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Jeux : La France pour une « ouverture maîtrisée » à la concurrence des paris en ligne

Article du 06/11/2007
La France défendra mardi devant la Commission européenne le dispositif d' « ouverture maîtrisée » de ses paris sportifs en ligne (courses hippiques, rencontres sportives), étape dans le processus d'ouverture du monopole français des jeux.
Le ministre du Budget, Eric Woerth, et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, rencontreront à Bruxelles le commissaire au Marché intérieur, Charlie McCreevy, très critique sur le monopole du PMU et de la Française des Jeux (FDJ) sur les paris sportifs.
Mis en examen cette semaine en France pour infraction au monopole du PMU et de la FDJ, le Suédois Petter Nylander, PDG de la société de paris en ligne Unibet, avait appelé à la fin du monopole des jeux en France.
En 2006, le PMU a enregistré 400 millions d'euros pour les paris hippiques en ligne (5% de son CA de 8,1 milliards). La FDJ a relevé 10 millions pour les paris en ligne sur les rencontres sportives (0,1% de son CA de 9,5 mds).
Mais derrière ces chiffres plutôt modestes, les deux opérateurs étant tenus à limiter le volume de leurs paris, se cache l'énorme marché des paris en ligne. Selon Graham Wood, consultant en jeux d'argent, ce marché a dépassé les 4 milliards d'euros en Europe en 2006.
Dans l'entourage d’Eric Woerth, on souligne que la rencontre à Bruxelles est « très importante » pour la suite du processus. La Commission avait adressé en juin un « avis motivé » à la France lui demandant d'ouvrir son monopole pour se mettre en conformité avec la législation européenne. La France avait jusqu'à la fin octobre pour répondre, ce qui a été fait par écrit « le 29 octobre », selon l'entourage d’Eric Woerth.
« Nous avons de bons contacts avec les autorités françaises et nous sommes assez confiants que nous pourrons résoudre cette question avec la France », avait commenté le 23 octobre Oliver Drewes, porte-parole de Charlie McCreevy.
De son côté, Eric Woerth plaide pour une « ouverture maîtrisée » du marché des paris en ligne. Le 17 octobre devant les députés, il avait ainsi insisté sur « la nécessité de contrôler le volume de l'offre et la nature des jeux » ajoutée à celle « d'une parfaite égalité de traitement fiscal entre les différents opérateurs ».
Evoquant les risques de « blanchiment, de fraudes, d'addiction » présentés par ce type de paris, il avait prévenu que « la protection contre tous ces risques n'était évidemment pas négociable ».
Quant aux deux opérateurs français concernés, ils ne sont pas opposés à une ouverture mais sous conditions.
Lors d'un colloque le 17 octobre à Paris sur « l'adaptation du modèle français des jeux de hasard », le président du PMU Bertrand Belinguier avait demandé l' « égalité de traitement fiscal » entre les futurs opérateurs et le PMU. Il avait également prôné que ces opérateurs versent le même pourcentage de leurs résultats à la filière hippique que le PMU (650 millions d'euros en 2006).
Le PDG de la Française des Jeux, Christophe Blanchard-Dignac, avait insisté, lors de ce colloque, sur la nécessité que les opérateurs soient « disposés en permanence à répondre à la canalisation du jeu ».
Actuellement, la FDJ enregistre quelque 10 000 parieurs en ligne par semaine. Un chiffre à comparer avec les 500 000 parieurs par semaine sur les autres sites internet. Ainsi la première société européenne de jeux en ligne, Unibet, dont le siège est à Malte, enregistre chaque jour 100 000 transactions (paris, versements, paiements).

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