Baccalauréat : Et si les épreuves étaient étalées sur deux ans ?
Article du 12/06/2008
Le verdict du rapport du groupe de travail « A quoi sert le baccalauréat ? », présidé par le sénateur UMP Jacques Legendre (Nord), a de quoi surprendre. Pour sauvegarder ce « diplôme irremplaçable », « encore organisé selon les principes de l’équité républicaine », un étalement des épreuves sur deux ans est jugé nécessaire. Et ce dans plusieurs buts : dissocier clairement les deux missions assignées au bac (fin de scolarité secondaire ; préparation à l’enseignement supérieur), permettre aux élèves ayant échoué aux épreuves organisées en première de les repasser en terminale, faciliter et rendre plus personnalisée l’orientation en début de terminale en pouvant se fonder sur les notes obtenues en première.
Tournant le dos à la remise en cause du bac, ce rapport veut au contraire « garantir sa valeur » et en « élargir l’accès ». En France la proportion de bacheliers dans une génération, qui a atteint un palier de 64 %, est inférieure à la moyenne européenne.
Pour réduire autant que possible la « forte hiérarchisation » des trois filières actuelles du bac général (L, S et ES), le rapport prône la création d’un tronc commun, duquel les lycéens se différencieraient en choisissant trois options de spécialisation dans les domaines littéraire, scientifique ou économique. Ce tronc commun pourrait s’appliquer aussi aux autres bacs, technologique et professionnel.
Les sénateurs proposent également de créer une garantie de formation, « initiale ou professionnelle », pour les élèves quittant le système scolaire sans le bac ou juste après son obtention. Cette garantie serait « financée par l’Etat ». Pour les bacheliers, il s’agirait d’un crédit de trois ans d’études. Pour les non-bacheliers, de deux ans pour les titulaires d’un BEP, de quatre pour ceux qui n’ont pas eu ce diplôme.