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Jeux : Les mineurs privés de loterie

Article du 09/05/2007
Les mineurs n’auront bientôt plus le droit de jouer… En tous les cas, plus à n’importe à quel jeu ! Le gouvernement vient de décider qu'à partir du 1er juillet prochain, tous les jeux de loterie et les pronostics sportifs commercialisés par La Française des Jeux (FDJ) seront interdits aux jeunes de moins de 18 ans. Adieu donc une trentaine de jeux -tels Euro Millions, le Loto, le Rapido, le Morpion ou le Loto Sportif- qui jusqu’alors étaient autorisés à partir de 16 ans.
Les mineurs ont déjà exclus des casinos (machines à sous et jeux de table) depuis le 1er novembre 2006, et du PMU (pronostics hippiques).
Cette nouvelle mesure a été « accueillie favorablement » par la FDJ qui précise, dans un communiqué, qu'elle va poursuivre avec son réseau de distribution les « travaux nécessaires à la mise en oeuvre de cette interdiction » par l'information des détaillants et des mentions de cette interdiction dans les points de vente.

Lutter contre la dépendance

Raison de cette mesure d'interdiction, annoncée fin janvier par le ministre délégué au Budget Jean-François Copé : la lutte contre la dépendance aux jeux. Jean-François Copé avait alors assuré qu'il « avait à coeur de protéger les publics les plus fragiles ».
Mais cela fait également deux ans que la France est pressée par la Commission européenne de justifier son monopole sur les jeux d'argent et de hasard (JAH) placés sous les tutelles étroites des ministères du Budget (FDJ), de l'Intérieur (casinos) et de l'Agriculture (PMU).
Le pays, qui a refusé à plusieurs reprises d'ouvrir le juteux marché français des JAH (20,3 milliards d'euros en 2006) aux opérateurs privés étrangers, a toujours avancé la nécessité d'un contrôle étatique pour moraliser et sécuriser ce secteur.

L'« Etat croupier »

En 2006, pas moins de 55,6 millions d'euros ont remplis chaque jour les caisses de la Française des Jeux (FDJ), du PMU et des casinos.
L'« Etat croupier », comme l'a surnommé le sénateur UMP François Trucy, auteur de deux rapports d'information sur les jeux, a été de toute façon le premier gagnant puisque 6 milliards d'euros ont alimenté les caisses de Bercy en 2006 en prélèvements divers, taxes et autres impôts provenant des jeux d'argent et de hasard.

Francebourse.com - Manuelle Tilly
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