime car à chaque appel que je passe avec lui, et nous nous parlons très très souvent, il s’excuse de ne pas parler français, me demande des nouvelles de ma famille et surtout ce qu’il peut faire pour moi, et quand nos discussions s’enveniment, il me rappelle systématiquement après en me demandant s’il n’a pas été trop dur avec moi. Robert est juste incroyable, il peut arrêter de travailler sans problème mais continue car il aime profondément le business, les gens. Il aime la France et y passe une grosse partie de son temps. Il a quelques belles voitures mais sa préférée est sa Smart. 

Merci beaucoup, et souhaitons le meilleur à Sirius Media&#8201;!

Francebourse.com
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