Euthanasie : le tribunal de Dijon se prononce sur la requête de Chantal Sébire
Article du 17/03/2008
Le tribunal de grande instance (TGI) de Dijon a rejeté lundi la demande d'euthanasie active formulée par Chantal Sébire, une patiente de 52 ans atteinte d'une tumeur incurable, suivant ainsi les réquisitions du procureur de la République, a-t-on appris de source judiciaire.
Le procureur de la République de Dijon avait requis mercredi « l'irrecevabilité de la requête en l'état actuel de la loi » (loi sur la fin de vie du 22 avril 2005, ndlr), lors de l'audience en référé.
Dans l'émission « Revu et corrigé » sur France 5 samedi soir, Chantal Sébire, interrogée au téléphone, a laissé entendre qu'elle ne ferait pas appel si sa demande était rejetée, mais elle a également ajouté: « je sais maintenant comment me procurer ce dont j'ai besoin, et si je ne me le procure pas en France, je me le procurerai ailleurs ».
La loi sur la fin de vie du 22 avril 2005 tend à instaurer un droit au « laisser mourir » sans permettre aux médecins de pratiquer une euthanasie active. Elle autorise l'utilisation de sédatifs, de calmants et d'antalgiques à des doses nécessaires pour supprimer toutes douleurs physiques ou morales, même si l'utilisation de ces médicaments abrègent la vie.
Le 26 février dernier, Chantal Sébire avait ému le pays entier en lançant un appel aux secours auprès des medias et du président de la République pour qu'on « l'accompagne dignement dans la mort ».
Cette ancienne institutrice, domiciliée à Plombières-les-Dijon (Côte-d'Or) et mère de trois enfants, a appris en 2002 qu'elle était atteinte d'une "Esthesioneuroblastome", une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale. Une maladie très rare - environ un millier de cas ont été recensés dans le monde depuis 20 ans -, incurable et dont l'évolution provoque une déformation spectaculaire et irréversible du visage et des souffrances « atroces », selon Chantal Sébire.