OMC: discussions jusqu'au petit matin sans avancées suffisantes
Article du 24/07/2008
Les négociateurs de sept grandes puissances commerciales à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se sont réunis une grande partie de la nuit de mercredi à jeudi pour tenter de trouver un accord après sept années de négociations, mais sans avancées suffisantes.
Les responsables du Commerce des Etats-Unis, de l'Union européenne, de l'Inde, du Brésil, du Japon, de l'Australie et de la Chine ont tenu des discussions jusqu'à près de 02h00 GMT sous la coordination du directeur de l'OMC Pascal Lamy, pour tenter de parvenir à un accord sur les principaux points du cycle de Doha.
"Il y a eu des progrès, mais pas suffisants", a déclaré le ministre du Commerce indien, Kamal Nath, à la sortie de la réunion.
"Nous faisons des progrès sur les produits sensibles, la baisse des subventions agricoles, plusieurs questions, mais il y a toujours d'importantes améliorations à faire", a-t-il déclaré à des journalistes.
"Après beaucoup de travail très difficile, certaines questions sont plus proches d'une solution, d'autres sont plus claires et mieux comprises, mais il y a encore du chemin à faire", a déclaré le négociateur européen Peter Mandelson. Mais, a-t-il ajouté, "je pense que nous devrions arriver au bout".
La réunion avait démarré vers 13h00 GMT, puis avait été suivie de réunions bilatérales, avant une reprise des discussions vers 23h00 GMT.
Ce format à sept est le plus réduit depuis que M. Lamy a convoqué les ministres à Genève pour une réunion qui a commencé lundi et risque de durer au-delà de dimanche. Jusqu'à présent, les réunions, qui rassemblaient entre une trentaine et une quarantaine de ministres, n'ont pas permis de dégager un consensus Nord-Sud autour de l'avenir du commerce mondial.
Le ministre français de l'Agriculture Michel Barnier a indiqué jeudi qu'il attendait la réciprocité de la part des pays émergents, en contrepartie des propositions des pays du Nord.
"Je ne vois pas de lumière (..) à l'horizon entre des intérêts extrêmement contradictoires", a-t-il dit sur LCI.
"L'UE a fait de très gros efforts notamment en faisant des propositions pour son agriculture et nous attendons la réciprocité des grand pays émergents comme le Brésil et la Chine et nous ne voyons rien venir", a-t-il souligné.
Lundi, le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, qui mène les négociations au nom de l'UE, avait annoncé une baisse de 60% des droits de douane que l'UE perçoit sur ses importations agricoles, ce que les pays en développement ont rejeté n'y voyant que la reformulation d'offres déjà faites.
"Nous attendons de l'autre côté que la Chine, le Brésil, l'Inde ouvrent leur marché industriel. C'est quelque chose d'équitable que nous demandons", a déclaré M. Barnier qui précise que l'Europe n'acceptera pas "un marché de dupes."
Les pays émergents rechignent à faire les concessions qu'attendent les pays riches en matière industrielle en contrepartie de leurs offres agricoles, au matin du quatrième jour d'une réunion ministérielle cruciale de l'OMC à Genève pour sauver sept ans de négociations.