Si l’incertitude avait été levée récemment concernant la santé du leader cubain par des images d’une rencontre entre Fidel Castro et son homologue vénézuelien, Hugo Chavez, une émission radiophonique « Ola Presidente », vient confirmer le rétablissement de l’octogénaire. « Je me sens bien et je suis heureux », a déclaré le Lider Maximo.
Les deux chefs d’Etat se sont entretenus pendant plus d’une demi-heure en anglais, dans le cadre d’une émission, retransmise en différé à Cuba mardi soir. « J’'ai l’impression d’avoir plus d’énergie, je me sens plus solide et j’ai plus de temps pour étudier. Je suis redevenu un étudiant », a exprimé le chef d’Etat cubain.
Fidel Castro est revenu sur l’actualité cubaine et internationale, allant même jusqu’à mentionner la chute des bourses de Shanghaï et New York. « Je suis très au courant » de l’'actualité, a souligné le président cubain.
En revanche, il est resté très évasif sur un éventuel retour au pouvoir. « À tout le monde, je demande patience et calme », a-t-il dit avant de renchérir : « et je demande aussi de la tranquillité pour moi, pour pouvoir me consacrer à mes nouvelles tâches. » Certaines phrases en revanche pourraient assez bien évoqué la conscience de l’homme qui est l’aurore de sa vie : « On ne peut pas oublier le facteur temps et, à mon avis, il nous reste peu de temps, et ils en sont apparemment plus conscients ».
« Tu as fait de moi une espèce d’émissaire ou de source. Celui qui veut savoir comment va Fidel vient ici, m’appelle et parle avec moi », a de son côté déclaré Hugo Chavez, qui est en quelque sorte devenu son ami et confident.
Il faut dire que leurs deux pays ont tissé de nombreux liens depuis 2001. Les accords de collaboration entre les deux nations en 2006 auraient atteint une valeur de plus de 700 millions de dollars, selon les autorités concernées. Les échanges seraient à la fois économiques mais aussi sociaux voire humanitaires, d’après le Venezuela : Cuba aurait ainsi participé à la campagne d’alphabétisation, au progrès de l’aide médicale… tout cela dans le cadre de l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), à laquelle se sont joints le Nicaragua, la Bolivie et l’Équateur.
Fidel Cuba avait été opéré le 27 juillet dernier d’une hémorragie intestinale et depuis les informations concernant son état de santé parvenaient au compte-gouttes. Le leader a laissé la place à son frère cadet, Raul. La transition s’est faite sans heurts, même si le peuple cubain lui préfère son frère et l’a affublé d’un certain nombre de surnoms tels que « El Casquito » , «le Petit Casque » ou « El Burro », « l’Ane ».