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Article du 22/06/2016

JD Haddad interviewe Frederic Granotier, PDG de LUCIBEL


Jean-David Haddad a rencontré pour une publi-interview le PDG de Lucibel, Frederic Granotier. Ce dernier répond aux questions de JDH, pour informer les lecteurs de Francebourse

JDH : Mr Frederic Granotier, vous êtes le PDG de la société Lucibel, cotée sur Alternext. Quand cette société a-t-elle été fondée?

FG : Bonjour, Lucibel a été fondée en 2008 et introduite sur Alternext en 2014 à un prix de 14€.

JDH : En quelques mots, quel est aujourd’hui, au moment où l’on parle, le principal métier de Lucibel ?

FG : LUCIBEL est une entreprise française qui conçoit, fabrique et commercialise dans plus de 20 pays des solutions d’éclairage LED à destination de clients professionnels. L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 28M€ en 2015, en croissance de 14%.

JDH : Des exemples d'éclairages et de clients s'il vous plait?

FG : Eclairages de boutiques, d'entrepôts, de bureaux... Comme clients, je peux citer Eram, Etam, Casino, Okaïdi, pour citer des enseignes que chacun connait

JDH : Si j’ai bien compris, dans les mois et années qui viennent, le principal métier de Lucibel devrait être différent. Quel sera-t-il ?

FG : La révolution permise par la LED (cette puce électronique qui émet de la lumière quand elle est traversée par un courant électrique) va bien au-delà de l’éclairage, avec notamment la possibilité de transmettre de l’information, un peu comme du morse optique. C’est la technologie LIFI, qui permet d’accéder à internet par la lumière. LUCIBEL est pionnier sur cette technologie. Notre entreprise va donc faire son entrée dans le domaine de l’IT avec cette solution très innovante et à très forte valeur ajoutée qui va concurrencer progressivement le WIFI.

JDH : Et comment va s’opérer la transition ? Dans combien de temps le LIFI sera prédominant dans le chiffre d’affaires ?

FG : Le LIFI LUCIBEL va se positionner, dans une 1ere étape, comme une technologie complémentaire au WIFI, en étant déployée dans les environnements où le WIFI ne peut être installé en raison des risques de piratage (centres de R&D, agences bancaires) ou à cause des ondes potentiellement nocives pour la santé (crèches, écoles).
Puis, à partir de 2018, nous prévoyons une généralisation du déploiement de la technologie LIFI, grâce à une fabrication qui permettra de rendre son coût attractif par rapport à une solution WIFI.
C’est donc à l’horizon 2020 que l’activité LIFI deviendra prédominante dans le chiffre d’affaires de LUCIBEL.

JDH : Estimez-vous qu’il y aura une concurrence importante sur cet incroyable créneau qu’est le LIFI ?

FG : une vingtaine de start-up travaille sur cette technologie au niveau mondial, mais LUCIBEL et son partenaire écossais Pure LIFI sont très en avance sur les autres.
LUCIBEL sera la 1ère société en Europe à mettre sur le marché, en septembre prochain, une solution LIFI permettant aux entreprises d’accéder à internet par la lumière.
Vu la taille du marché de l’accès à internet par le WIFI, cette technologie de rupture est appelée à un très bel avenir donc la concurrence sera forte. Nous avons aujourd’hui clairement une longueur d’avance. L’enjeu pour LUCIBEL sera de la conserver.

JDH : Vous m’avez montré un petit appareil qui a pour but de traiter les rides par la lumière ! Pouvez-vous m'en dire plus sur ce produit?

FG : Vous parlez du LINE 5 qui permet en effet de traiter les rides et vergetures par administration de lumière LED sur une longueur d’onde spécifique qui a la propriété de traverser les tissus et donc d’apporter de l’énergie aux cellules. On peut ainsi permettre aux cellules de se régénérer plus rapidement. C’est le principe de la photo-biomodulation, très utilisé en dermatologie aux Etats-Unis. On l'applique le plus simplement du monde, comme je le fais à l'instant sur votre main (NDLR : voir photo)

JDH : Amusant et intéressant. Est-ce un gadget ou bien envisagez-vous pour ce produit une commercialisation de masse, ce qui nécessiterait de passer par des pharmacies ou autres distributeurs ?

FG : Ce n'est absolument pas un gadget mais bel et bien un outil ayant des applications para-médicales. Nous commercialisons ce produit sur le web et par un réseau de vente directe en France, et avons déjà vendu près de 2000 produits. Nous sommes en discussion avec des distributeurs pour commercialiser ce produit également à l’international.
L’expertise que nous avons acquise, par la conception de ce produit, sur l’impact de la lumière sur le bien-être et la santé vont nous permettre de mettre sur le marché d’autres solutions innovantes dans les prochains mois.

JDH : Si on se projette en 2020, qui est un horizon raisonnable pour un particulier qui achèterait aujourd’hui des titres Lucibel, quelle sera la part de ce produit dans votre CA ? Et plus généralement, comment imaginez-vous, à cet horizon, la ventilation de votre CA entre LED, LIFI et cet appareil ?

FG : A l’horizon 2020, le LIFI devrait compter pour 50% dans le chiffre d’affaires de LUCIBEL, et l’éclairage LED « classique » en représentera environ 35%. Les solutions conçues à partir de LED pour des applications dans le bien-être ou la cosmétique (incluant le LINE 5 et des éclairages circadiens, à savoir des éclairages qui combinent différentes longueurs d’onde pour reconstituer certaines phases de la lumière du jour, en fonction des effets recherchés) compteront pour 15% de notre Chiffre d’affaires.

JDH : 3 grands pôles d'activités à horizon 2020. Envisagez-vous des scissions et donc des mises en bourse de filiales sur le marché afin de créer de la valeur pour les actionnaires?

FG : Pas de tel projet sur le court terme vu que ces activités sont balbutiantes, mais à long terme je serai ouvert à tout ce qui peut créer de la valeur pour les actionnaires dont je fais partie

JDH : Sur les 4 dernières années, votre CA a été en croissance, mais vous êtes en pertes. Quand espérez-vous très sincèrement atteindre le point mort en opérationnel ? Et le point mort en résultat net ?

FG : Les pertes des dernières années s’expliquent par les coûts significatifs que nous avons engagés en R&D et en développement commercial et marketing, en France et dans nos filiales internationales et par les coûts liés à la relocalisation de notre usine en Normandie, à Barentin. Nous allons pouvoir commencer à récolter les fruits de ce tout ce que nous avons semé ces dernières années. En effet, nous confirmons notre objectif d’EBITDA positif pour l’année 2016 et nous visons un résultat net positif en 2017.

JDH : Une fois que le point mort sera dépassé, à combien espérez-vous la marge nette de Lucibel ?

FG : En rythme de croisière, la marge nette de LUCIBEL devrait être de 10%.

JDH : Votre société est-elle endettée ?

FG : Nous avions 7,5M€ de dettes (hors affacturage) au 31 décembre 2015 pour 11,5 M€ de fonds propres.

JDH : Pour vous développer, envisagez-vous d’avantage la piste du crédit ou celle des augmentations de capital ?

FG : Aucune augmentation de capital n’est prévue à ce jour. Nous allons privilégier la piste du crédit mais nous avons aujourd’hui suffisamment de cash (4M€ de cash brut au 31 décembre 2015) pour atteindre notre point mort.

JDH : 7.5M€ de dettes, et 4M€ de trésorerie. Donc cela fait 3.5M€ de dette nette. Soit un gearing de 30%

FG : Je confirme votre calcul

JDH : Et pour l'avenir toujours, envisagez-vous plutôt la piste de la croissance interne ou externe ?

FG : Les deux ! Mais de la croissance organique dans un premier temps, puis de la croissance externe lorsque notre cours de bourse aura remonté ! Pas maintenant.

JDH : Pouvez-vous nous indiquer quelle est votre part dans le capital de l’entreprise ? Et qui sont les autres actionnaires ?

FG : Etoile finance, ma société holding, et moi-même détenons 22% du capital de LUCIBEL. Les autres actionnaires sont BPI France (6%), Aster Capital (fonds d’investissement créé par Schneider Electric) : 7%, et la banque CM-CIC (5%). Les salariés possèdent 6% du capital et le flottant représente 54%.

JDH : J’ai imaginé un slogan pour Lucibel : « La lumière, votre matière première ». Qu’en pensez-vous ?

FG : Beau slogan, Bravo ! Oui, LUCIBEL est experte en technologie LED et est donc capable de tirer de la valeur de chacune des applications de la lumière LED, de l’éclairage à l’accès à internet par la lumière, en passant par les applications dans le bien-être et la cosmétique !

JDH : A ce jour, Lucibel réalise sur 2015 une des plus mauvaises performances d’Alternext, perdant 40% depuis le 1er janvier. Cette situation vous préoccupe-t-elle ?

FG : Ce n’est pas agréable mais cela ne m’empêche absolument pas de dormir ! Je suis très confiant sur le potentiel de retournement et de création de valeur du titre LUCIBEL. Pour votre information, j’ai souscrit, via ma holding et à titre personnel, pour 1,2M€ d’actions LUCIBEL lors de la dernière augmentation de capital en avril 2015. Le prix était de 4 euros par action et je trouvais qu’il était déjà très bas, donc à 2 euros par action, je vous laisse imaginer ce que j’en pense….

JDH : Estimez-vous communiquer comme il le faudrait auprès des actionnaires individuels ?

FG : Nous sortons régulièrement des communiqués de presse mais renforcer notre communication et notre présence auprès des actionnaires individuels est un axe prioritaire pour moi, vu notre flottant. Nous participons chaque année au salon « Actionaria » mais je travaille sur d’autres initiatives que nous allons mettre en place sur le court terme.

JDH : Pour finir cette interview, et comme je le fais avec chaque chef d'entreprise, une question moins convenue. Quel est le chef d’entreprise que vous admirez le plus et/ou que vous auriez aimé être ?

FG : J’ai beaucoup d’admiration pour Elon Musk (NDLR : fondateur de SpaceX et PDG de Tesla). Son intuition pour l’innovation disruptive est exceptionnelle et il est l’illustration vivante de ma devise préférée, qui caractérise si bien l’état d’esprit entrepreneurial : « ils ne savaient pas que c’était impossible donc ils l’ont fait ». C’est aussi ce que LUCIBEL fait avec le LIFI…

JDH : Merci beaucoup d’avoir éclairé nos lecteurs sur votre société

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